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00 N, 4 00 W |
L'Espagne
(en espagnol España, du Iatin Hispania) est une État
du Sud-Ouest de l'Europe qui, avec le Portugal ,
forme la Péninsule iberique, jointe au continent par l'isthme des
Pyrénées.
L'Espagne est bornée au Nord par les Pyrénées qui
la séparent de la France
et le golfe de Gascogne ou de Biscaye; à l'Ouest, par l'océan
Atlantique et le Portugal ; au Sud, par le même océan
(golfe de Cadix), le détroit de Gibraltar
et la mer Méditerranée;
à l'Est, par la Méditerranée. Sa superficie est de
504,782 km². C'est une monarchie
constitutionnelle, peuplée de 40,5 millions d'habitants (2009).
Capitale : Madrid .
Autres grandes villes : Barcelone ,
Saragosse ,
Bilbao ,
Valence ,
Murcie ,
Séville ,
Cordoue ,
Malaga ,
etc. Administrativement, l'Espagne se divise en 17 communautés autonomes
("régions", elles-mêmes généralement divisées
en provinces) et deux villes autonomes, enclavées dans la côte
du Maroc .
S'ajoutent à cela des possessions insulaires d'outre-mer, dites
Plazas
de soberania, également le long de la côte marocaine
(Islas Chafarinas, Peñon de Alhucemas et Peñon de Velez de
la Gomera), administrées directement par le gouvernement central.
Les communautés
et villes autonomes de l'Espagne.
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Communautés
autonomes
Andalousie
Aragon
Asturies
Baléares
Canaries
Cantabrie
Castille-La
Manche
Castille-et-Leon
Catalogne
Comunauté
valencienne |
Extrémadure
Galice
La
Rioja
Madrid
Murcie
Navarre
Pays
Basque
Villes
autonomes
Ceuta
Melilla |
Limites, côtes.
L'Espagne n'a de frontières terrestres
que dans la longueur de l'isthme pyrénéen qui la sépare
de la France (et de l'Andorre),
et du coté du Portugal; partout ailleurs
elle est entourée par l'Océan
Atlantique et par la Méditerranée.
Ses côtes sont en général
peu accidentées. Cependant elle projette dans les eaux du golfe
de Gascogne les caps du Figuier, Muchichaco, de Ajo, de Peñas, de
Vares; elle se creuse en petits fjords en Galice
où se trouve sur l'Atlantique le cap Finisterre, la pointe la plus
occidentale de l'Europe continentale. Au Sud,
après avoir contourné le Portugal, l'Océan forme le
grand golfe de Cadix ,
puis il se resserre pour communiquer, parle détroit de Gibraltar,
avec la Méditerranée. Vers cet étranglement s'avancent
le cap Trafalgar, la pointe de Tarifa, la punta de Europa (pointe d'Europe)
où se dresse Gibraltar. Plus à l'Est, on est dans la Méditerranée,
et le rivage se développe en ondulations ménagées
jusqu'à la frontière francaise. Néanmoins, sur cette
étendue de côtes, on rencontre successivement les caps de
Gata, de Palos, de la Nao et bien plus loin, à l'extrémité
orientale des Pyrénées, le cap
de Creus ou de la Croix. Les enfoncements les plus considérables
des eaux de la Méditerranée sont la baie d'Almeria, le golfe
San Jorge et le golfe de Rosas, ce dernier au Sud du cap de Creus. De plus,
sur le littoral de Carthagène
et de Valence ,
la Méditerranée empiète sur le sol espagnol pour former
des divers autres golfes.
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Carte
de l'Espagne. Source : The
World Factbook
Relief du sol.
La Péninsule ibérique, dans
son ensemble, constitue un plateau massif,
d'une altitude moyenne de 700 mètres, mais parcouru par des chaînes
beaucoup plus élevées dont les cimes dominantes sont couvertes
de neiges éternelles c'est, après
la Suisse ,
le pays le plus élevé de l'Europe.
