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Nijni-Novgorod
ou
Nižnij Novgorod ( = Gorki, entre 1932 et 1990). - Ville de Russie ,
située sur la rive droite de la Volga et au confluent de ce fleuve
avec l'Oka, à 1020 kilomètres au Sud-Est de Saint-Pétersbourg ,
415 km de Moscou ,
à 160 m d'altitude; 1300000 habitants. Nijni-Novgorod a été
célèbre, surtout, par la foire annuelle, la plus importante
du monde, qui s'y tenait encore au début du XXe
siècle, et qui pendant plusieurs siècles a été
le trait d'union entre le commerce de l'Europe
et celui de l'Asie.
Nijni-Novgorod, en traduction littérale
Basse-Neuve-Ville,
en corrélation avec les Terres basses, appellation sous laquelle
on désignait autrefois cette région, a été
fondé en 1221 par le grand-duc Youri Vsevolodovitch, dans la pensée
d'opposer une digue à l'envahissement des Mordvins. Ces derniers
furent, en effet, complètement battus quelques années plus
tard (1232), et la région de Nijni devint, dès lors, un fief
féodal, jusqu'à l'année 1417 où la ville et
la contrée environnante passèrent sous la domination des
princes rnoscovites. Nijni devint aussi le rendez-vous des troupes russes,
concentrées en vue des luttes contre les Tatars ( Les
Turks ),
et joua pendant longtemps le rôle de poste d'avant-garde de la Russie
du côté de l'Orient. Son importance politique, au point de
vue national russe, date de l'année 1611. Comme Jeanne
d'Arc, le toucheur de boeufs (boucher) Minine, citoyen de la ville,
inspiré, disait-il, par saint Serge, entraîna le peuple de
Nijni pour aller au secours de Moscou ,
envahie par l'étranger. Nijni-Novgorod prit part à l'élection
au trône de Michel Romanov, par l'envoi de cinquante députés.
Ce fut aussi le dernier acte politique d'une cité, tombée
bientôt au rang de chef-lieu de gouvernement (1719). En 1779, une
lieutenance impériale fut de nouveau instituée à Nijni,
mais elle est supprimée quelques années plus tard (1800),
et un gouverneur est chargé de son administration.
Nijni-Novgorod subit le sort de beaucoup
d'autres villes du Sud-Est de la Russie .
Elle fut plusieurs fois détruite par l'ennemi : en 1377 et 1378.
par les Mordvins et les Tatars; en 1399, par les partisans des princes
Kirdiapa; en 1506 et 1536, de nouveau, par les Tatars de Kazan ;
en 1608, par les hordes du faux Dimitri. Des calamités naturelles
l'assaillirent à diverses reprises : peste ,
incendies, dont les plus violents ont été enregistrés
en 1683, en 1711, en 1715, 1722, 1784, 1809, 1816, 1857, 1859, 1872, éboulements
divers (1596, 1833, 1815), autant de désastres pour la cité,
dont la position sur le confluent de deux des principaux fleuves d'Europe
lui eût, en d'autres circonstances, assuré une prépondérance
marquée sur les autres centres de l'Europe orientale.
-
Un
ancien plan de Nijni-Novgorod
Les foires, ces grandes assises du commerce,
autrefois si florissantes dans la plupart des pays d'Europe, mais dont
la nécessité étaient devenue de moins en moins impérieuse
depuis la création de nouveaux et rapides moyens de locomotion et
d'échange, devaient nécessairement conserver une durée
plus longue dans un pays comme la Russie ,
où, jusqu'au XXe siècle encore,
les communications n'étaient possibles que durant quelques mois
de l'année. La foire de Nijni, ou plus proprement la foire de la
Volga, se tenait, depuis les premières années du XVIIe,
siècle, à Makarev (Makariev), bourg sur la Volga, à
96 kilomètres. environ à l'Est-Sud-Est de Nijni. Instituée
primitivement pour augmenter les revenus du couvent Saint-Macaire, la foire
prit bientôt un développement considérable, favorisé
surtout par la conquête de la Sibérie
et par l'annexion des États tatars, à l'Est de la Russie.
