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Collège
de Navarre, à Paris
(Ve'
arrondissement).
- Cet établissement se trouvait rue
de la Montagne-Sainte-Geneviève et avait été fondé
par Jeanne de Navarre, femme de Philippe-le-Bel,
en 1304.
«
Il n'y a point de collége, dit Piganiol, qui ait reçu de
plus grands honneurs ni de plus grandes marques de distinction que celui-ci.»
«C'était, ajoute Jaillot, l'école de la noblesse française
et l'honneur de l'Université.» «Henri IV y fut mis,
dit l'historien Matthieu, pour y être institué aux bonnes
lettres. Il y eut pour compagnons le duc d'Anjou, qui fut son roi (Henri
III), et le duc de Guise, qui le voulut être.»
C'était le seul collège de Paris
où il y eût exercice complet, c'est-à-dire où
l'on enseignât la théologie,
la philosophie
et les humanités. Louis XIII et Richelieu
réunirent à cet établissement les collèges
de Boncourt et de Tournay. Parmi ses professeurs ou ses élèves,
on compte Oresme, Gerson,
Ramus,
Richelieu,
Bossuet,
Condorcet,
etc.
-
Le
Collège de Navarre,
par J.-C. Nattes (1809).
Ce collège fut détruit en
1790, et en 1804 on y transféra l'École Polytechnique, qui,
fondée en 1795, avait été d'abord placée au
Palais-Bourbon. On sait que c'est
à Carnot et à Prieur de la Côte-d'Or qu'on doit l'idée
première de cette belle institution, qui a rendu de si grands services,
qui a formé tant d'hommes illustres.
Les élèves de cette école
ont joué un grand rôle dans l'histoire des diverses révolutions
de Paris : en 1814, ils étaient à
la barrière du Trône, résistant avec les canons de
la garde nationale à la cavalerie des alliés; en 1830, le
peuple alla les chercher et les mit à la tête de ses bandes
insurgées; en 1832, ils prirent part à l'insurrection de
juin; en 1848, ils servirent d'abord de généraux aux hommes
des barricades, puis d'aides de camp au gouvernement provisoire. Aussi
cette école, qui alimentait les corps savants et donnait accès
à des carrières privilégiées, jouissait-elle
d'une grande popularité.
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Façade
du Collège de Navarre.
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