Le pourtour de ce grand plateau, la Meseta, dans les parties où
il confine à la mer, présente des
flancs très escarpés. Au Nord et au Sud, il est limité
par les deux plus hautes chaînes de toute la Péninsule, les
Pyrénées
et la Sierra Nevada. Au pied de la partie Ouest des Pyrénées
s'étend, du Nord-Ouest au Sud-Est, la grande vallée de l'Ebre
qui forme une région à part. Au Sud de l'Espagne, l'Andalousie
est une autre région d'une configuration absolument distincte. Tout
le reste forme le grand plateau espagnol, dont la pente générale
s'incline de l'Est à l'Ouest, et doit la partie septentrionale est
beaucoup plus élevée que la partie méridionale. Sur
le rivage de la Méditerranée,
de la pointe de Tarifa
à Carthagène ,
se développe la chaîne considérable de la Sierra Nevada
(chaîne neigeuse) dont le sommet le plus élevé, le
Mulahacen, atteint 3554 mètres; un rameau, la Sierra de Gador, a
un sommet de 2323 mètres. Le revers septentrional de ces montagnes,
beaucoup moins abrupt que le flanc méridional qui surplombe la mer,
est la fameuse terrasse d'Andalousie, tournée vers le Nord et dont
les gradins sont d'autant plus fertiles qu'ils se trouvent situés
plus bas. Puis vient la plaine d'Andalousie arrosée par le Guadalquivir
et ses affluents; cette plaine est la Bétique
des Anciens. .
Le Guadalquivir franchi, on rencontre au
Nord la Sierra Morena (chaîne noire), dont la Sierra de Aracena forme
le prolongement occidental. La Sierra Morena, d'une altitude de 1000 à
1500 mètres, riche en mines, forme la muraille Sud du grand plateau
central qui, de là, s'étend jusqu'à la partie espagnole
des Pyrénées. Ce plateau se prolonge
vers le Nord-Est jusqu'à la vallée de l'Èbre
et vers l'Est jusqu'au voisinage de la Méditerranée.
De ce côté, ses limites sont les monts Ibériques qui
bordent à gauche la vallée de l'Ebre, ainsi que les plateaux
de Teruel et d'Albacete ;
les uns et les autres se terminent par des pentes très escarpées.
Les monts Ibériques commencent à la source de l'Ebre où
ils se détachent des monts Cantabriques, se continuent par la Sierra
Demanda (2303 mètres), par l'Urbion (2246 mètres) et par
le Moncayo (2346 mètres). Puis viennent la Muela de San Juan, noeud
hydrographique très important d'où descendent le Tage,
le Guadiana et les fleuves côtiers de la
province de Valence ;
enfin les plateaux calcaires de Teruel et d'Albacete. Au Nord de la Sierra
Morena, on est en plein plateau central, occupé par les régions
de la Castille-La Manche, l'Estramadure espagnole, la Castille-et-Léon,
c'est-à-dire par la majeure partie de l'Espagne. En s'avancant toujours
vers le Nord, on traverse le Guadiana, puis le Tage, coulant de I' Est
à l'Ouest, séparés l'un de l'autre par les monts de
Tolède
et la sierra de Montanche. Jusqu'aux montagnes de la rive droite du Tage,
en d'autres termes jusqu'au Nord de Madrid ,
on est sur la partie la moins élevée du grand plateau central,
celle dont l'altitude moyenne ne dépasse pas 600 mètres.
On entre ensuite dans la Castille-et-Léon,
nouveau plateau d'une altitude plus considérable, car elle est de
700 mètres en moyenne; mais auparavant, il faut franchir une nouvelle
chaîne dirigée comme les précédentes de l'Est
à l'Ouest et qui prend successivement les noms de Sierra de Guadarrama,
Sierra de Gredos et Sierra de Gata. Cette chaîne, perpendiculaire,
vers son extrémité orientale, aux monts Ibériques,
domine le bassin du Douro qui s'étend jusqu'au pied des Pyrénées
espagnoles. Vers l'occident; le bord du plateau forme une succession de
terrasses qui pénètrent au Portugal
pour aller finir sur les bords de l'Atlantique.
La haute chaîne des Pyrénées
borde au Nord le grand plateau central ainsi que le bassin de l'Ebre.
La partie franco-espagnole, c'est-à-dire la partie orientale, de
beaucoup la plus puissante, émet des contreforts qui couvrent la
Catalogne ,
une partie de l'Aragon
et de la Navarre .
Plus à l'Ouest la chaîne se déprime en traversant les
provinces basques et en se prolongeant par les monts Cantabriques dont
le pied baigne dans le golfe de Gascogne. Au delà, elle se relève,
formant les monts des Asturies
et s'épandant en un massif qui couvre la Galice ,
coin Nord-Ouest de l'Espagne.
Hydrographie de
l'Espagne.
