Les gens

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Condorcet (M. J. Ant. Nec. Caritat, marquis de), né en 1743 à Ribemont près de St-Quentin d'une famille noble, originaire du Dauphiné, se fit dès sa 1re jeunesse un nom comme géomètre, fut reçu à l'Académie des sciences à 26 ans (1769), et devint peu après secrétaire perpétuel de cette compagnie. Il se lia avec les philosophes, surtout avec d'Alembert, Voltaire, Turgot, embrassa avec ardeur la cause de la Révolution et propagea par ses écrits les idées nouvelles. Nommé en 1791 à l'Assemblée législative, puis à la Convention, il vota avec les Girondins et fut au 31 mai (1793), enveloppé dans leur ruine. Mis hors la loi, il fut recueilli pendant huit mois chez une amie mais, craignant d'exposer sa bienfaitrice, il sortit de sa retraite; arrêté bientôt après et détenu au Bourg-la-Reine, il s'empoisonna dans sa prison (mars 1794).

Comme philosophe, Condorcet s'est surtout distingué par son ardent amour pour l'humanité et par des idées hardies sur la perfectibilité indéfinie de l'espèce humaine. Ses principaux ouvrages sont : Essai d'analyse, 1768, où il fit faire de nouveaux pas au calcul Intégral; Éloge des Académiciens (1666-99), 1773; Application de l'analyse aux décisions rendues du la pluralité des voix, 1786; Vie de Turgot, 1786, de Voltaire, 1787; Esquisse des progrès de l'esprit humain, 1795. Ce dernier ouvrage est le plus généralement connu; Condorcet le composa peu avant de mourir, pendant qu'il était caché et sans livres : c'est là surtout qu'il expose ses idées sur la perfectibilité. On a encore de lui : des articles dans l'Encyclopédie; des éditions des Pensées de Pascal, avec des notes de Voltaire, 1776-78, et des Lettres d'Euler (V. Euler) à une princesse d'Allemagne. Ses œuvres ont été réunies en 21 v. in-8,1804, et en 12 v. in-8,1847 et ann. suiv. (par O'Connor, son gendre). Ses manuscrits sont déposés à la bibliothèque de l'Institut. Sa femme, Sophie de Grouchy, sœur du maréchal, morte en 1822, a traduit la Théorie des sentiments moraux de Smith, 1798, et y a joint des Lettres sur la sympathie, adressées à Cabanis, son beau-frère.


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