 |
Maladie typhique, contagieuse, caractérisée
par des bubons, des charbons et des pétéchies, et par la
présence dans le sang et le pus d'un bacille caractéristique
(bacille de Yersin), la peste n'est pas une maladie propre au Moyen âge
et toutes les épidémies qui ont frappé les humains
à cette période n'étaient pas de peste. Il n'en est
pas moins vrai que les immenses ravages occasionnés par cette maladie
ont inscrit tout au long du Moyen âge de profondes ornières.
Le XIVe
siècle qui est sûrement le
temps qui fut le plus éprouvé par les calamités, voit
ainsi à la peste noire, s'ajouter aussi quantité d'autres
maux : des hivers rigoureux, des chaleurs excessives, des invasions
d'insectes, de sauterelles, des tremblements de terre, des guerres,
qui concourent à tous à la famine et à la maladie,
sans que la mortalité causée par l'une ou l'autre ne puisse
être dissociées. Et, si la peste continua à sévir
au cours des siècles suivants, ce fut d'une façon moins meurtrière.
Déjà,
au XVe siècle,
l'évidence de la contagion de la peste avait conseillé quelques
mesures de prophylaxie publique.
La première grande manifestation
de la peste date du milieu du VIe
siècle : cette peste, dite de Justinien
vint désoler le monde connu de 531
à 580. Partie de Péluse ,
elle gagna Alexandrie ,
le Nord de l'Afrique, la Palestine, la Syrie, Constantinople ,
l'Italie, la Gaule, la Germanie. En résumé, dans la deuxième
moitié du VIe
siècle, elle avait parcouru le monde occidental. Dans
certaines parties de l'Europe, la dépopulation fut telle que des
villes importantes devinrent des déserts. Une autre peste sous Constantin
Copronyme fut beaucoup moins désastreuse et ne dura que vingt ans.
Entre le VIIe
et le XIVe siècle
apparurent plusieurs épidémies de peste relativement bénignes.
Puis vint la grande peste du XIVe
siècle, la peste noire, la mort dense, qui vint du fond
de l'Asie, de la Chine, dit-on, où il mourut 13 millions de personnes!
Après avoir parcouru l'Asie Mineure, l'Arabie, l'Afrique, l'Égypte,
elle passa en Grèce, en Italie, en Sicile, en France, puis en Espagne,
en Angleterre, en Norvège, etc. Les pays les plus éprouvés
par la peste noire perdirent au delà du tiers de leurs habitants
: Bagdad
aurait perdu 500 000 individus en trois mois, le Caire
10 00 habitants en un seul jour; Chypre
fut dépeuplée.
Cette grande irruption s'accomplit entre
1346
et 1353 ; l'Europe perdit, semble-t-il,
24 millions d'humains, le quart de sa population probable et l'Asie plausiblement
bien davantage. La mortalité fut donc énorme; et d'autant
plus que les maladies ne tardent pas à frapper des organismes affaiblis.
Comme le remarque un historien lorrain en 1503,
la « famine estrange » est toujours la compagne de «
grande pestilence, car l'une est comme le levain de l'autre ». Ces
épidémies, mal soignées, trouvant un terrain favorable
à leur évolution, s'étendent, se multiplient nécessairement.
En effet, partout des marais stagnants; des cités et des châteaux
entourés de hautes murailles, bordées de fossés profonds
aux eaux croupissantes. A l'intérieur, rues étroites, maisons
basses, malsaines; cimetières près des lieux habités;
inhumations faites sans souci de l'hygiène, sous les dalles des
églises; populations entassées surtout en temps de guerre.
Outre la mortalité effrayante, ces
épidémies eurent une influence énorme sur la société,
et sur les moeurs. Car au premier rang des grands phénomènes
psychologiques provoqués par l'irruption de la peste, il faut noter,
la peur, la frayeur, la terreur, allant jusqu'à l'affolement, jusqu'à
l'extinction de toute lueur de bon sens : mal qui en produit d'autres plus
grands et plus nombreux souvent que les désastres de la peste même.
