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Séville, Sevilla en espagnol, Hespalis et Julia Romula chez les Anciens. - Ville et port d'Espagne, chef-lieu de la province du même nom et de toute l'Andalousie, sur la rive gauche du Guadalquivir, à 76 kilomètres de son embouchure, à 380 kilomètres au Sud-Sud-Ouest de Madrid; plus de 700 000 habitants. Nombreux et admirables monuments qui ont donné lieu au proverbe espagnol : "qui n'a pas vu Séville n'a rien vu".  Superbe cathédrale ornée des tableaux des plus grands maîtres et surmontés d'une niche de 85m, dite la Giralda, couvent de Buena Vista, Alcazar (ancien palais des rois maures), hôtel de ville, palais de l'archevêque, aqueduc romain de 410 arches; riches bibliothèques, archives de l'Amérique espagnole depuis la découverte de Colomb, musée de peinture et de sculpture; etc. Cette ville a vu naître un grand nombre de célébrités : plusieurs rois de Castille, Bartolomé de Las Casas, les poètes Lope de Rueda et Fernado Herrera, les peintres Francisco Herrera, Luis de Vargas, Diego Velazquez, Esteban Murillo qui y fondèrent la célèbre École de Séville. Près de Séville, au Nord-Est, est le village de Séville-la-Vieille, l'ancienne Italica, où naquirent Trajan, Hadrien, et probablement Silius Italicus
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Séville.
Séville au XVIe siècle, par Antonio Sanchez Coello.

L'origine de Séville est inconnue : la légende en attribue la fondation à Hercule. Les Carthaginois l'appelaient Hispalis, les Romains la surnommèrent Romula ( = la petite Rome); Jules César, qui la prit dans sa guerre contre les fils de Pompée, l'embellit et ajouta à son nom le surnom de Julia. On ignore d'où vient son nom actuel. Les Vandales la prirent en 411; les Goths leur succédèrent bientôt; les Arabes s'en emparèrent en 712 : sous leur domination, Séville devint, à partir de 1015, la capitale d'un petit royaume indépendant. En 1091, elle tomba au pouvoir des Maures d'Afrique. En 1248, Ferdinand III de Castille l'enleva aux Maures et en fit sa capitale : elle fut presque constamment depuis la résidence des rois d'Espagne jusqu'à Philippe II. Deux vers, qu'on lit sur la porte de Carné, résument l'histoire de cette ville :

Condidit Alcides, renovavit Julius urbem; 
Restituit Christo Fernandes tertius heros.
Séville fut longtemps un centre de lumières : les sciences, les lettres, les arts, l'industrie y jetaient le plus vif éclat. Elle déclina sous la domination espagnole : 300 000 de ses habitants musulmans, occupés pour la plupart dans les manufactures, s'exilèrent, dit-on, dès qu'elle fut tombée au pouvoir de Ferdinand; en outre, elle fut plusieurs fois désolée par la peste, notamment en 1649 et en 1800. C'est à Séville que fut décrété en 1480, l'établissement de l'Inquisition dans tout le royaume, et c'est dans cette ville que fut institué le Grand tribunal de l'Inquisition. Après la conquête de l'Amérique, Séville eut longtemps le monopole du commerce avec les nouvelles colonies; Cadix le lui enleva au commencement du XVIIIe s. Un traité de paix entre l'Angleterre et l'Espagne fut signé à Séville en 1729. En 1808, cette ville s'insurgea contre la domination française; les Français y entrèrent le 1er février 1810; ils en sortirent en 1812. En 1823, les Cortès, emmenant le roi Ferdinand VII et fuyant devant l'invasion française, se retirèrent à Séville, avant de se fixer à Cadix.

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