En Espagne, la ligne de partage des eaux
est la limite orientale du grand plateau central. Les Pyrénées
espagnoles ne versent dans le golfe de Gascogne que de petits torrents.
Le Minho, après s'être grossi du Sil et avoir traversé
la Galice ,
porte ses eaux à l'Atlantique,
et tous les cours d'eau importants du grand plateau central, nés
sur la limite orientale de celui-ci, se déversent dans le même
Océan. Leur direction générale est du Nord-Est au
Sud-Ouest. Ces cours d'eau sont le Douro (Duero), le Tage,
le Guadiana; il y faut ajouter le Guadalquivir, qui coule au pied de la
Sierra Morena et arrose la plaine de l'Andalousie .
Ces fleuves ne sont pas navigables, à l'exception du cours inférieur
du Guadalquivir; ils ne reçoivent que des affluents insignifiants
et dont plusieurs sont à sec une partie de l'année. Ils coulent
dans des vallées profondément encaissées, et le Tage,
tant célébré par les poètes, n'est qu'un fleuve
limoneux et maussade. Le versant oriental de l'Espagne, tributaire de la
Méditerranée,
n'est parcouru, à l'exception de l'Ebre,
que par des fleuves côtiers. Ces cours d'eau
n'en sont pas moins précieux parce qu'ils permettent de pratiquer
l'irrigation sur une large échelle. Ce sont, en allant du Sud au
Nord, la Segura, le Jucar, le Guadalaviar, le Myares, l'Ebre grossi du
Jalon sur sa rive droite, de l'Aragon ,
du Gallego et de la Sègre sur sa rive gauche. C'est le seul
cours d'eau qui mérite le nom de fleuve. Au Nord de l'embouchure
de l'Ebre, on ne rencontre plus que le Llobregat et le Ter qui se jettent
dans la Méditerranée.
Géologie
de l'Espagne.
La constitution géologique du sol
de l'Espagne est assez compliquée. Dans les Pyrénées,
le terrain crétacé forme la base
du versant méridional. Plus haut, ce sont des affleurements du terrain
triasique, des schistes'
siluriens,
des lambeaux jurassiques, des masses granitiques,
entremêlés les uns aux autres, qui occupent les parties les
plus élevées de la chaîne. Les montagnes
des pays basques appartiennent aux terrains de la craie. Le Triassique
se montre ensuite sur une faible largeur. Le terrain
carbonifère lui succède dans la partie orientale des
Asturies ;
dans l'Ouest de cette province c'est le terrain silurien; enfin la Galice
est un massif tout granitique dans lequel sont disséminées,
surtout au Nord, de larges taches de terrain silurien. Quant au reste de
l'Espagne, voici comment les terrains s'y distribuent : les formations
les plus anciennes recouvrent la partie Ouest et les formations secondaires
dominent à l'Est. L'espace compris entre les unes et les autres
est presque entièrement rempli par le tertiaire miocène.
Entrons dans quelques détails :
à l'ouest d'Oviedo, depuis le golfe de Gascogne jusqu'à celui
de Cadix, une bande de terrain silurien règne
du Nord au Sud tout le long des frontières de la Galice
et du Portugal, et elle s'élargit de
plus en plus à mesure que l'on s'avance vers le Sud, pour se terminer
au Nord du Guadalquivir, dont elle borde la rive droite, jusqu'à
Linarès et au delà. Dans l'Estramadure ,
elle est percée par des masses granitiques
assez importantes. Elle est l'élément des monts de Tolède
et de la Sierra Morena. Au Sud-Est, elle est enveloppée d'une vaste
surface triasique qui se prolonge au Nord de Jaen .
Vers son milieu, elle se creuse en une sorte de golfe dont la concavité
est tournée vers l'orient. Ce golfe est rempli par les terrains
granitiques qui forment les sierras de Gredos et d'Avila
et auxquels succèdent, vers le Nord-Est, les roches siluriennes
de la sierra de Guadarrama, puis le Triassique.
Cette suite de chaînes granitiques et mésozoïques
sépare l'un de l'autre les deux plateaux les plus importants de
l'Espagne, qui furent, aux temps géologiques, deux lacs considérables,
et qui maintenant sont des plaines cénozoïques'
miocènes.
Le plateau du Nord comprend la castille-et-Léon et le plateau du
Sud est formé de la région de Castille-La Manche. De chaque
côté de la sierra d'Avila, deux larges espaces du pléistocène
recouvrent la plaine miocène.
