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Les stalles
d'église sont un suite de sièges
formant un même ensemble, mais ou chaque place est séparée
des sièges voisins par une petite cloison ( L'art
du meuble). Dans l'origine grecque, les stalles s'étendent dans
la nef pour les fidèles, et sont d'une
grande simplicité. En Occident, elles garnissent le choeur
et sont réservées au clergé. C'est à l'époque
romane qu'elles ont succédé aux sièges presbytéraux
de pierre en forme de gradins. On continua, mais très rarement,
à faire des stalles de pierre : dans la crypte
Saint-Médard de Soissons
(IXe s.), elles affectent la forme d'une
suite de niches; pareille disposition a persisté en Angleterre
jusqu'à la fin du XIVe siècle.
On distingue les stalles hautes et basses:
les premières ont un dossier élevé ou dorsal, couronné
d'un baldaquin ou dais de menuiserie, dont les
extrémités reposent sur des cloisons ajourées, dites
parcloses
ou jouées; le dossier court des stalles basses sert de prie-Dieu
à ceux qui les occupent; les unes et les autres sont divisées
par des accoudoirs, cloisons basses élargies à leur partie
supérieure de façon qu'on y puisse poser commodément
le coude lorsque l'on est debout. Le siège des stalles se relève
en ce cas en pivotant sur des charnières, et au-dessous de ce siège
est fixée une petite console qui permet
alors d'être presque assis tout en ayant l'air de se tenir debout.
Ce point d'appui se nomme
miséricorde ou patience.
Les artistes, surtout au XVe siècle,
se sont plu à les orner de sujets variés, fantaisistes et
quelquefois libres, tandis que des figures d'un caractère sérieux
et religieux ornent les parcloses et parfois le dorsal. On accède
aux stalles hautes par des coupées qui interrompent les stalles
basses.
Le
Moyen âge.
Les plus anciennes stalles de bois
que l'on connaisse sont les stalles romanes de Ratzeburg, qui peuvent remonter
au XIIe siècle. Les exemples conservés
du XIIIe siècle sont encore très
rares : il faut citer : en Allemagne, Wimpfen, Xanten, Littich; en Belgique
Hastière près de Dinant ;
en Angleterre, des stalles de Westminster
où sont peintes des figures de rois; en Suisse, les anciennes stalles
de Lausanne ;
à Chillon; en France, celles de la cathédrale de Poitiers
et Notre-Dame de la Roche).
Les stalles du XIVe
siècle ne sont pas beaucoup plus nombreuses; on en trouve : en France,
à La Chaise-Dieu (Haute-Loire), à Dol (Ille-et-Vilaine),
à Saulieu (Côte-d'Or), à la cathédrale de Lisieux ,
quelques autres à Saint-Benoît-sur-Loire ;
en Espagne, à Gérone (1351); en Suisse ou dans celles de
Fribourg ;
en Allemagne, celles de Saint-Géréon de Cologne ,
de Friedberg, d'Eimbeck; celles de Sainte-Croix et Saint-Jacques de Liège;
en Suisse, à Capelle (com. de Zurich ),
à Saint-Léonard de Bâle ,
aux dominicains de Berne
(oeuvre de Rudolf Reder).
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Stalles
de la cathédrale d'Amiens. © Photo
: Serge Jodra, 2009.
Les stalles des XVe
et XVIe siècles sont nombreuses
dans tous les pays. On peut citer, pour le début de cette période,
celles de Solignac (Haute-Vienne), de Saint-Anatole de Salins, d'Ambierle
(Loire), etc. Celles de Saint-Claude
furent exécutées en 1455 par Jean Viéry; celles de
la cathédrale Notre-Dame de
Rouen
ont été commencées en 1457 par Philippot Viart, Laurent
d'Ypres, Pierre Mosselmen, Gillet de Chastel, dit Flamen, et Hennequin
d'Anvers ;
celles de la cathédrale de Rodez ,
de 1478 à 1488, par André Sulpice de Marvejols; celles de
la cathédrale Notre-Dame d'Amiens ,
en 1508, par les menuisiers Arnould Boulin et Alexandre Huet, les sculpteurs
Antoine Avernier et Jean Trupin; celles de la cathédrale d'Auch ,
vers 1520, par Dominique Bertin et Dominique Bachelier; en 1522, celles
de Montréal (Yonne), par les frères Rigollet d'Avallon ;
et celles de Champeaux (Seine-et-Marne), par Falaise, de Paris .
