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Représentations
des Anges. - Les anges
ont été fréquemment représentés dans
les édifices religieux du Moyen âge .
D'après le Guide de la Peinture, ouvrage byzantin ,
on doit les représenter de la manière suivante : les Trônes,
comme des roues de feu ayant des ailes alentour et le milieu des ailes
parsemé d'yeux, le saut simulant un trône; les Chérubins ,
avec la tête seulement et deux ailes ;
les Séraphins, avec six ailes et un flabellum portant écrit
trois fois le mot saint. La 2e hiérarchie
porte de longues robes blanches, des ceintures d'or, des étoles
vertes, et le sceau de Dieu .
La 3e porte le costume guerrier, des ceintures
d'or, des haches et des javelots terminés en fer de lance. Les ailes
des anges, leur vêtement blanc, leur éclat lumineux, sont
les emblèmes de la spiritualité de leur essence, de la pureté
de leur nature, de la beauté de leur être. En Orient, la couleur
bleue, symbole aussi de la pureté, comme étant celle du ciel,
a prévalu sur le blanc, ainsi qu'on le voit dans les peintures des
manuscrits byzantins .
La hiérarchie
des anges
se trouve tout entière en sculpture au portail
méridional de la cathédrale
de Chartres ,
dans une chapelle méridionale de
la cathédrale de Cahors ,
dans les voussures de la porte septentrionale
de la cathédrale de Bordeaux ,
et dans celles du portail de la chapelle de Vincennes ;
en peinture, dans l'église de St-Chef
(Isère), sur une verrière du croisillon sud de la cathédrale
de Chartres, et à la coupole de l'église du couvent d'Ivirôn
sur le mont Athos .
En général, on représente les anges drapés,
les ailes ouvertes, nu-pieds, tenant à la main, soit le Soleil
et la Lune ,
soit les instruments de la Passion de Jésus ,
soit encore des couronnes, des sceptres, des instruments de musique, des
encensoirs, des navettes, des chandeliers, des banderoles chargées
d'écritures, etc. Quelques-uns sont nimbés, peints et dorés.
De bonne heure, pour
exprimer leur essence immatérielle, la peinture
couvrit leurs membres de draperies voltigeantes, ou les fit disparaître
sous des espèces de nuages. Quelquefois ils ont un bâton et
des sandales, ce qui rappelle l'idée de voyageurs et de messagers
attribuée aux anges dans la Bible .
Aux XVe et XVIe
siècles, on mit aux anges des ornements d'église,
chapes, dalmatiques, surplis, étoles, compte on peut le voir à
la rose septentrionale de St-Ouen à Rouen, dans la plupart des Heures
et des Missels de cette époque, et, au musée du Louvre, dans
l'Annonciation de Lucas de Leyde. Dans
les mosaïques de l'église
de Monreale, en Sicile, les anges
sont revêtus du pallium. En sculpture,
les anges ne figurent pas seulement dans la décoration des portails
: on en a également placé dans les arcatures
(à la Ste-Chapelle
de Paris ),
autour des piliers (cathédrale
de Strasbourg ),
sur le maître-autel, au sommet des pignons
des chapelles (Notre-Dame
de Paris), aux angles des
clochers (Semur-en-Auxois,
St-Père-sous-Vézelay), sur le comble des absides,
au dossier des stalles (cathédrale d'Albi ),
etc.
Dans les constructions
civiles des XVe et XVIe
siècles, les artistes ont fréquemment employé les
anges comme culs-de-lampe, comme supports d'armoiries et de devises, etc.
Laissant de côté les règles traditionnelles pour ne
suivre que leur caprice, et perdant tout sentiment religieux, les modernes
ont figuré, à la place des anges ,
de petits amours nus, portés sur des nuages, ou des jeunes gens
dénudés, étalant des poses mondaines. |
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