|
|
|
|
Dictionnaire
|
|
| Hôtel
des Monnaies, à Paris il est dit : « que saint Louis donna aux religieux une propriété appelée de la Monnaie. »Au commencement du XIVe siècle, un Hôtel des Monnaies était établi dans la rue qui en porte encore aujourd'hui le nom (Ier' arrondissement); les bâtiments y subsistèrent jusqu'à l'entière construction de l'édifice du quai de Conti. L'ancien Hôtel des Monnaies, tombant en ruine, fut alors abattu. En vertu des lettres-patentes du mois d'août 1776, on ouvrit sur son emplacement les rues Boucher et Estienne. « Louis [XV], etc. Par nos lettres-patentes du 7 janvier 1765, nous aurions ordonné, attendu la vétusté de notre hôtel actuel des Monnaies à Paris, qu'il en serait construit un autre sur le terrain vague entre la rue Royale et celle des Champs-Élysées (ci-devant appelée de la Bonne-Morue), derrière les façades qui servent de décoration à la place où est posée notre statue équestre; ils nous aurait été représenté par nos chers et amés les prévôt des marchands et échevins de notre bonne ville de ParisCe monument remarquable par ses nobles proportions, a été construit sous la direction de Jacques-Denis Antoine, architecte. Le principal corps de l'édifice, dont la façade se développe sur le quai de Conti, renferme : un magnifique vestibule orné de vingt-quatre colonnes doriques; un bel escalier que décorent également seize colonnes ioniques; un vaste cabinet de minéralogie richement ordonné; plusieurs pièces où sont placées des machines; des salles pour l'administration, accompagnées de grands logements. Au fond de la grande cour est située l'ancienne salle du monnayage. Elle a 20 m de longueur sur 13 m environ de largeur. L'architecte a pris soin de l'isoler afin d'éviter aux autres bâtiments les effets de l'ébranlement produit par le jeu des balanciers. Au dessous on trouve l'ancienne salle des ajusteurs; le surplus des constructions était employé aux fonderies, aux laminoirs, et on y fabrique encore aujourd'hui des poinçons officiels (Poids et Mesures), la monnaie étant frappée à Pessac (Gironde). La décoration de la façade principale, percée de vingt-sept fenêtres, consiste en un avant-corps de six colonnes 'ioniques, élevées sur un soubassement de cinq arcades, ornées de refends en bossages. Un grand entablement avec consoles et modillons, couronne l'édifice dans toute sa longueur. Au-dessus de l'avant-corps est un attique au-devant duquel ont été placées six statues la Loi, la Prudence, la Force, le Commerce, l'Abondance et la Paix. La seconde façade, sur la rue Guénégaud, a son soubassement enrichi de bossages. L'avant-corps du milieu est orné de quatre statues représentant les quatre éléments. La cour principale, entourée d'une galerie, a 36 m de profondeur sur 30 de largeur. La salle des balanciers s'annonce par un péristyle de quatre colonnes 'doriques. La voûte intérieure s'appuie sur quatre colonnes dont le style se rapproche de l'ordre toscan. Au fond de celle-ci s'élève une statue de la Fortune. Le cabinet de minéralogie, qui occupe l'avant-corps du milieu, au premier étage, est décoré de vingt colonnes 'corinthiennes d'un grand module, qui supportent une tribune régnant au pourtour, dans la hauteur du deuxième étage. Ce cabinet est orné de bas-reliefs et d'arabesques. Les corniches, les chambranles des portes et des croisées sont enrichis d'ornements dorés dont les sculptures sont distribuées avec un goût dont la délicatesse est pleine d'harmonie et de pureté. On a placé en 1839, sur le palier de l'escalier d'honneur de l'hôtel des Monnaies, le buste en bronze de l'architecte Antoine. C'est un juste hommage rendu à la mémoire d'un homme qui de simple maçon; est devenu l'égal des plus grands artistes du XVIIIe siècle. (L.) |
|
© Serge Jodra, 2006. - Reproduction interdite.