En 1751, la foire fut placée sous le contrôle direct de l'État
et, lorsqu'en 1817 un incendie dévora tous les baraquements en bois
qui servaient de boutiques, le gouvernement décida le transfert
du marché à Nijni-Novgorod, où il occupe maintenant
une pointe de territoire faisant face à la ville de Nijni, cap d'une
superficie de 8 hectares, baigné au Nord par la rive droite de la
Volga, au Sud par la rive gauche de l'Oka. Le centre était occupé
par le Gostinui Dvor ( = maison des étrangers), sorte de
caravansérail renfermant 60 corps de bâtiments, divisés
en 2530 magasins et boutiques en pierre, le tout construit sous la direction
du général Bétancourt; de 1817 à 1822. 3870
autres baraquements et magasins étaient élevés tous
les ans pour la durée des transactions, qui s'ouvrent officiellement
le 25 juillet pour se clôturer le 10 septembre suivant.
Pour beaucoup de négociants russes,
la foire était devenue un lieu de pèlerinage annuel, un but
de voyage d'agrément. Le marché était alimenté,
en outre, par des produits de provenance asiatique, dont l'écoulement
n'était encore assuré par aucune voie ferrée. C'est
ce qui contribuait à conserver à cette réunion son
extraordinaire animation. Les marchandises étaient groupées,
soit d'après leur nature, soit d'après leur origine. Fers
bruts et ouvrés, peaux, fourrures, cotonnades, vêtements confectionnés,
bijoux, faïenceries, imageries et articles de culte, savonneries,
tabacs, linge, produits alimentaires, notamment du thé. Le soir
venu, toute cette foule se dispersait dans les établissements de
réjouissance publics, principal attrait de la foire pour nombre
de négociants, tant européens qu'asiatiques. Le mouvement
des voyageurs variait sensiblement d'une année à l'autre,
180 000 à 250 000.
Un rapport consulaire français du
mois de novembre 1898 a établi, d'après les données
fournies par la préfecture de police pour la foire de 1898, 61862
passeports visés. En 1897, la préfecture avait eu à
viser 61007 passeports ; en admettant qu'un nombre égal de visiteurs
soit parvenu à éluder les formalités du visa, soit
par fraude, soit par suite d'un court séjour, on peut donc évaluer
le chiffre d'habitants de Nijni-Novgorod durant la foire à 100 000,
soit 120 000 environ en plus qu'en temps ordinaire à cette époque.
Ajoutons qu'en 1896, eut lieu à
Nijni-Novgorod la seizième exposition nationale russe de l'industrie
et des beaux-arts. Le choix de la ville de Nijni fut dicté par le
désir de donner aux nombreux hôtes asiatiques de la foire
(Persans ,
Boukhars, etc.) une idée de la puissance industrielle de la Russie.
Les sections étaient au nombre de 20 et comprenaient : l'économie
rurale, art industriel, machines et outillages domestiques, haras, pêche,
forêts, produits des possessions russes d'Asie, Caucase ,
Sibérie ,
Turkestan ,
instruction publique, hygiène, etc. Le succès de l'exposition,
bien qu'à un intervalle assez court de celle de Moscou
(1891), fut considérable. Le nombre des exposants était de
9700 (à Moscou il n'y avait eu que 5122 participants) et on enregistra
près d'un million d'entrées, dont un quart d'entrées
de faveur. Le succès moral fut considérable, et l'impression
remportée par les nombreux Asiatiques restera vivement fortifiée
dans la puissance russe.
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Nijni-Novgorod
au temps des tsars.
Mais déjà le déclin
du célèbre capharnaüm russe commençait à
se constater. La foire de Nijni-Novgorod répondait de moins en moins
aux formes de commerce modernes. A l'époque soviétique, la
ville devint un très important foyer industriel (constructions automobiles,
tracteurs, nombreuses industries auxiliaires) et un noeud de communications,
et la population s'accrut considérablement, jusqu'à en faire
la quatrième de Russie. La ville, rebaptisée Gorki en 1932,
du nom de l'écrivain Maxime Gorki qui y était né
en 1868, fut par ailleurs déclarée "ville fermée"
(c'est-à-dire fermée aux étranger). Ce qui ne pouvait
que tuer définitivement la foire. C'est à Gorki que fut assigné
à résidence entre 1980 et 1986 le physicien nucléaire
et dissident Andrei Sakharov.
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Nijni-Novgorod
vers 1920.
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