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| Rationalisme.
- Ce mot comporte deux acceptions bien distinctes, l'une philosophique,
l'autre usitée auprès des théologiens. Dans le premier
sens, on entend par rationalisme une direction générale de
la pensée spéculative, une conception
déterminée du mode de génération de la connaissance
humaine. Cette conception consiste en ce que l'on se représente
la raison comme la principale source, disent les
uns, comme l'unique source, disent les autres, de tout véritable
savoir. Elle s'oppose, par conséquent, au sensualisme,
d'après lequel, non seulement nos perceptions,
mais nos idées même universelles et
nécessaires
et jusqu'aux principes constitutifs de toute
métaphysique
comme de toute science, ne sont que le développement
de nos impressions sensibles ( A vrai dire, le rationalisme philosophique admet de considérables différences de degrés. Sous sa forme la plus tempérée, pourrait-on dire, il se borne à soutenir que si le donné de notre connaissance est fourni par l'expérience, c.-à-d., en fin de compte, par les phénomènes, ce donné ne compose réellement un savoir qu'autant qu'il reçoit son ordre et comme sa mise en forme de nos principes rationnels. Ces principes, l'expérience ne les a pas engendrés, l'habitude et l'association ni aucune fonction de notre sensibilité n'en peuvent expliquer la genèse. Ils sont antérieurs à toute observation. Par eux, dira Kant, l'expérience même est constituée comme telle, bien loin que ce soit elle qui leur puisse avoir donné naissance. De la sorte, la connaissance n'est pas un processus où l'esprit, lui-même passif, reçoit tout du dehors, se bornant à enregistrer des intuitions que l'extérieur lui envoie toutes faites. Il est en un sens passif, en un sens actif et producteur : la connaissance, en ses éléments, lui arrive, de l'extérieur; en sa forme, elle vient de lui et lui doit son intelligibilité. Le rationalisme ainsi compris se plie d'ailleurs à une grande, diversité de méthodes. Il peut être constructif, à la façon de celui de Leibniz; il peut être déductif et critique, à la façon de celui de Kant. Sous son type extrême, le rationalisme philosophique ne se résigne pas à faire aux phénomènes, à l'expérience, cette part bien modeste qu'un Leibniz et un Kant lui assigneront; il ne consentira pas à reconnaître au donné de l'intuition une valeur propre, à lui accorder une indépendance essentielle à l'égard de l'intellect. Il entend que non seulement l'ordre de la connaissance, ses catégories, ses principes, tirent de la raison leur origine, mais que le contenu de notre savoir doit lui-même se trouver réductible aux idées de l'entendement. Cela étant, il est clair que seule est féconde, seule légitime la méthode purement a priori; que la réalité tout entière, matière et lois, doit procéder par un développement logique, des concepts éternels de la pensée; que le monde, pour tout dire, est un problème de logique transcendante. Bien avant Platon,
le rationalisme par avait rencontré dans le monde philosophique
grec de profonds adeptes. Un Héraclite,
un Parménide, un Démocrite
même, malgré que ce dernier ait été le père
de l'atomisme matérialiste, n'eurent
point d'autre doctrine, et leurs systèmes
respectifs furent de savantes déductions accomplies par la seule
raison a priori. Mais le fondateur conscient, le premier législateur
du rationalisme extrême a été Platon. C'est Platon
qui a pris cette initiative d'enseigner que les choses sensibles, individuelles,
n'ont qu'une apparence de réalité
et que même elles ne doivent ce semblant d'existence qu'à
la projection des idées dans le milieu obscur, trouble, illusoire
que sillonne la sensation; c'est lui qui a
proclamé que la réalité des idées
( Suivre à travers les siècles
les développements, les vicissitudes du rationalisme ne serait autre
chose que retracer l'histoire de la philosophie
elle-même. Cette histoire est remplie par le long duel de la raison
pure et de la pensée empirique. Et cette opposition se retrouve
dans les débats spéculatifs de l'âge moderne, tout
comme elle régna dans l'Antiquité entre Platon et «
les fils de la terre », ainsi qu'il désignait les empiristes
de son temps. Au Moyen âge, on peut notamment citer le contraste
d'un Duns Scot et d'un Guillaume
d'Occam ( |
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| Rationnalisme (Théologie De même que le rationalisme philosophique,
le rationalisme théologique a été connu et pratiqué
dès l'Antiquité grecque. Chercher un sens historique ou préhistorique
aux fables du polythéisme Au XVIIe
siècle, le dualisme de la philosophie
et de la foi, de la science et de la croyance,
de l'autorité et de la tradition d'une part et, de l'autre, de la
libre raison, avait été consacré
par Descartes et son école ( On a donné en un sens spécial le nom de Rationalisme à un mouvementqui trouve ses racines dans le Trailé théologico-politique de Spinoza et qui s'est propagé en Allemagne et qui a pour objet l'interprétation critique de l'Ancien et du Nouveau-TestamentÉtudier les développements qu'a pris Ie rationalisme théologique jusqu'à nos jours, ce serait entreprendre le récit des contraverses religieuses, exégétiques, scripturales, qui ont rempli ces deux derniers siecles et qui retentissent autour de nous. Tantôt s'aidant du raisonnement pur, tantôt se réclamant de l'histoire, de la critique, de la philologie, le rationalisme travaille à réconcilier la religion et la science, au risque peut-être de dissoudre la première dans la seconde; il s efforce sans cesse à réunir ce que le fidéisme s'efforce disjoindre et à séparer. |
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