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Calcul des probabilités
(mathématiques).
- Le calcul des probabilités
a pour but de mesurer les chances d'arrivée des événements
dus au hasard. Il semble, au premier abord, que
de pareilles chances soient peu susceptibles de mesure,
cependant, si l'on y réfléchit, bien que deux événements
soient absolument dus au hasard, on n'hésitera pas, dans bien des
cas, à leur attribue les mêmes chances. Si, par exemple, une
urne contient une boule blanche et une boule noire, parfaitement semblables
de forme, il est bien évident, qu'on fermant les yeux, on aura des
chances égales de porter la main sur la blanche et sur la noire.
Si l'urne contient deux, trois... boules blanches et une noire, il est
clair qu'il y aura deux, trois... fois plus de chances de mettre la main
sur une blanche que sur la noire. La probabilité d'un événement
est le rapport du nombre
des cas favorables à l'arrivée de cet événement
au nombre des cas possibles et également
possibles qui peuvent se présenter quand on attend l'arrivée
de cet événement. Il est clair que la définition
que nous venons de donner du nombre en question est, dans tous les cas,
la véritable mesure de ce que l'on appelle la chance. Quelques exemples
vont nous permettre de bien faire comprendre notre définition.
1°)
Un ,jeu de piquet contient 32 cartes, 4 as, 4 sept..., 4 dix, 4 valets,
4 dames, 4 rois, on tire une carte au hasard, quelle est la probabilité
de tirer un roi? Le nombre des cas également possibles qui peuvent
se présenter est 32, car il est également possible de tirer
l'une quelconque des 32 cartes, 4 cas amèneront l'événement
attendu. Ce sont ceux dans lesquels on tirera un roi; la probabilité
de tirer un roi est donc 4/32 = 1/8, la probabilité de tirer un
coeur est 8/32=1/4, car il y a toujours les
mêmes 32 cas
possibles que tout à l'heure, mais 8 cas favorables qui correspondent
aux 8 coeurs du jeu.
2° Une urne contient
10 boules blanches et 20 boules noires, on en tire 3 à la fois au
hasard, quelle est la probabilité que deux seront blanches et une
noire? On peut considérer comme possibles toutes les combinaisons
de trois boules prises parmi les 30 de l'urne, le nombre des cas possibles
est donc : C(3,30) = (30.29.28)/(1.2.3). Pour trouver parmi ces cas ceux
qui sont favorables, c.-à-d. le nombre de combinaisons formées
de deux blanches et d'une noire, considérant l'une d'elles, ôtons
la noire, nous aurons une combinaison de 2 boules prises parmi les 10 blanches,
le nombre des combinaisons est donc C(2,10) =(10.9)/(1.2), chaque boule
noire correspond une de ces combinaisons concourant à produire un
cas favorable, ce qui fait en tout (10.9)/(1.2) x 20 cas favorables qui
sont également possibles, la probabilité cherchée
est donc : ((10.9)/(1.2).20)/((30.29.28)/(1.2.3)) = 45/203, environ 1/5;
Dans tous les exemples qui précèdent,
la probabilité trouvée a été inférieure
a 1; il en est toujours ainsi, le nombre des cas favorables étant
presque toujours inférieur au nombre de cas possibles; il ne lui
est jamais supérieur, mais peut lui être égal; dans
ce cas, la probabilité représentée par le nombre 1
est une certitude. La probabilité de
tirer une boule blanche d'une urne qui ne contient que des boules blanches
est une certitude, elle est égale à 1. Il est clair que la
probabilité de tirer une boule blanche d'une urne qui ne contient
que des boules noires est 0. 1 est donc le symbole de la certitude de l'arrivée
de l'événement attendu, 0 est le symbole de son impossibilité.
Nous ne pouvons pas ici exposer en détail
les procédés employés dans le calcul des probabilités,
nous nous bornerons à énoncer les principes
sur lesquels on s'appuie, en renvoyant pour leur démonstration
aux ouvrages spéciaux.