La peste de Justinien offrit le spectacle
d'une société affolée par les superstitions de l'époque
et tourmentée de l'idée de persécution par les démons.
Au XIVe siècle,
la peste noire passa pour tous comme une punition des méfaits
des humains. |
|
 |
Le
fléau des fléaux
La liste des épidémies
au Moyen âge est impressionnante. L'Angleterre paye son tribut; on
cite les pestes de 1198,
1315;
1366,
1407.
Les armées ne restent pas indemnes. La dysenterie épidémique
décime les Croisés assiégeant
Antioche
(1098);
des affections contagieuses atteignent les troupes de Frédéric
Barberousse, marchant sur Rome
(1167).
La peste disperse les soldats de Henri VI
devant Naples
(1193)
et ceux de Beaudourn en Syrie (1202).
Le scorbut exerce d'affreux ravages au siège de Damiette (1218).
Trois fois saint Louis (Louis IX)
ne peut empêcher la contagion d'attaquer ses compagnons d'armes :
lorsqu'il marche contre Henri III
d'Angleterre (1242-1243),
en Égypte (1250),
près de Tunis (1270)
; il succombe alors lui-même. En Italie, les troupes du duc d'Anjou
(1384),
de Charles VIII (1496)
éprouvent de ce fait de grandes pertes. De 1400
à 1510,
Raguse se voit envahie onze fois par le fléau apporté avec
les ballots de marchandise venant de l'Égypte, de l'Asie mineure,
de la Sicile. La peste visite Florence
dix-sept fois de 1315
à 1495.
On compte à Nîmes trente et une épidémies de
1348
à
1649.
Le Bourgeois de Paris
dont le journal s'étend de 1405
à 1449
parle dix fois au moins de : « très grant mortalité
»; de bote (petite vérole), d'espydimie, de toux. Les
parties de l'Europe atteintes le plus gravement auront été
la Germanie, la France méridionale, l'Italie et surtout les villes
qui font un commerce régulier avec l'Orient : Marseille ,
Venise ,
Rome, etc.
On le voit, toutes
ces maladies épidémiques, contagieuses et infectieuses ne
correspondent pas toujours à la peste proprement dite. A côté
des pestes à bubons, il y a les fièvres catarrhales, les
fièvres miliaires, le typhus, les dysenteries, le scorbut, et il
faudrait aussi y ajouter les fréquentes épizooties, qui,
au total, aboutissent au même résultat : dépeupler
le pays. Mais on comprend que sous la plume des chroniqueurs médiévaux
toutes ces maladies reçoivent indistinctement le nom de peste, puisque
ce mot signifie originellement fléau. Il y eut néanmoins
trois de ces fléaux qui se distingueront des autres par la
netteté de leur caractère ou leur violence et qui méritent
bien le nom de pestes. Il s'agit du feu sacré, de la peste noire,
puis, la suette anglaise :
Le feu sacré.
En 945,
983,
1039,
1041
et à d'autres périodes du XIe
siècle, une maladie terrible, dont les contemporains
retracent l'effrayant tableau, visite la Lorraine, la France, l'Italie.
C'est un feu caché, dévorant, le feu sacré : Ignis
plaga, ignis sacer; il attaque les membres, les consume, les détache
du corps, sorte de gangrène spontanée, d'érysipèle
gangréneux, s'étendant à un grand nombre de personnes
de tout sexe, de tout âge. Le moine Sigebert écrit (pour l'année
1089)
:
«
multo sacro igne interiora consumente, computrescentes exesis membris instar
carbonum nigrescentibus, aut miserabiliter moriuntur; aut manibus et pedibus
putrefactis truncati, miserabiliori vitae reservantur; multi vero nervorum
contractione distorti tormentantur. »
Sous une peau
livide, ce mal ronge les chairs; les patients, sont d'abord enveloppés
d'un froid glacial que rien ne peut combattre, puis surviennent des chaleurs
intolérables. Cette affection paraît sans remèdes humains
et quelques auteurs y voient le châtiment de dérèglements
honteux. Maintenant faut-il, comme les commissaires de la société
Royale de chirurgie (1776), distinguer
le feu sacré, de ces pestes inguinales connues sous le nom de mal
des ardents? Les opinions sont partagées à ce sujet.
