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Anet. - Commune du département de l'Eure-et-Loir, à 16 kilomètres au Nord-Est de Dreux; 2650 habitants. Elle est surtout célèbre pour le charmant château qu'y fit construire Henri II, entre 1548 et 1552, pour Diane de Poitiers, par Philibert et Jean Delorme. Diane s'y retira après la mort du roi en 1559, et y finit ses jours en 1566. Le château passa alors à Louise de Brézé, l'une de ses filles, mariée avec Claude de Lorraine, duc d'Aumale, puis à Charles de Lorraine, issu de cette union. En 1615, Marie de Luxembourg, duchesse douairière de Mercoeur, en fit l'acquisition; sa fille, Françoise de Lorraine, le porta en dot à César de Vendôme, fils naturel de Henri IV et de Gabrielle d'Estrées. Après avoir appartenu à la famille des Condé, puis au duc et à la duchesse du Maine, au prince de Dombes, au comte d'Eu, il fut acheté, en 1775, moyennant 12 millions, par Louis XV, qui le céda plus tard au duc de Penthièvre.

Un portique, orné de sculptures élégantes, donnait accès à la cour du château, fermée au fond, à droite et à gauche, par des corps de bâtiments d'égale hauteur. La principale façade était composée de trois ordres d'architecture l'un sur l'autre, et ornée de sculptures par Jean Goujon; le chiffre de Henri Il et celui de Diane de Poitiers s'y trouvaient partout mêlés, au milieu d'attributs faisant allusion aux amours des deux personnages. L'intérieur des appartements, auxquels le duc de Vendôme fit d'assez notables changements, était décoré de sculptures par Jean Goujon et de peintures par Jean Cousin, le Vieux. La chapelle contenait le tombeau de Diane de Poitiers, que lui fit ériger sa fille : la statue de Diane, sculptée en marbre blanc, la représentait à genoux, de grandeur naturelle; elle surmontait un sarcophage en marbre noir, supporté par quatre sphinx, et orné d'arcs brisés, de flèches rompues et autres allégories. Toutes les fenêtres du château étaient ornées de superbes vitraux. Les combles étaient couronnés de crêtes dorées. 

A la Révolution (1792), Anet fut vendu et démoli pièce à pièce. La façade, sauvée de la destruction par Lenoir, fut transportée à Paris dans la cour du Musée des monuments français (auj. Palais des Beaux-Arts); Lenoir acheta aussi le tombeau de Diane. Depuis cette époque, la propriété passa en diverses mains : en 1840,  Passy la vendit au comte Adolphe de Caraman, qui a fait restaurer le château, etc. Les parties anciennes qui existent encore sont : la porte d'entrée, moins un bas-relief de bronze que Benvenuto Cellini avait exécuté pour Fontainebleau et l'horloge surmontée d'un cerf et de deux chiens en bronze; l'extrémité de l'aile droite, contenant un vestibule, un riche escalier, la salle des gardes, et l'appartement qu'occupait le duc de Vendôme; l'hémicycle qui sépare le château des bâtiments dits du gouvernement, et où se trouve la salle à manger, ainsi que le salon de Diane, orné d'un beau plafond et des portraits d'Henri II et de sa maltresse; la chapelle, à laquelle Caristie a adapté une nouvelle façade. On doit remarquer en outre : les fenêtres, d'une forme très distinguée, ornées de capricieuses sculptures, et surmontées de chiffres et de croissants; les cheminées légères qui se dressent sur la pente rapide des toits; les balustrades de pierre, finement découpées, qui bordent le pourtour des terrasses, et les gracieuses consoles qui les supportent. 


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