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Lucain (M. Annaeus Lucanus), poète latin, né à Cordoue le 3 novembre 39 après mort en 65. De famille romaine, il était fils d'Annaeus Mela et neveu de Sénèque le père, qui le recommanda à Néron. Après qu'il eut composé un poème en l'honneur du prince, il fut appelé auprès de sa personne, obtint le titre de questeur, mais ne tarda pas à tomber en disgrâce, à cause de la jalousie, dit-on, que son talent inspira à Néron. Il prit part à la conjuration de Pison, fit d'inutiles bassesses pour obtenir sa grâce, puisqu'il alla jusqu'à dénoncer sa propre mère Acilia et finalement mourut avec courage, après s'être fait ouvrir les veines par son médecin.

On cite de lui divers ouvrages en vers et l'on vantait son talent d'avocat. Nous n'avons de lui que sa Pharsale, en dix livres, dont le dernier est inachevé. C'est une épopée historique, sur la guerre civile entre César et Pompée : elle va jusqu'au siège d'Alexandrie, après la mort de ce dernier. Le poète suit à peu près l'ordre chronologique des événements et n'est pas sans valeur historique. Il y fait preuve d'un ardent amour de la liberté; Pompée, qui la représente à ses yeux, y est singulièrement idéalisé, surtout dans les derniers livres; dans les trois premiers, publiés avant sa disgrâce, César est moins maltraité, et le poème débute par l'éloge de Néron. Il ne fait point usage du merveilleux mythologique, qui eût été déplacé dans un sujet aussi moderne; mais il introduit, sous forme d'épisodes, des légendes, des descriptions merveilleuses, des scènes de magie.

Les plus beaux ornements de son oeuvre sont ses tableaux, ses discours dont quelques-uns sont admirables, et ses portraits, plus brillants que justes trop souvent et parmi lesquels les plus remarquables sont ceux de César, de Brutus et surtout de Caton. Sa langue est originale et d'une rare énergie; il manque souvent de mesure et de goût; sa versification a les qualités et les défauts de son style; mais dans toute son oeuvre circule un souffle d'inspiration patriotique et stoïcienne qui lui donne une grandeur et un éclat incontestables; On ne peut s'étonner qu'il ait charmé Corneille après Montaigne, ni qu'il ait été l'objet des jugements les plus opposés : ses qualités géniales et ses défauts, qui sont aussi en grande partie ceux de son âge et de son temps, justifient les admirations les plus enthousiastes et les critiques les plus sévères. L'appréciation de Quintilien est peut-être une des plus équitables : 

« Lucain est ardent, véhément; il abonde en pensées brillantes, et, pour dire mon sentiment, plus fait pour être imité des orateurs que des poètes. » (inst. or., X, I.).


En bibliothèque - Jacqueline Brisset, Les idées politiques de Lucain, Belles Lettres, 1964.

En librairie - Lucain, La Pharsale, Les Belles Lettres (Série latine), 1976, 2 vol. 

Jean-Claude Ternaux, Lucain et la littérature de l'âge baroque en France. Citation, Imitation et Création, Ed.Honoré Champion, 2000.

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