On peut encore citer en France comme stalles
intéressantes de la fin de l'époque
gothique, celles de Bourg-en-Bresse ,
Brou
près de Bourg, Flavigny (Côte-d'Or), Saint-Pierre-sur-Dives
(Calvados), la cathédrale d'Evreux ,
la Madeleine de Châteaudun ,
Trôo (Loir-et-Cher), Saint-Martin de Vendôme ,
Castelnau-de-Bretenoux (Lot), Vence (1455 à 1460), Montpezat (Lot-et-Garonne)
, Montpazier (Dordogne), Simorre (Gers), Embrun ,
Saint-Seurin de Bordeaux
(provenant de l'Isle-Adam), Saint-Martin-au-Bois (Oise), Orbais (Marne),
la Chartreuse et la paroisse de Villeneuve-de-Rouergue, Sainte-Cécile
d'Albi ,
Saint-Pol-de-Léon (vers 1512), Tréguier ,
Bonniers (Cher).
La
Renaissance.
Comme beaux exemples de la Renaissance ,
on a les stalles de Saint-Bertrand-de-Comminges
(1519 à 1535), de Montbenoît (Doubs, 1526-1527), de Gassicourt
près de Mantes ,
etc.
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Stalle
des évêques de Vienne (Dauphiné).
XVIe
siècle (Louvre).
Hors de France ,
on peut citer les stalles de Saint-Pierre et Sainte-Gertrude de Louvain,
Aerschott et Hoogstraeten, de la cathédrale
de Dordrecht ,
celles de la cathédrale de Lausanne ,
les 92 stalles de la cathédrale d'Ulm, exécutées de
1469 à 1474 par Georges Syrlin. Son fils exécuta en 1495
celles de Blaubeuren; en 1506, celles d'Ennetach; en 1512, celles de Geislingen;
les stalles de Kalkar, de 1505 à 1508, sont de Heinrich Bernts;
celles d'Emmerich datent de 1486; celles de Nordhansen (Saxe )
sont d'un style curieux; celles d'Erfurt ,
extrêmement riches et d'un mauvais goût remarquable ; on peut
citer encore en Allemagne
celles de Mersebourg, par Gaspar Schokholkz, frère prêcheur
(1446), et celles de l'hôpital de Stuttgart, de 1495, par un autre
dominicain,
Conrad Zolner; celles de Tegernsee (Jean de Reichenbach, 1450); de Constance
(Simon Haider, menuisier; Niklas von Leyen, sculpteur, vers 1470); les
stalles peintes de Brüx et de Täfferoth; Les stalles de Saint-Etienne
de Vienne
(Wilhelm, Rollinger, 1480; Gmund (1550); Budiagen (Peter Schanntz et Michel
Silge de Worms
(1497).
Au Danemark ,
la cathédrale de Roskilde a de belles stalles de 1420; celles de
Ringsted sont presque semblables. En Angleterre ,
les plus belles stalles du XVe siècle
appartiennent aux cathédrales de
Chester, Carlisle ,
Durham ,
Lincoln ,
à Westminster ,
à la chapelle Saint-George de Windsor
(commencées en 1474). Le collège royal de Cambridge
a reçu, de 1530 à 1535, des stalles en style de la Renaissance .
