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Foi. - Les
anciens Grecs entendaient par ce mot la confiance accordée à
un humain, et les qualités que cette confiance suppose, la bonne
foi, la fidélité à ses engagements, et la parole donnée
comme témoignage et garantie de ces qualités. Le Judaïsme,
et après lui le Christianisme,
reposent sur l'idée d'un pacte, d'une alliance, entre les humains
et la divinité. Une conception de la vie religieuse entièrement
construite, donc, autour d'une relation de confiance. Dans cette perspective,
le mot foi ne pouvait que prendre un sens théologique
: il exprimera la persuasion où sont les adeptes de ces religions
que certains dogmes ont été révélés,
et qu'ils sont vrais quand même on ne pourrait pas les comprendre;
en ce sens, c'est une vertu surnaturelle, la première des vertus
théologales, définies par les théologiens chrétiens.
De là on a distingué deux ordres dans la connaissance : l'ordre
de foi, et celui de la raison.
Acte
de foi. - On nomme acte de foi une courte prière que les fidèles
doivent réciter, surtout avant de recevoir certains sacrements;
article de foi, chaque point de la croyance en matière de religion,
chacune des vérités révélées; profession
de foi, l'acte d'exposer ses principes et ses croyances, ou la formule
qui les résume.
Pour le Christianisme, on l'a dit, la foi
est la première des trois vertus théologales (les deux autres
sont l'espérance et la charité). L'Épître
aux Hébreux
la définit comme suit :
«
Une représentation vive des choses qu'on espère, une démonstration,
de celles qu'on ne voit pas. » (XI, 1.)
Il s'agit ici d'un phénomène
d'ordre essentiellement religieux, d'une puissance ou d'une vertu faisant
apparaître devant la pensée des choses qu'on ne voit pas et
produisant une certitude au moins égale à celle qui résulte
de l'attestation des sens ou des opérations du raisonnement. La
foi ainsi définie est nécessairement un fait subjectif, une
image produite dans la pensée du croyant et qui ne peut représenter
que ce à quoi il pense. Non seulement on ne croit pas aux choses
auxquelles on ne pense pas; mais, pour croire, il ne suffit pas de se soumettre
à telle ou telle formule, de la répéter ou de la souscrire;
il faut que cette formule saisisse et convainque la pensée. A défaut
de cette conviction, il peut y avoir acte de docilité et d'obéissance,
il n'y a jamais acte de foi réelle. De là, l'étonnement
des profanes assistant aux palinodies des prélats qui acceptent
aujourd'hui, comme dogmes nécessaires au salut, les opinions qu'ils
réprouvaient hier comme erronées et dont ils attribuaient
la consécration et la promulgation à la connivence d'une
majorité d'insensés, feraeomnes, comme disait un archevêque
de Paris, à l'occasion du dogme de l'infaillibilité des papes,
défini au concile du Vatican .
Cependant les théologiens catholiques
distinguent deux sortes de foi: la foi explicite, qui aperçoit
l'objet particulier qu'on lui propose, et la foi implicite, qui
admet d'avance, en bloc et sans y avoir jamais pensé, tout ce que
l'Église déclare ou déclarera
être un article de foi. A un ordre d'idées fort voisin appartient
la distinction entre la foi habituelle et la foi actuelle. La première
est une disposition surnaturelle de l'entendement, produite par la grâce
prévenante et incitant à croire tout ce que Dieu
a révélé et tout ce que l'Église propose comme
tel. La seconde consiste dans les actes, extérieurs ou intérieurs,
résultant de cette habitude de la foi. La foi vive est celle qui
est animée de la charité, laquelle donne la vie à
l'âme et engendre les bonnes oeuvres; la foi
morte reste stérile en ces oeuvres, n'étant point accompagnée
de la charité. La foi vive est la seule qui procure la justification
et le salut. Les scolastiques appellent foi
formée celle qui est complétée par la grâce
sanctifiante, et foi informe celle du chrétien qui est en état
de péché.
La foi est nécessaire, d'une nécessité
de précepte. En effet, Jésus a dit,
selon l'Évangile de Marc
:
«
Celui qui croira et sera baptisé sera sauvé; mais celui qui
ne croira pas sera condamné. » (XVI, Il 6.)
Le précepte ne portait alors que sur
un seul point, essentiel et résumant toute la foi des chrétiens
de ce temps-là. Longtemps après, les théologiens ont
découvert qu'il est affirmatif, en ce qu'il oblige tous les chrétiens
à croire, non seulement tout ce que Dieu a révélé,
mais tout ce que l'Église propose en son nom. Il serait aussi, suivant
eux, négatif, parce qu'il enjoindrait de rejeter toutes les doctrines
que l'Église a condamnées.
On est astreint, dans l'Église catholique,
à croire explicitement tous les articles de foi qu'elle déclare
fondamentaux. Ainsi, tous ceux qui ont atteint l'âge de raison sont
tenus, sous peine de péché mortel, d'apprendre, de savoir
et de professer, au moins quant à la substance, le symbole des apôtres,
les commandements de Dieu et de l'Église, tout ce qui concerne les
mystères
de la Trinité, de l'Incarnation et de
la Rédemption, le nombre, la nature et les effets des sacrements,
surtout du Baptême, de la Pénitence et de l'eucharistie.
Pour les autres articles, moins accessibles aux simples fidèles,
il suffit à ceux-ci de les croire implicitement, c.-à-d.
de ne pas les repousser quand ils leur seront présentés.
(E.-H.
Vollet).
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Dans
l'Antiquité on avait associé à la foi une divinité
allégorique, à laquelle on donnait pour emblème
deux mains entrelacées. Représentation
reprise dans l'art héraldique où le mot foi désigne
une figure naturelle composée de deux mains entrelacées symbolisant
l'alliance ou l'amitié et ordinairement posée en fasce. La
foi parée est celle dont les poignets sont couverts d'une étoffe
d'émail particulier. Les deux mains doivent être dextres.
Dans l'iconographie chrétienne, la foi est représentée
par une forme assise, tenant un calice d'une main et une croix de l'autre. |
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