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| Cordoue,
Corduba,
auj. Cordoba est un grande ville d'Espagne Cordoue a à peu près la forme d'un carré dont le côté méridional est bordé par fleuve. Une enceinte d'épaisses murailles, datant des Maures, mais maintenant fort délabrée, l'enveloppe; jadis il y avait, dit-on, cent trente-deux tours, octogonales, carrées, cylindriques : la plupart ont disparu; il reste encore les treize portes qui donnaient accès dans la ville et dont quelques-unes sont remarquables, principalement la porte du Pont, qui fut exécutée, à ce que l'on croit, sur les plans de Herrera. Le vieux pont qui se voit au delà date peut-être de l'époque romaine, mais a été reconstruit par les Arabes; il a seize arches et est défendu par une forteresse crénelée, la Carrahola. A l'intérieur, la ville, principalement la partie élevée ou septentrionale, ne se compose que de ruelles tortueuses, ou la circulation est peu active, et de quelques carrefours irréguliers. On y compte aussi dix-huit places, mais petites, sauf celle de la Constitution, qui est ornée de beaux édifices et entourée d'arcades; on l'appelle aussi la Corredora, parce qu'elle servait autrefois pour les courses de taureaux et les joutes (ainsi que d'ailleurs pour les autodafés).
Vue générale de Cordoue, sur une ancienne gravure. Histoire.
Tombée aux mains des Arabes en 692,
Cordoue devint un peu plus tard le centre d'un émirat dépendant
du califat de Bagdad Cordoue fut reprise aux Arabes
par le roi Ferdinand III de Castille Ajoutons que la ville
a donné le jour aux deux Sénèque
(58 ans av. J.-C. et l'an 4 de notre ère), au poète Lucain
(39-65), au médecin et philosophe arabe Averroès
(mort en 1198 ou 1206), de Moïse Maïmonide
(né en 1131), son savant disciple, à l'auteur Juan de Meria
(XVe siècle), à l'historien
Ambrosio Moralès (1591), au casuiste Sanchez
(1610), aux poètes
Luis de Gongora (1623),
dont le style est devenu un type de boursouflure, et Jean de Mena, aux
peintres Cespèdes , Luis Valdés
Léal et Zambrano. Quant à Gonsalve
de Cordoue naquit non loin de là, à Montilla.
Cordoue vers le milieu du XVIIe siècle. Les monuments.
Un seul monument est vraiment remarquable : c'est l'ancienne mosquée-cathédrale. Commencée au VIIIe siècle, elle avait dix-neuf allées dans le sens de la longueur (167 m) et trente-six dans celui de la largeur (119 m). Les piliers fuient à perte de vue quand on y pénètre, comme les alignements d'arbres d'une forêt; les arcades qui les relient complètent la ressemblance dans la demi-obscurité qui règne habituellement dans l'édifice. Décorée au dedans et au dehors avec une incroyable somptuosité, cette mosquée (mezquita) passait pour le chef-d'oeuvre de l'architecture musulmane. Par la suite, cette mosquée extraordinaire a eu malheureusement à souffrir d'un vandalisme religieux qui l'a transformée en cathédrale : La
mosquée-cathédrale.
La mosquée de Cordoue eut pour fondateur
le calife' Abderrahman
(Abdérame I),
qui en traça lui-même le plan en 786 : pour encourager les
ouvriers, il y travailla, dit-on, de ses mains une heure chaque jour. Hescham
ler, son fils, et Abdérame II, continuèrent
les constructions; Hescham Il fit exécuter la décoration
en 965. L'accroissement de la population de Cordoue et l'affluence des
pèlerins déterminèrent, en 988, le calife Almanzor
à agrandir la mosquée.