En Espagne ,
la fin du style gothique a produit
les stalles : de Léon ,
Tarragone, Zamora ,
Saint-Thomas d'Avila ,
de Palencia (1410, Centellas, reprises en 1518 par Pedro Guadalupe); de
Barcelone
(1457, Matias Bonife; 1483, Miguel Balaguer); de Séville (1478,
Danchard, Français, et 1480, Nufro Sanchez); de Miraflores (1480,
Martin Sanchez). D'autres exemples non moins beaux appartiennent à
la Renaissance : celles de Burgos
sont l'oeuvre de Philippe Vigarny de Langres, mort en 1543; il eut pour
successeurs Jean Picard, Alonso Berruguete
et Diego Syloé (1480-1562). Le premier a sculpté aussi les
stalles de Saint-Benoît de Valladolid .
Il avait collaboré avec Michel-Ange.
On peut encore citer comme stalles de la Renaissance celles de Pampelune,
Murcie ,
Notre-Dame du Pilar à Saragosse ,
Saint-Marc de Léon, celles-ci oeuvre de Guillermo Doncel de 1537
à 1542.
En Italie ,
les stalles de la cathédrale d'Orvieto,
commencées par le Siennois Domenico di Niccolo, furent complétées
en 1431 par Pietro di Minella; les stalles de Saint-Dominique de Ferrare ,
par, Giovanni da Baiso, datent de 1384. Dans le Nord, certaines stalles
des XIVe et XVe
siècles ont des formes encore à demi romanes (Saint-Ambroise
de Milan ;
Cividale en Frioul ).
Les stalles des XVe et XVIe
siècles
sont surtout remarquables; par leurs ornements en marqueterie
(certosina) formant parfois de véritables tableaux en mosaïque
de bois de couleurs (tarsia).
Parmi les artistes qui ont exécuté
les stalles italiennes au Moyen âge ,
on remarque plus encore qu'en Allemagne nombre de religieux dominicains
: il faut citer fra Damiano, auteur des stalles de Saint-Dominique de Bologne
(1528 à 1549), et architecte de celles de Gênes
qu'exécuta son parent Fr. Zambelli (1540). Il a exécuté
et signé les boiseries du château de La Bâtie d'Urfé
(Loire). Le frère Jean de Vérone, né en1456, moine
à Monte Oliveto près de Sienne ,
puis à Sant Elena près de Venise ,
travailla aux stalles de ces deux couvents, les premières transportées
aujourd'hui à Sienne; son chef-d'oeuvre est à Vérone ,
à S. Maria in Organo. Il avait eu dans son ordre un maître,
fra Bastiano da Rovignano, et un disciple, Fra Rafaello da Brescia
(1477-1537). Fra Vincenzo dalle Vacche, autre dominicain, a fait les stalles
de Saint-Benoît de Padoue ;
le Louvre
a de lui trois panneaux. Parmi les stalles gothiques
d'Italie, on peut citer celles du palais public de Sienne, remarquables
par leurs dossiers en tarsia (par D. di Niccolo, 1415-1429), celles de
la cathédrale de Modène ,
de 1465, par Cristoforo Landenari, les belles stalles de S. M. dei Frari
à Venise, par Marc de Vienne (1468).
Comme exemples de belles stalles de la
Renaissance ,
on peut citer celles de la cathédrale
de Florence
commencées vers 1463 par Giuliano et Benedetto da Majano, terminées
par Domenico del Tasso, Baccio d'Agnolo et ses fils, celles de la cathédrale
de Parme
(1471); celles de l'église basse d'Assise ,
par Apollonio da Ripatransone, celles du musée de Lucques (1481,
Matteo Civitali et Leone Marti) celles de la cathédrale de Crémone
(1489, Giovanni Maria Platina); celles du palais Riccardi à Florence;
celles de San Miniato (1466-1472, Domenico da Gajuole et Fr. Monciatto);
celles de la chartreuse de Pavie
(1486, par B. de Polli de Modène, sur dessins du Borgognone); les
stalles de Maggiano près de Sienne, aujourd'hui en partie détruites
et dispersées, oeuvre du célèbre Antonio Neri, dit
Barili (mort en 1546); enfin, celles de Saint-Pierre de Pérouse ,
exécutées en 1535, par Etienne de Bergame, frère de
Fra Damiano, et dont on attribue à tort les dessins à Raphaël.
(C.
Enlart). |
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