Des sources de l'Ebre
jusqu'au Nord de Valence ,
la muraille orientale du grand plateau central est constituée par
un enchevêtrement de terrains siluriens,
triassiques,
crétacés,
jurassiques
et miocènes, extrèmement compliqué.
Le miocène de la Castielle-et-Léon et de la Manche se prolonge
vers le Sud-Est, jusqu'à la Méditerranée
dont il forme le rivage depuis Carthagène
jusqu'au Nord de Valence; mais sur le littoral, il est fréquemment
interrompu par des îlots triassiques, jurassiques ou crétacés.
Vers le Sud-Est de l'Espagne, toute la Sierra Nevada se compose de roches
siluriennes entremêlées de quelques massifs de granit. La
plaine de l'Andalousie ,
sur la rive gauche du Guadalquivir, est miocène. C'est ce même
terrain miocène qui affleure dans toute la grande vallée
de l'Ebre. Enfin le granit, les couches siluriennes et triassiques apparaissent
de nouveau dans la Catalogne
où ils forment, le long du rivage de la Méditerranée,
une bande qui va s'élargissant du Sud au Nord.
Les
ressources minérales.
Le grand développement des terrains
cristallins et paléozoïques fait
de l'Espagne un pays très riche en minerais exploités dès
la plus haute antiquité. On n'y recueille plus l'or
comme au temps des Phéniciens ,
des Carthaginois
et des Romains ;
mais les mines de plomb, de cuivre,
d'argent, de mercure, sont encore
importantes. La galène s'extrait dans la sierra de Gador, dans la
province d'Alméria où sont les mines du cap de Gata, aux
environs de Carthagène, dans la sierra Almagréra où
se trouve le fameux filon le Jaroso. La sierra Morena renferme à
la fois des mines de galène, d'argent arsenical et de pyrites cuivreuses.
Les centres de la production de cuivre sont : Huelva et Aravanès.
A Huelva, dans des schistes dévoniens
soulevés par des éruptions porphyriques, on exploite de riches
filons de pyrite de cuivre; à Arayanès, ce sont des carbonates,
des oxydes et des pyrites de cuivre intercalés
au milieu du minerai de plomb. Plusieurs mines d'argent sont encore exploitées
sur le sol de l'Espagne : telles sont celles de Guadalcanal qui contiennent
de l'argent natif, de l'argent arsenical et de l'argent rouge arsenié;
telle est encore la fameuse mine d'Hiendelaencina, dans la sierra de Guadalajarra,
qui se compose d'argent rouge, d'argent gris, de chlorures et de bromures
d'argent.
Dans le massif silurien compris entre le
Guadalquivir et le Guadiana, sont les célèbres mines de mercure
d'Almaden et d'Almadenejos, les plus productives de l'ancien monde. Avec
le mercure natif, on y rencontre le cinabre, qui est le meilleur minerai
de mercure. Les principales mines de fer de l'Espagne sont situées
dans la chaîne pyrénéenne et dans l'Andalousie .
Les parties des Pyrénées qui fournissent
le plus de minerai sont la Navarre ,
le Guipuzcoa ,
la vallée de la Bidassoa, la Biscaye
où se trouvent la célèbre mine de Sommorostro et les
établissements métallurgiques de Bilbao ;
enfin les environs d'Oviedo. En Andalousie, les mines de l'or exploitées
sont réparties dans le district des Alpujarras, au pied méridional
de la grande Sierra Nevada, dans la provincede Séville
et dans celle de Cordoue .
C'est dans les forges de Marbella, de Malaga, de Motril, que sont traités
les minerais des Alpujjarras, et la province de Séville a les établissements
métallurgiques de Pedroso et de Trubia.
Les bassins de houille
les plus importants sont ceux de San Juan de las Abadesas dans les Pyrénées
catalanes, des Asturies où sont les mines de Langreo, et de Cordoue
où s'exploitent les filons de Belmez et d'Espiel. Il y a aussi des
gîtes exploités dans la Castille-et-Léon, au Sud de
l'Aragon
(mines de Teruel et de Montalban), ainsi que dans la province de Valence.
Le sel gemme forme une montagne entière à Cardona (Catalogne )
et il se présente en bancs considérables dans les provinces
de Murcie et de Cuenca. Les carrières d'albâtre, de marbre,
de gypse, ne se comptent pas. La nature du sol
est éminemment favorable à la formation des sources d'eaux
minérales dont le nombre s'élève à plus de
1200 sur le territoire espagnol, Les plus importantes se trouvent au pied
des deux grandes chaînes des Pyrénées
et de la Sierra Nevada.