-
|
Le Mal des
Ardents
Cette
maladie désola différentes parties de la France au Moyen
âge. La relation la plus ancienne est celle de Flodoard,
relative à l'épidémie de Paris
et de son territoire dans le cours de l'année 945: Deux autres
qui eurent lieu en 994 et 1039 sont mentionnées brièvement
par Raoul Glaber. Le mal des Ardents apparaît
de nouveau en 1120 et envahit les régions du Nord et de l'Ouest,
le pays Chartrain ,
Paris, le Soissonnais. Un siècle auparavant, le chroniqueur Adémar
de Chabannes rapporte qu'il enleva 40 000 personnes en Aquitaine .
En 1354, autre épidémie en Picardie
et en Artois ;
on parle encore souvent du feu redoutable dans le cours du XVe siècle;
cependant, les cas ne sont plus aussi nombreux; la maladie devient sporadique.
Les
chroniqueurs sont unanimes sur sa gravité; tous affirment qu'elle
est au-dessus des ressources de la médecine ordinaire; presque tous,
hagiographes ou historiens de monastères ,
rapportent des guérisons miraculeuses ,
opérées grâce à l'intervention des saints. D'après
Flodoard,
ceux qui purent se rendre à l'église de la Sainte-Mère
de Dieu furent sauvés. Dans l'épidémie de 1130,
un miracle analogue, racontera-t-on, eut lieu près de la châsse
de la patronne de la ville; Sainte-Geneviève
des Ardents fut élevée pour en perpétuer le souvenir.
Ailleurs, l'eau mélangée à la cire fondue qui coulait
des cierges brûlant devant les autels fit disparaître, à
ce qu'on crut, les accidents. La chapelle de la Sainte-Chandelle, à
Arras ,
avait été élevée à la suite d'une épidémie.
Un document législatif de 1317 recommande qu'après
prime messe soit chantée pour les feus dieu.
L'affection
fut désignée par des dénominations nombreuses : on
l'appelait
feu divin, sacré, persique, de saint Marcel, de la
bienheureuse vierge Marie, de saint Firmin, etc., de la géhenne ,
de l'enfer ,
etc. Il n'en existe aucune description précise; comme toujours,
les chroniqueurs forcent la note et tracent des tableaux plus sombres que
véridiques. Les phénomènes graves furent les gangrènes.
Le biographe anonyme de sainte Dympne, vierge et martyre, est explicite
à cet égard :
Le
feu persique, dit-il, est une maladie pestilentielle qui consume la chair
et la sépare des os, au-dessous de la peau, devenue livide. A mesure
qu'on avance, la douleur et l'ardeur augmentent et finissent par tuer les
malheureux; parfois la mort qu'ils souhaitent n'arrive pas avant que, tous
leurs membres étant rongés et détruits, le feu ne
gagne les organes indispensables à la vie.
Un chroniqueur
de 1482 décrit assez bien une gangrène du pied. La
mortification occupait surtout las membres et les extrémités,
mais elle pouvait siéger ailleurs. Dans l'épidémie
de 1129; il y eut des plaques sur le tronc, sur les mamelles, sur
les joues; celles-ci étaient les plus redoutables; au XIVe siècle,
on observe des gangrènes de la langue
et du pharynx .
Ce symptôme n'était probablement pas primitif ; il était
précédé de fièvre, et souvent d'éruptions
cutanées; les écrivains qui ont voulu remplacer par un terme
médical l'expression populaire, disent qu'elle correspond à
l'érysipèle ou à l'herpès de Grus.
