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Parfum (du
latin per = par, et fumus = fumée, émanation).
- Odeur aromatique, agréable, plus ou moins forte, qui se détache
d'une substance naturelle ou artificielle. L'usage des parfums remonte
à la plus haute antiquité. La Bible
fait donner à Moïse
donne la composition de celui qu'on offrait à Yahveh ,
et de celui qui servait à oindre le grand prêtre et ses fils,
le tabernacle
et les vases sacrés. Ézéchias
conservait des parfums exquis dans ses trésors. Toujours dans la
Bible, Judith
en employa pour captiver Holopherne .
Les Égyptiens se servaient
de parfums, surtout pour embaumer les morts ( Momie ).
Les Arabes, les Babyloniens, et, en général,
tous les Orientaux aimèrent à en porter. Ls Grecs
et les Romains regardèrent les parfums
non seulement comme un hommage dû aux dieux, mais encore comme un
signe de leur présence : chez les poètes, les divinités
annoncent leur apparition en répandant autour d'elles une odeur
d'ambroisie .
A Sparte ,
le luxe des parfums ne parvint pas à s'établir : les parfumeurs
furent chassés, comme gâcheurs d'huile. II en fut autrement
à Athènes ,
bien que Solon eût interdit les parfums,
et, pour les contenir, on fabriqua toutes sortes de boîtes, de façons
et de vases précieux. Chaque partie du corps avait une essence ou
une huile qui lui était propre : la menthe était recommandée
pour les bras, l'huile de palmier pour la bouche et la poitrine; on graissait
les sourcils et les cheveux avec un onguent extrait de la marjolaine, les
genoux avec essence du lierre terrestre, etc. On attribuait, d'ailleurs,
aux parfums des propriétés singulières : l'odeur de
ceux que les convives se faisaient verser sur la tête combattait
victorieusement, croyait-on, celle des vins et des mets, et permettait
de boire sans redouter l'ivresse; le parfum des feuilles de vigne donnait
de la lucidité à l'esprit; celui des violettes blanches favorisait
la digestion, etc. Les riches ne furent pas les seuls à se servir
de parfums, puisque Socrate, blâmant ceux
qui se parfumaient, disait :
"Un
esclave et un citoyen parfumés ont la même odeur."
L'abus engendra des conséquences funestes;
Aristote prétend que la quantité
de chevelures grises qu'on voyait de son temps provenait de l'influence
brillante des épices contenues dans les onguents. A Rome, la vente
des parfums fut d'abord défendue sévèrement : puis
on en fit un usage extravagant. Avant et après les combats, on parfumait
les aigles; on brûlait des parfums sur les tombeaux; l'Arabie ne
produisit pas en une année autant d'encens que Néron
voulut en mettre au bûcher funéraire de Poppée. La
principale rue de Capoue
n'était occupée que par des parfumeurs. Cependant, les hommes
qui se parfumaient finirent par être jugés avec sévérité;
on disait :
Male
olet qui bene olet, bene olet qui nihil olet.
Chez les Modernes, le goût pour les
parfums a beaucoup diminué. Il a été néanmoins
fort vif au XVIe siècle, et les
Italiens excellèrent à le
satisfaire. (B.). |
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