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Clairaut,
Alexis Claude (7 mai 1713 à Paris - 17 mai 1765) - Il montra dès
son enfance une aptitude très grande pour les mathématiques,
qu'il étudie sous la direction de son père, qui enseignait
cette discipline. A l'âge de 10 ans, il comprenait les ouvrages du
marquis de L'Hôpital sur les sections
coniques et les infiniment petits. Dès l'âge de 12 ans et
8 mois, il composa un Mémoire sur quatre courbes nouvelles; ce travail,
présenté a l'Académie des
Sciences, attira tellement son attention qu'elle soumit le jeune auteur
à un sévère examen dont il sortit à son honneur,
comme le constate un certificat élogieux signé par de Fontenelle.
Les Recherches sur les Courbes à double courbure qu'il écrivit
à l'âge de 16 ans lui valurent la faveur d'étre nommé
par Louis XV membre de l'Académie des
Sciences, deux ans avant l'âge réglementaire de 20 ans.
En 1736, Clairaut fit partie de l'expédition
en Laponie dirigée par Maupertuis,
pour la mesure d'un degré du méridien
terrestre ( Voyage
en Laponie). Les résultats de ses études particulières
dans ce pays sont exposés dans son Ouvrage Figure de la Terre
tirée des lois de l'Hydrostatique (1740). Dans ce livre, qui
est un chef-d'oeuvre de précision, il parvient à trouver
la forme de la Terre
et une valeur numérique de son aplatissement, en supposant que notre
globe tourne autour de son axe et que ses particules sont soumises à
la loi de l'attraction universelle .
Vers le milieu de 1747, Clairaut présenta
à l'Académie des Sciences un Mémoire sur le problème
des trois corps ,
où le mouvement de la Lune
autour de la Terre est étudié, en tenant compte de l'attraction
du Soleil .
Parmi les résultats qu'il obtint, citons l'explication de l'évection .
En novembre 1747, Clairaut lut à
l'Académie des Sciences un Mémoire sur la Théorie
de la Lune dans lequel il déclare que la loi de l'attraction
universelle est insuffisante, car elle l'a conduit à trouver, pour
le mouvement de l'apogée
de la Lune, une vitesse qui n'est que la moitié de celle que donnent
les observations. Mais de Buffon s'étant
montré contraire à l'idée d'abandonner la théorie
de Newton sans avoir fait des recherches plus
approfondies, Clairaut calcula plus de termes de la série relative
au mouvement de la Lune et trouva un résultat convenable. En avouant
publiquement son erreur, celui-ci mit fin à la joie que les adversaires
de Newton s'étaient trop vite empressés de manifester. Ce
Mémoire, augmenté de Tables de la Lune, fut couronné
en 1792 par l'Académie de Saint-Pétersbourg (fondée
en 1724 par Pierre-le-Grand). En 1765, Clairaut en publia une édition
plus complète sous le rapport théorique.
En appliquant les méthodes qu'il
avait employées pour la théorie de la Lune, il a écrit
en 1757 un Mémoire sur l'orbite
apparente du Soleil, en tenant compte des perturbations
produites par la Lune et par les principales planètes .
Clairaut commença à la fin
de 1757 les longs calculs relatifs à la comète
de 1682, dont Halley avait prédit le retour
de 1758 a 1759; il tint compte, comme celui-ci, de l'attraction de Jupiter ,
et en outre de celle de Saturne .
Grâce à l'aide de plusieurs calculateurs, il fut en mesure
d'annoncer, dans la séance de l'Académie des Sciences du
14 novembre 1758, que la comète Halley paraîtrait au commencement
de janvier 1759 et passerait à son périhélie vers
le 13 avril de la même année. Comme ces deux prédictions
furent en conformité parfaite avec les époques où
se produisirent les phénomènes annoncés, Clairaut
fut grandement loué et admiré dans toute l'Europe.
De 1759 à 1761, une polémique
au sujet de la théorie du mouvement des comètes s'engagea
entre Clairaut et D'Alembert dans le Journal
des Savants : le public se rangea du côté du premier et
les géomètres furent sur plusieurs points d'accord avec le
second.
Clairaut eut d'illustres disciples, entre
autres Mme Du Châtelet et Bailly.
(Lebon, 1899). |
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