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Thomas
Sanchez
est un jésuite, le plus célèbre
des casuistes pornographes. Il est né
à Cordoue
en 1550, de famille noble et fort dévote, mort en 1610. Il fut admis
au noviciat de la Compagnie de Jésus, en 1567, grâce à
un prétendu miracle opéré
en sa faveur. Il était atteint d'une infirmité de la langue,
qui le faisait bégayer. Suivant les constitutions des jésuites,
cette infirmité devait lui interdire l'entrée de leur ordre.
Mais un jour il pria si ardemment la sainte Vierge
de l'en délivrer, qu'il obtint, raconta-t-on, sa guérison
avant même d'avoir achevé son oraison. Il se rendit digne
de cette dispensation par la ferveur qu'il mit en ses études sur
la philosophie« L'archevêque, le Conseil royal et les religieux des ordres sacrés, toute la noblesse de la ville, et une multitude innombrable du commun peuple assistèrent à ces funérailles, se pressant autour de son corps, couvert de fleurs et brillant d'un éclat virginal (floribus conspersum et eximia quadam specie ac virginali nitore micans); et ils s'efforçaient de le toucher, soit avec leurs rosaires, soit avec leurs baisers. »Les Oeuvres complètes de Sanchez n'ont été récueillies que longtemps après sa mort (Venise, 1740, 7 vol.); elles comprennent les Disputationes de sancto matrimonii Sacramento, éditées pour la première fois à Gênes (1692, in-fol.), et les Opera moralia in procepta Dei (Lyon, 1634-1635), reproduisant diverses dissertations rassemblées et classées en deux parties, dont la première traite des Principia generalia ad omnia praecepta et duo prima praecepta; la deuxième, De religioso statu, de professione, deque tribus solemnibus castitatis, obedientiae et paupertatis votis. Dans ses Lettres
à un provincial « Il est bien raisonnable de dire qu'un homme peut se battre en duel, pour sauver sa vie, son honneur ou son bien en quantité considérable, lorsqu'il est certain qu'on les lui veut ravir injustement, par des procès et des chicaneries, et qu'il n'y a que ce seul moyen de les conserver .[...] ll est permis d'user de termes ambigus, en les faisant entendre dans un autre sens qu'on ne les entend soi-même ».Toutefois, ce sont les Disputationes de sancto matrimonii sacramento qui immortalisent le nom de Sanchez. Il en a fait un monument colossal, répertoriant, classant, examinant, discutant et arbitrant théologiquement tout ce qui est possible, en matière de luxure, dans les rapports de l'homme et de la femme... et même tout ce qui est imaginable, car il est vraisemblable que l'imagination de ce casuiste, dont le corps, dit-on, resta si vierge, dépassa et devança les réalités les plus perverses. Le fantasque, le bizarre, le ridicule sont associés par lui à l'infâme et à l'odieux, avec une prodigieuse abondance. -
Le tome III des Disputationes de sancto matrimonii sacramento. Dès 1649, dans un livre intitulé : le Franc-Archer de la Vraye EgIise, Antoine Fusi appelait l'ouvrage de Sanchez l'Iliade des impuretés, disant que « la possibilité de la plus superlativement faffre et bruslante lubricité n'oseroit monter à cet estage. [...] Une des dignes actions de M. le Président le Jay, lorsqu'il estoit Lieutenant Civil à Paris, fut d'on avoir fait la perquisition et défense aux Libraires d'en avoir, sous peine de la hart ».D'autres ont nommé cet ouvrage le Bréviaire des impudicités. Il dépasse de la hauteur d'une cathédrale tout ce que les pornographes laïques ont composé. Néanmoins, il ne fut jamais condamné formellement par aucune autorité ecclésiastique. Il ne pouvait pas l'être, car il correspond aux mystérieuses nécessités du confessionnal, et peut-être aussi à d'autres nécessités moins avouables. Dès son apparition, il avait été canoniquement approuvé. Quoique les exemplaires imprimés ne portent que la formule ordinaire d'approbation, les historiens de la Compagnie de Jésus prétendent que le censeur auquel le manuscrit fut soumis, avait écrit sur la première page : Legi, perlegi cum voluptate. Ils affirment aussi que Clément VIII tenait le livre et l'auteur en haute estime, et qu'il avait déclaré fermement qu'aucun écrivain n'avait examiné avec plus de diligence et d'abondance que Sanchez, ni éclairci avec plus d'exactitude les controverses qui se rapportent an sacrement du mariage : Serioque pronunciavit nullum usquam scriptorem extitisse qui dubias de matrimonio controversias uberius et accuratius enodasset.Les Disputationes de sancto matrimonii sacramento sont restées une source abondante, à laquelle les casuistes les plus célèbres ont puisé et puiseront. Il est vrai qu'il y a là matière à occuper les longues soirées d'un ecclésiqtique qui s'ennuie. Plusieurs auteurs, tels que Suarez, Cadeus, Ricci, en ont fait des abrégés; les uns en classant les thèmes selon l'ordre alphabétique, les autres en conservant l'arrangement de Sanchez. (E.-H. Vollet). |
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| Francisco
Sanchez
(Sanctius en latin), dit el Escéptico,
est né à Bracara ou à Tuy (1551), sur la frontière
du Portugal Il a laissé : De divinatione per somnum ad Aristotelem, In librum Aristotelis physiognomicum commentarius, de longitudine et brevitate vitae (publiés avec son principal ouvrage dans l'édition de Rotterdam, 1649), des oeuvres médicales, Opera medica, his, juncti sunt tractatus quidam philosophi non insubtiles (Toulouse, 1636, in-4). Il est surtout resté