Probabilité composée.
Lorsqu'un événement E dépend du concours d'événements
E' E"... dont les arrivées ne s'influencent pas mutuellement, la
probabilité de E est le produit des probabilités de E', E"...
Lorsque, au contraire, un événement E dépend du concours
de deux autres E' et E" et que l'arrivée de E" ne peut avoir lieu
que si E' est déjà arrivé, la probabilité de
E est le produit de la probabilité de E' par celle de E" quand E
est arrivé.
Probabitite totale. Si l'on appelle
cause
d'un événement ce qui lui donne sa probabilité, on
pourra énoncer le principe suivant: si un événement
E peut être attribué à plusieurs causes C, C', C"...,
qui s'excluent mutuellement, si l'on désigne par p, p', p" ... les
probabilités que ces causes agissent, par q, q', q" ... les probabilités
qu'agissant elles donnent respectivement à l'événement
attendu E, la probabilité de cet événement est pq
+ p'q' + p"q" +...
Théorème de Bayes.
Soient p, p', p"... les probabilités que des causes c, c', c"...,
indépendantes, agissent pour produire l'événement
E, soient q, q', q"... les probabilités que, ces causes agissant,
elles donnent à l'événement E, la probabilité
que, l'événement E étant arrivé, la cause c
a produit l'événement, est : pq /(pq + p'q' + p"q"...). La
probabilité que la cause c' l'a produit est : p'q'/(pq + p'q' +
p"q") et ainsi de suite.
Pour terminer cet article on mentionnera
une partie du calcul des probabilités qui a pour but de faire connaître
les faits qui, sans être certains, ont cependant de très grandes
chances de se produire; dans cet ordre d'idées, il convient surtout
de mentionner un célèbre théorème de Jacques
Bernoulli qui peut s'énoncer comme il suit : si un événement
a une probabilité p, il se présentera dans un très
grand nombre s d'épreuves un nombre de fois égal à
sp±e,
et la quantité e
est de l'ordre de la racine carrée du nombre s des épreuves.
Le théorème de Bernoulli fait
connaître la probabilité P très voisine de l'unité,
que e
sera inférieur à une limite donnée l.
Inversement, si dans s épreuves
on observe un événement E, m fois sa probabilité sera
m/s±e,
et e
sera de s l'ordre de la racine carrée de s. Ces théorèmes
et quelques autres analogues sont d'une grande utilité pratique.
Parmi les applications du calcul
des probabilités, il faut placer en première ligne la théorie
des jeux de hasard. Ce sont d'ailleurs des questions relatives aux jeux
qui ont donné naissance au calcul des probabilités dont Pascal
et Fermat sont des inventeurs. La théorie
du jeu a aussi son côté pratique; la théorie des assurances
sur la vie, contre l'invalidité..., fait partie de la théorie
du jeu.
Le calcul des probabilités est la
base de toute statistique sérieuse, il fournit aux physiciens, aux
astronomes, etc. des moyens précieux pour discuter leurs expériences
ou les résultats de leurs calculs, enfin il permet souvent de contrôler
certaines affirmations, de retrouver des erreurs, etc.
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En
bibliothèque - Gouraud, Histoire
du calcul des probabilités; Paris, 1848, in-8.-A. Cournot, Essai
sur les fondements de nos connaissances et sur les caractères de
la critique philosophique; Paris, 1851,2 vol. in-8; Poisson, Recherches
sur la probabilité des jugements (ouvrage assez complet et cependant
facile à lire). - Laplace,
Théorie analytique des
probabililés (ouvrage qu il ne faut lire que si l'on a déjà
quelques notions sur le calcul des probabilités). - Jacques Bernoulli,
Ars conjectandi. - Les œuvres de Pascal. - Traités
de Lacroix, Cournot, Liagre, Laurent, Bertrand, Poincaré (par ordre
chronologique). |
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