Climat de l'Espagne.
Bien que l'Espagne soit une région
péninsulaire, l'altitude considérable du plateau central
est cause que les Castilles ,
la Manche et une partie de l'Estramadure
possèdent un climat continental. Dans toute cette vaste étendue,
les hivers sont très rudes et les étés
brûlants. L'hiver, on constate souvent à Madrid
une température de -10°C et, dans les mois les plus chauds,
le thermomètre monte quelque-fois jusqu'à + 40°C. En
hiver, le vent du nord amène un air sec et
trop pénétrant; en été, le redoutable solano,
qui souffle d'Afrique, alourdit l'atmosphère
et brûle la végétation. La sécheresse est extrême
en tout temps à cause de la rareté des pluies.
On a calculé que la hauteur annuelle d'eaux pluviales n'atteint
sur la Meseta que 35 centimètres par an en moyenne, et la rapidité
de l'évaporation laisse la terre toujours altérée.
Tout autres sont les conditions climatiques
de l'Andalousie ,
surnommée la terre chaude de l'Europe et
le fourneau de l'Espagne. La température des jours les plus froids
de l'hiver n'est jamais inférieure à +12°C et les chaleurs
de l'été sont si intenses qu'en peu de temps la végétation
est complètement brûlée, et que de grandes plaines
se transforment en steppes comparables aux déserts
de l'Algérie ou à ceux du plateau
de l'Iran. Les plantes ne reprennent vie qu'au moment
de l'équinoxe d'automne;
elles sont dans toute leur fraîcheur et dans tout leur éclat
en février, mais ne tardent pas à se flétrir sous
le souffle desséchant des premiers jours de chaleur.
Sur la côte, d'Alméria
à Carthagène ,
le climat est en quelque sorte encore plus africain. On n'y connaît
que deux saisons : celle des chaleurs; qui
dure neuf mois, et celle de l'hivernage, qui commence en octobre et finit
en janvier. Sur tout ce littoral, il ne tombe par an que 20 centimètres
de pluie. C'est la région, la plus sèche de l'Europe.
La quantité pluie est plus considérable
à Murcie
et à Valence .
Aussi le climat de cette partie de la côte est-il le plus agréable
de toute l'Espagne. Plus au Nord, dans la vallée de l'Ebre,
le climat redevient continental. Le voisinage des Pyrénées
y produit des hivers très rigoureux et l'encaissement du pays rend
en été l'atmosphère très lourde et la chaleur
intolérable.
Plus tempéré est le climat
de la Catalogne
qu'une brise de mer rafraîchit continuellement en été.
La Navarre
et le Pays basque jouissent d'un climat très tempéré
en toute saison, mais aussi très humide et, par conséquent,
favorable au développement de la végétation. Dans
les monts Cantabriques, dans ceux des Asturies
et en Galice ,
règne un climat essentiellement marin, analogue à celui de
la côte Sud de l'Angleterre, mais naturellement
un peu plus chaud à cause de la différence des latitudes.
Dans toute cette région, la température est tiède
en hiver et fraîche pendant l'été. Il y tombe annuellement
une énorme quantité de pluie qui entretient la verdure des
prairies naturelles. Aussi celles des Asturies et de la Galice sont-elles
réputées les plus belles qu'il y ait en Europe.
La végétation
et l'agriculture.
Les forêts,
par suite de défrichements inconsidérés, sont devenues
rares en Espagne. Il en existe cependant encore dans les massifs
montagneux qui séparent la Meseta de la vallée de l'Ebre
et des terrasses qui longent la Méditerranée.
Mais les plus belles forêts se voient dans les Monts Cantabriques,
c'est-à-dire dans les provinces de Santander, d'Oviedo et de Léon.
Elles sont formées de pins, de chênes, de hêtres et
de magnifiques châtaigniers. La Catalogne
et les environs de Séville
possèdent des forêts de chênes-lièges. Le blé
se récolte en abondance sur la Meseta, surtout dans les Castilles
et en Estramadure .
L'Aragon
en produit aussi beaucoup. L'orge est cultivée
dans toutes les provinces, et le seigle dans les Pyrénées.
