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En philosophie,
le terme de représentation vise à désigner
en son sens le plus large, ce qui est présent à l'esprit,
ou "ce qui forme le contenu concret d'un acte de pensée"
(Lalande). Autant dire que sa signification première est suffisamment
floue, pour expliquer qu'on puisse le voir utilisé dans des sens
assez divers selon les auteurs. Envisagée d'un point de vue psychologique
selon ce que l'on a appelé sa qualité,
la représentation, en suivant ici les distinctions faites par Ferrater
Mora, peu correspondre à :
1°)
L'appréhension d'un objet effectivement
présent. Ce peut être alors une forme de la perception,
comme dans les cas où l'on considère les représentations
des sens (représentations visuelles, auditives, etc.). La représentation
entendue en ce sens peut également ne concerner que des formes
(idées, conceptions,
volitions,
etc.).
2°) La reproduction
par la conscience de perceptions
anciennes, aussi appelées représentations de la mémoire
ou souvenirs,
3°) L'anticipation
dévénements possibles dans le
futur.
4°) Le rapprochement
dans la conscience de perceptions qui ne sont
ni passées, ni présentes ni admissibles comme futures. On
parlera dans ce cas, comme dans le précédent d'imagination.
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Pierre
Guenancia, Le
regard de la pensée. Philosophie de la représentation,
Presses Universitaires de France - PUF, 2009.
2130577725
Le
terme de représentation est tombé dans un discrédit
à peu près général. Synonyme de remplacement
d'une chose ou d'une personne par une autre, utilisé aussi comme
équivalent d'image ou de copie mentale d'une chose réelle,
il serait l'obstacle qu'il faut contourner pour rendre compte de l'appartenance
de l'homme à l'Être qui ne se laisse
pas représenter mais penser. Prenant le contre-pied de cette interprétation,
ce livre s'emploie à montrer que l'acte de représenter une
chose par une autre (un événement ou une situation par une
figure, par un récit, par un tableau,
une carte, etc.) est toujours un acte de se
représenter par lequel la pensée
s'approprie un donné extérieur à elle et en fait un
objet
pour l'entendement. Ainsi la possibilité
de regarder une chose autrement que comme elle se donne dans l'expérience
directe est-elle la condition de la liberté
de l'esprit, aussi bien vis-à-vis des choses
qu'il perçoit comme extérieures à lui que vis-à-vis
des autres hommes sur la scène sociale et surtout vis-à-vis
de lui-même. Le but du livre est de montrer que seule la représentation
de soi, seul cet éloignement du soi réalisé par le
regard de la pensée, institue un rapport
réglé et libre de soi avec soi-même comme avec les
autres. (couv.).
Pierre
Mannoni, Les
représentations sociales, Presses Universitaires de
France - PUF, 2010.
2130579000
Les
représentations sociales sont à la base de notre vie psychique.
C'est
à elles que nous faisons le plus facilement et le plus spontanément
appel pour nous repérer dans notre environnement physique et humain.
Situées à l'interface du psychologique
et du sociologique, elles sont enracinées
au cœur du dispositif social. Quelles représentations de l'autre
et des relations sociales englobent-elles? En quoi constituent-elles des
éléments fondamentaux de notre épistémologie,
et notamment de l'élaboration du sens commun?
(couv.).
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Représentation
(mathématiques). - Considérons
une figure f tracée sur une surface S, soit S' une seconde surface,
à chaque point de S on peut faire correspondre un point de S', à
la figure f correspondra une figure f sur S' qui en est une sorte d'image
et l'on dit que f est la représentation de f sur S'. Le mode de
correspondance dont il s'agit peut s'obtenir comme il suit Soient l,
m
les coordonnées curvilignes d'un point de S ; l',
m'
les coordonnées curvilignes d'un point de S'; si l'on assujettit
l,
m,
l',m'
à satisfaire à deux équations :
c(l,
m,
l',
m')
= 0, y
= 0,
à chaque point
l, m de
la première surface correspondra un point l',m'
de la seconde; à une figure c(l,
m)
= 0 de la première surface correspondra une figurer (l',m')
= 0 de la seconde, obtenue en éliminant l,
m
entre c
= 0, y
= 0, f= 0.
Quelques modes particuliers de représentation
sont célèbres, la construction d'une carte géographique
est la représentation sur un plan d'une figure tracée sur
la sphère ou, plus exactement, sur un ellipsoïde. Quand on
représente une figure, on peut se proposer de le faire en conservant
certains éléments de la figure primitive, on peut se proposer
de conserver les longueurs, ou les angles ou les aires, etc., par exemple
dans la projection stéréographique on conserve les angles,
etc.
Au point de vue analytique, la représentation
conforme qui fait correspondre à une figure plane une autre figure
plane a joué un rôle extrêmement important dans la théorie
des fonctions d'une variable imaginaire; nous allons en dire quelques mots.
Si l'on considère une fonction monogène X+iY de la variable
x+iy, on sait que quand le point x+iy décrit une figure, le point
X+iY en décrit une autre dans laquelle les angles sont conservés;
on est alors conduit à se poser cette question : étant données
deux aires planes A et A', existe-t-il une fonction x'=f(z) telle que le
point z décrivant l'aire, A, le point z' décrive l'aire A',
un point de l'aire A n'ayant qu'un seul correspondant dans l'aire A' et
vice versa? La réponse à cette question est affirmative,
et la solution de ce problème date seulement de la fin du XIXe
siècle.
Il était considéré à l'époque
comme l'un des chapitres les plus intéressants de l'analyse.
(H. Laurent). |