 |
Cène (du
latin caena = souper) - Souper que Jésus
fit avec ses apôtres, la veille de sa
passion, et dans lequel il institua d'après l'enseignement de l'Eglise
catholique, le sacrement de l'eucharistie.
Au temps de Jésus, conformément à la loi de Moïse,
qu'avaient quelque peu modifiée les traditions des rabbins, les
Juifs
se réunissaient chaque année, le soir du quatorzième
jour du mois de Nisan, pour célébrer le festin pascal,
symbole du dernier repas que firent, d'après la Bible ,
leurs pères, lorsqu'ils sortirent d'Egypte .
La forme de ce repas était soumise
à des rites minutieux. Avant de mourir, Jésus
voulut célébrer pour la dernière fois le festin légal
avec ses disciples. Seulement, profitant d'une latitude tolérée
par l'usage, il le célébra, non le jour de la fête,
mais la veille au soir, c'est-à-dire le jeudi
treizième jour du mois de Nisan. Le récit de ce dernier repas
est contenu quatre fois dans le Nouveau Testament
(Matth., XXVI, 18-30; Marc, XIV, 18-26 Luc, XXII,
9-20; saint Paul, I. Cor., XI, 25-29). Saint Jean se contente
d'y faire une allusion évidente (XIII, 1). On voit, dans ce récit,
que Jésus se conforma fidèlement aux rites légaux,
mais en leur donnant une signification spéciale.
Il réunit ses douze apôtres
dans une salle haute, tendue de draperies et contenant des lits de table.
Il commença par annoncer sa mort et l'accomplissement des Ecritures,
puis prédit avec douleur la trahison complotée par un des
apôtres, et désigna clairement le coupable, Judas, à
qui il tendit un morceau de pain trempé dans du vin. Au moment de
l'ablution, il voulut donner à ses apôtres une leçon
d'humilité en lavant leurs pieds de ses propres mains. A la fin
du repas, il prit du pain, le bénit, le rompit et le donna à
ses apôtres en disant :
«
Prenez et mangez-en tous : ceci est mon corps. »
De même, après
le souper, il prit la coupe et, ayant rendu grâces, il la leur donna
en disant :
«
Buvez-en tous, car ceci est mon sang, le sang de la nouvelle alliance qui
sera répandu pour plusieurs pour la rémission des péchés.
Faites ceci en mémoire de moi. »
Tous, ensuite, dirent l'hymne et sortirent
pour se rendre au mont des Oliviers. La recommandation suprême de
Jésus, invitant ses disciples à recommencer eux-mêmes
la Cène, fut fidèlement suivie après sa mort. Nous
voyons les premiers fidèles se réunir pour rompre le pain
et « manger la Cène du Seigneur. » (Act.,
II, 42 ; XX, 7 ; I. Cor., X, 16 ; XI, 20). Des abus s'étant
glissés dans ces réunions saintes, l'apôtre saint Paul
les flétrit avec vigueur (I. Cor., XI ; I. Cor., X,
16).
La Cène est célébrée
par une cérémonie du jeudi
saint, dans laquelle le pape, des prélats, des chefs de communauté,
des princes servent des pauvres, après leur avoir lavé les
pieds, en mémoire de la cène de Jésus.
On appelle aussi Cène la communion,
et particulièrement communion sous les deux espèces, telle
qu'elle se pratique chez les Protestants. |
|