Quant au maïs, il ne vient que dans les plaines
du Sud et sur le littoral de l'Est. On récolte le riz aux environs
de Valence et de Murcie. Les pommes de terre
et les patates sont très communes partout et ces dernières
constituent, dans le Sud, une précieuse ressource. La culture des
Légumineuses
consiste en pois chiches, en gesses, en haricots.
Le climat subtropical de l'Andalousie
et de la côte Sud-Est de l'Espagne donnent à la flore
de cette région un caractère africain et même, jusqu'à
un certain point, équatorial. L'Andalousie peut cultiver le dragonnier,
le magnolier, le bambou, le bananier, le dattier, l'eucalyptus, les nopals,
le cotonnier, le caféier, la canne à
sucre qui prospère plus particulièrement sur la côte
andalouse depuis Motril jusqu'à Malaga. Tout le monde a entendu
parler de la forêt de dattiers qui fait la gloire de la Huerta d'Elche.
Les palmiers nains, qui fournissent le crin végétal, poussent
spontanément dans le Sud de l'Espagne. Les arachides y sont l'objet
d'une culture suivie. Mais ce sont les provinces de Murcie et de Valence
qui constituent le plus beau jardin de l'Espagne. Là se fait une
récolte prodigieuse d'oranges, de citrons, d'amandes, de grenades,
d'olives, etc. Les vins d'Andalousie, le xérès, le moscatel,
le malaga, le grenache, l'alicante, etc., jouissent d'une réputation
universelle. L'Espagne produit en outre du vin dans toutes ses provinces,
à l'exception des provinces basques qui remplacent cette boisson
par le cidre. A ce tableau des produits végétaux de l'Espagne,
il faut encore ajouter le mûrier, commun sur le littoral de la Méditerranée,
les melons et les pastèques du midi, le bois de réglisse
des provinces de Cordoue et de Séville, le sparte, le safran, le
sumac et le carthame de la Manche.
La faune et l'élevage.
La faune naturelle
de l'Espagne ne diffère notablement de celle des autres parties
méridionales de l'Europe que dans l'Andalousie
où se rencontrent l'ichneumon, le caméléon, le gecko.
Au commencement du XIXe siècle,
les ours étaient encore nombreux dans les monts Cantabriques et
vers les sources de l'Ebre. De nos jours les loups,
les loups-cerviers, les chats sauvages, les renards sont communs dans la
chaîne constituée par les sierras de Guadarrama, de Gredos
et de Gata; d'énormes sangliers errent dans les forêts de
chênes; le bouquetin n'a pas disparu complètement des hautes
montagnes. Le cerf, le chevreuil et tout le menu gibier d'Europe vivent
dans les lieux boisés.
L'élevage des moutons a eu autrefois
une très grande importance en Espagne, ce qui s'explique par l'extrême
étendue des pâturages et des pâtis qu'ils ont occupé.
Ces moutons se partagent en deux races, l'une composée d'animaux
à laine grossière et peu estimée, et l'autre formée
par les mérinos à laine fine et touffue. Quoique la race
mérinos soit aujourd'hui en décadence sur le sol de l'Espagne,
elle y a prospéré longtemps sous influence du régime
d'émigration que l'on désigne sous le nom de transhumance.
Les troupeaux transhumants passent l'hiver, les uns, dits léonais,
dans le bassin du Guadiana, aux environs de Mérida, les autres,
appelés sorians, sur les confins de l'Andalousie, de l'Estramadure
et de la Castille-La Manche.
Les léonais partent de leur hivernage
dans la première quinzaine d'avril pour arriver, vers la fin de
mai, dans le Léon
et sur les montagnes de Castille où ils passent l'été
; les sorians se rendent vers la même époque, partie aux environs
de Soria et partie dans la Navarre
et les Pyrénées. Sur tout ce long
parcours, on est obligé de leur fournir sur les terres des particuliers
une route de 80 mètres de largeur, et l'on devine aisément
quels dégâts il en résulte pour les récoltes.
C'était bien pis autrefois, quand une vaste et puissante association,
la mesta, abolie en 1836, possédait le monopole de l'élevage
des mérinos et s'op posait à la mise en culture des terres
de la Meseta. Les mulets et les ânes sont plus communs en Espagne
que les chevaux. Parmi ces derniers on vante surtout ceux d'Andalousie ,
de Valence et de Galice .
Des troupeaux de porcs à demi sauvages se voient dans toutes les
provinces, et des de chèvres broutent dans les montagnes. La volaille
et les oeufs restent des produits importants de l'agriculture espagnole. |
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