célèbre par le Tractatus de multum nobili et prima universali
scientia quod nihil scitur, qui parut à Lyon
en 1581, un an après la première édition des Essais
de Montaigne, et fut réimprimé
à Francfort Un second ouvrage où il aurait cherché la méthode de la science et montré qu'on peut constituer une connaissance solide, purgée des « chimères et des fictions sans fondement », n'a pas été rédigé. Son oeuvre reste essentiellement négative. Elle a été combattue par Ulrich Wild (Quod aliquid scitur; Leipzig, 1644), et par Daniel Gartmark (Sanchez aliquid sciens, additae sunt textui notae refutatoriae; Stettin, 1665). (F. Picavet). |
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| Juan
Sanchez
Barba est un sculpteur espagnol,
né près de Burgos
en 1645, mort à Madrid
en 1670. On pense qu'il apprit son art à Burgos ou à Valladolid |
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| Alonso
Sanchez
Coello est un peintre espagnol,
né à Benifayro, province de Valence, de parents portugais,
vers 1515, mort à Madrid
en 1590. Il est vraisemblable qu'il étudia son art, non en Italie Sanchez devint vite
le favori du roi qui lui donna toute sa confiance et le combla de faveurs
et de présents d'argent. De son côté, le cardinal Granvelle,
qui s'était déclaré le protecteur de l'artiste, ne
cessait de lui faire commande sur commande. Les ambassadeurs, les courtisans
et les plus grands personnages des deux royaumes assiégeaient littéralement
son atelier, situé près du palais et que le roi lui avait
donné. La faveur de l'artiste auprès du terrible Philippe
Il devint, d'ailleurs, telle que si le roi ne l'emmenait pas avec lui
dans ses déplacements, il lui écrivait alors de courts billets
adressés A son bien aimé fils Alonso Sanchez Coëllo.
Pacheco, dans son Arte de la pintura, s'étend longuement
sur les attentions, les prévenances et les dons que le roi prodiguait
à son peintre.
Philippe II, par Sanchez Coello (1564). Philippe II prenait
plaisir à poser souvent devant Sanchez, qui le représenta,
soit à cheval et armé, soit en pied ou à-mi-corps;
toutes les personnes de la famille royale furent également ses modèles,
reines, princes, infants et infantes, Les incendies qui dévorèrent
la résidence du Pardo et l'ancien Alcazar de Madrid,
où le roi avait fait placer les ouvrages de Sanchez Coëllo,
firent disparaître la partie la plus vraiment intéressante
de son oeuvre. Cependant, deux importants portraits,
et des plus beaux qu'il ait peints, ceux de l'Infant Don Carlos
et de l'Infante, Isabelle Claire Eugénie ont échappé
aux incendies et sont conservés aujourd'hui au musée du Prado,
en même temps que diverses autres représentations d'infantes,
filles de Philippe II, et d'un personnage que l'on croit être Antonio
Perez.
L'infante Isabelle Claire Eugénie, par Sanchez Coello (ca. 1570). Ces peintures,
traitées d'un pinceau délicat, sont pleines de caractère
et de la plus grande distinction ; elles ne présentent cependant
pas toute la fermeté, la puissance de coloris que l'on trouve chez
Antonio Moro. L'artiste, dans la composition religieuse, se montre inférieur
au portraitiste. Son Mariage mystique
de sainte Catherine, qu'il peignit en 1578, et Saint Sébastien
entouré de saint Bernard et de saint François, qui sont
au musée du Prado, de même que ceux de ses sujets religieux
peints pour l'Escurial
Diego de Covarrubias, évêque de Ségovie, par Sanchez Coello (1574). Sanchez Coello forma plusieurs élèves: Felipe de Liaño, connu pour ses portraits de petite dimension; Pantoja de la Cruz, qui succéda à son maître dans sa charge de peintre du roi, auprès de Philippe III, et enfin sa propre fille Isabelle, portraitiste comme son père, et qui s'acquit une certaine célébrité. (Paul Lefort). |
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| Franciso
Sanchez
de las Brozas, plus connu sous le nom de el Brocense, littérateur
espagnol, né à la Brozas (Caceres A ce qu'un voit dans les ouvrages écrits par el Brocense, il était surtout un pédagogue, doué d'excellentes qualités pour l'enseignement. Sa Minerva seu de causis linguae latinae (Salamanque, 1587) contenait une méthode nouvelle pour l'étude du latin, et jetait les bases d'une grammaire philosophique. Elle fut très répandue en Europe et mérita les éloges des plus grands humanistes étrangers. II publia aussi des commentaires sur Garcilaso de la Vega, qui donnèrent lieu à des polémiques, et sur les Coplas de Mena, des éditions annotées de divers auteurs latins, des traductions d'Epictète (Salamanque, 1600) et de Helt (Declaracion y uso del reloj español... 1549). Ses ouvrages originaux sont : De arte dicendi (1556, avec d'autres éditions); Verae brevesque grammaticae latinae institutiones (Lyon, 1562; Salamanque, 1556, etc.); Arte para saber latin (à la fin de la grammaire précédente). Organum dialecticum et rhetoricum cunctis discipulis utilissimum et necessarium (Lyon, 1579); Sphera mundi (1579); Grammaticae graecae compendium (Anvers, 1581, et Salamanque, 1592, éd. corrigée); De auctaribus interpretandis (Anvers, 1581); Paradoxa, dissertations grammaticales (1582); De non-nullis Porphyrii aliorumque in dialectica erroribus (1588); Universi divisio (inédite, ms à la Bibl. nat.); et des poésies latines. (R. A.). |
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