On
a beaucoup discuté sur la nature du mal des Ardents. S'agit-il d'une
entité morbide, d'une maladie aujourd'hui disparue? A-t-on, au contraire,
désigné par ce nom des affections différentes pouvant
régner épidémiquement et présenter les symptômes
qui ont tant frappé les contemporains. Cette opinion nous paraît
la plus probable.
Icelui
Cote de fer [...], dit un document, accoucha malade d'une bosse y épidémie
et aussi d'une autre maladie appelée le feu de saint Firmin, pourquoi
il fut porté en l'église de Notre-Dame d'Amiens ,
si comme en tel cas est accoutumé.
On appelait
bosse
ou épidémie la véritable peste d'Orient; le chroniqueur
a cru que le mal des Ardents s'y joignait probablement à cause de
l'intensité de la fièvre et de l'exanthème. Les gangrènes
cutanées multiples, celles de la bouche, celles des membres même,
s'observent dans bon nombre de pyrexies épidémiques. On les
a notées dans la fièvre typhoïde, dans le typhus exanthématique,
dans la fièvre rémittente...
Estlander
en a vu des cas assez nombreux à Helsingfors, en 1870, pour
faire une étude spéciale de cette redoutable complication.
On désigna par le nom de mal des Ardents ou des expressions similaires,
des pyrexies accompagnées d'exanthèmes et suivies de gangrènes.
Les fièvres éruptives, la peste bubonique et les typhus d'Europe,
peuvent présenter ces caractères; il nous paraît probable
que les termes traditionnels et disparates qu'on a rapprochés ont
servi à désigner tantôt l'une, tantôt l'autre
de ces maladies. (Dr A. Thomas). |
La peste noire.
En 1346,
un autre fléau succède dans les contrées lointaines
de l'est Chine ,
Tartarie ,
à une épouvantable famine et à de brusques convulsions
du sol. Il envahit les Indes ,
la Turquie, l'Égypte ,
la Grèce, l'Illyrie ,
le Nord de l'Afrique .
L'année suivante, la Sicile est atteinte, puis l'Italie ,
sauf Milan
et quelques cantons situés au pied des Alpes. Cette peste franchit
les montagnes ou est apportée par les navires marchands : la Savoie ,
la Provence ,
le Dauphiné ,
la Bourgogne ,
le Languedoc ,
l'Espagne
presque entière sont contaminés. Les Flandres
(hormis le Brabant ),
Paris ,
les principales villes françaises voient apparaître ensuite
la terrible faucheuse d'humains qui d'un bond traverse la mer, envahit
l'Angleterre ,
l'Écosse ,
l'Irlande
(1348-1349).
«
Par analogie, écrivait au XIXe siècle le Dr Eraud,
on serait amené à considérer le « feu sacré
» comme étant la syphilis.
«
Il n'y a point de doute, que la peste qu'on appela d'abord, pestis inguinaria,
pestis inguinalis, mal des ardens, peste qui prenoit en l'aine,
etc., ne soit la maladie observée plusieurs fois depuis, dont les
effets sont on ne peut pas plus rapides et meurtriers, et dont les symptômes
pathognomoniques sont le charbon, les exanthèmes ou taches pétéchiales,
et surtout le bubon, qui a le plus souvent son siège aux glandes
inguinales. Nous croyons donc être autorisés à conclure
que le feu saint Antoine, qui est une maladie chronique qui finit par gangrener
et sécher les membres qu'elle attaque, diffère essentiellement
du mal des ardens... »
Le Dr Marchand a combattu
vivement ces conclusions; pour lui :
«
il reste avéré que sous les noms divers de feu sacré,
feu saint-Antoine, mal des ardents, les chroniqueurs ont entendu décrire
la même maladie, caractérisée par les mêmes symptômes.
»
Les travaux de culture interrompus, le cours
de la ,justice suspendu, témoignent de l'intensité du mal.
A leur tour, l'Allemagne, la Pologne, la Hongrie, le Danemark, la Suède
sont décimés par l'épidémie. Quant à
l'Islande
que les glaces protègent insuffisamment elle est dépeuplée
(1350-1351).