« Vous avez bâti ici ce que vous ou tout autre aurait pu bâtir partout et vous avez détruit ce qui était unique au monde. »La construction moderne est, comme dit Théophile Gautier, « une verrue architecturale-». Très richement décorée et pouvant produire un effet assez heureux, si elle était isolée, elle jure avec ce qui l'entoure et dépare complètement l'ancienne mosquée. -
Intérieur de la mosquée de Cordoue. Cet édifice est situé sur le versant d'une colline, dont le Guadalquivir baigne le pied, et entièrement isolée, ce qui en fait ressortir davantage la masse imposante. D'un aspect maussade, les murs extérieurs, hauts de 12 m, épais de 4 à 6 m à la base, sont appuyés par une quarantaine de contreforts, et couronnés de créneaux qui cachent entièrement le toit et donnent à l'édifice l'aspect d'une forteresse. Du côté du fleuve, les soubassements sont gigantesques. Entre les contreforts, dix-neuf portes
donnaient accès dans l'intérieur; neuf de ces portes sont
à l'orient, neuf à l'occident; toutes étaient revêtues
de plaques en bronze, qu'ornaient des arabesques
d'un travail très délicat; la 19e,
qui était la principale, était recouverte de lames d'or;
sur lesquelles on avait inscrit des versets du Coran Le toit de l'édifice était
surmonté de nombreuses coupoles; sur la plus élevée
il y avait trois boules d'or portant chacune une grenade d'or. Elles ont
disparu. Du côté du nord s'élevait l'Alminar (minaret),
tour de 80 m de hauteur, dans laquelle deux escaliers
tournaient en sens inverse et se rencontraient au sommet démolie
en 1593, elle fut remplacée par une tour en style gréco-romain,
à 5 étages en retraite, haute de 93 m, commencée par
l'architecte Hernan Ruiz, et finie en 1653 par Gaspar de la Peña
( Le plan de la mosquée de Cordoue a la forme d'un rectangle de 207 m sur 147. On arrive par une sorte de parvis rectangulaire, qui recouvre une vaste citerne dont les voûtes reposent sur des piliers en pierre de taille; au milieu jaillissent trois fontaines, dont les eaux servaient aux ablutions des fidèles, et toute l'enceinte est plantée de palmiers, d'orangers, de citronniers et de cyprès. Un portique large de 8 à 9 mètres et soutenu par 60 colonnes l'environne de trois côtés. La mosquée présentait à
l'intérieur, du temps des Arabes,
plus de 1000 colonnes disposées en quinconce de manière à
former 19 nefs du Nord au Sud, et 36 plus étroites
de l'Est à I'Ouest. Chaque nuit, 4700 lampes y étaient allumées,
et on consumait par an près de 20.000
livres d'huile; on brûlait 60 livres d'aloès et autant d'ambre
gris Tout l'édifice, du pavé à
la voûte, n'a guère plus de 10 m de hauteur. Le jour qui y
pénètre a quelque chose de sombre et de mystérieux.
Dans la partie Sud-Est se trouve le Mihrab, sorte de chapelle octogonale,
somptueusement décorée, où les musulmans
avaient déposé un exemplaire du Coran L'ancien toit de la mosquée était en charpente de bois de mélèze, peint et sculpté comme le reste de l'édifice; chaque nef avait une charpente spéciale, et des traverses ajustées avec habileté reliaient ensemble ces ouvrages. Les poutres vermoulues menaçant ruine, on construisit en 1713 les voûtes en brique qui existent aujourd'hui. Quand on appropria la mosquée
au culte chrétien Enfin, vers le milieu de l'édifice moresque, Hernan Ruiz pratiqua une trouée à la place de 63 colonnes, pour y faire une croix latine, c.-à-d. que de la principale nef arabe il forma la sienne, longue de 65 mètres, la coupa par un transept de 43 mètres, et bâtit un choeur de style gothique flamboyant. C'était une entreprise étrange; cependant le choeur est remarquable par la hauteur, de son dôme, l'élégance et le fini de ses arcades; on admire aussi les stalles des chanoines, travail prodigieux de sculpture en acajou, exécuté au XVIIIe siècle, et qui coûta dix années à l'auteur; le retable du maître-autel; les grilles et balustrades de fer ouvragé; le lampadaire d'or et d'argent suspendu à la voûte. Les
autres monuments.
Tous ces édifices se trouvent dans la partie basse de la ville, à l'Ouest. Parmi ceux d'une époque plus récente, il y a à peine à mentionner une plaza de Toros, au Nord-Ouest, et un théâtre. Deux promenades sont assez fréquentées : le paseo del Gran Capitan, dans l'intérieur de la ville, le paseo de la Victoria, au Nord-Ouest, où l'on jouit d'une très belle vue sur la sierra Morena. L'eau est partout très abondante.
Cordoue a été traditionnellement un marché agricole
d'une grande importance et a continué, au cours du XXe
siècle, à devoir une part de sa prospérité,
à l'activité économique de la Campiña, la plaine
environnante, qui doit son nom à la comparaison qu'avaient faites
les Romains avec leur Campanie
Cordoue sur une ancienne gravure. |
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