Dans l'île-de-France, au témoignage de du Breul, la peste
règne durant l'espace de trois ans environ. Elle reparaît
en Italie 1361-1363.
Milan ne réussit plus cette fois à échapper à
la contagion.
Des littérateurs, des historiens
(Boccace, Villani,
Guillaume
de Nangis), des médecins (Guy de Chauliac)
retracent la marche, l'étendue, la gravité de la maladie;
certains symptômes généraux la caractérisent
: taches charbonneuses (papulae nigrae). bubons, prostration des
forces. Des complications particulières, insidieuses, l'accompagnent
selon les régions.
En Angleterre, les crachements de sang
prédominent, en Allemagne, les taches noires, en Italie, les tumeurs
et les éruptions. A Constantinople ,
le mal s'attaque de préférence aux poumons ,
il les enflamme et cause des douleurs excessives.
Partout l'épidémie est contagieuse;
selon l'expression de Boccace, elle se propage
comme
le feu dans du bois sec. Dès qu'une maison est atteinte, à
peine échappe-t-il un habitant. Ceux qui soignent les malades, les
prêtres assistant les mourants, sont victimes de leur zèle.
Les liens sociaux se trouvent pour ainsi dire rompus; l'épouvante
des populations est à son comble, d'autant mieux qu'à cette
lugubre époque la guerre est presque universelle et que les années
1346,1347
se signalent par leurs mauvaises récoltes.
Les fruits
s'offrent abondants, il est vrai, en France, l'année suivante (1348),
mais personne ne songe à les recueillir, et dans
«
On sentait, dit Boccace, naître sur les différentes parties
du corps des tumeurs qui insensiblement devenaient aussi grosses que des
oeufs, et quelquefois davantage, suivant les tempéraments. Peu de
temps après, ces tumeurs gagnaient de proche en proche et dès
ce moment il n'y avait plus de ressources, on voyait aussi le mal se produire
par des taches noires ou blanchâtres tantôt larges et rares,
tantôt petites et en grand nombre - macchie nere o livide [...]
a cui grandi e rade ed a cui minute e spesse... »
Nombre de régions les bestiaux abandonnés
à eux-mêmes périssent.
«
Vit-on jamais, s'écrie Pétrarque,
de semblables désastres? En croira-t-on les tristes annales? Les
villes abandonnées, les maisons désertes, les champs incultes,
les voies publiques couvertes de cadavres, partout une vaste et affreuse
solitude. »
C'est la Peste noire, la peste de la mortalité,
la mort dense. Les lettres de Philippe, roi de
France (juin 1349),
qui autorisent les mayeurs Amiénois à ouvrir de nouveaux
cimetières disent :
«
Les gens se y mœurent si soubtainement comme du soir au lendemain et bien
souvent plus tost assés » (Rec. des monuments du tiers
état, I, p. 544).
On l'appelle aussi la grande peste parce qu'elle
envahit, ou peu s'en faut, tout le monde connu et que les contemporains
n'en ont jamais vu de semblable.
La suette anglaise.
Au siècle suivant (1485),
l'armée du roi Henri VII cantonnée
dans le pays de Galles est atteinte d'une maladie nouvelle, fièvre
pernicieuse qui ne tarde pas à se répandre à Londres
et dans le reste de l'île. Les attaques sont foudroyantes, on succombe
parfois en deux heures; au bout de vingt-quatre heures on est mort ou hors
de danger. Cette maladie se signale par des frissons, le délire,
une soif ardente, un feu dévorant, une sueur abondante répandant
une odeur fétide.
Lors de sa première apparition le
mal atteint exclusivement l'Angleterre, aussi lui donne-t-on le nom de
suette
anglaise, « sudor anglicius».
La convalescence est longue, accompagnée de dysenterie. Contrairement
aux autres épidémies, la suette attaque, dit-on, de préférence
les individus robustes, bien portants, jeunes, et délaisse les faibles,
les enfants, les vieillards. |
|