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| Arrière-plans | ||
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Le club des Jacobins |
| Aperçu | Causes | Constituante | Législative | Convention | Directoire |
| Le club
des Jacobins fut au début ce que nous appelerions aujourd'hui
une réunion parlementaire, dont l'origine date du séjour
des Etats généraux
à Versailles Les membres nouveau club prirent le titre de Société des amis de la Constitution, séante aux Jacobins; à Paris. On ignore la date exacte de la fondation de cette société, mais elle n'est probablement pas antérieure au mois de décembre 1789 et elle n'est sûrement pas postérieure au mois de janvier 1790. La société siégeait au réfectoire des Jacobins pendant les premières semaines de son existence; puis, jusqu'au printemps de 1791 dans la bibliothèque; enfin du 29 mai 1791 jusqu'à la fin; dans la chapelle du couvent, qui, devenue bien national avait été louée par l'Etat aux membres de la société : le bail il était au nom de l'un d'eux, le citoyen Guiraut. D'abord réservé
aux seuls députés, le club
se donna, le 8 février 1790;
un règlement dont le préambule avait été rédigé
par Barnave. C'était un programme politique,
celui de la majorité de l'Assemblée nationale. Les Jacobins
se donnaient pour tâche de défendre contre les retours offensifs
de l'Ancien régime
les articles constitutionnels déjà décrétés.
Ils se proclament monarchistes, et leur devise est : La loi. D'autre
part; ils sedéfinissent eux-mêmes comme « une société
établie auprès de l'Assemblée nationale et, renfermant
un grand nombre de députés des différentes provinces
», une société offrant « un centre commun à
celles qui s'établiront dans tout le royaume ». Et en effet
d'innombrables, succursales ou sociétés affiliées
s'établirent bientôt, il y en eut dans toutes les villes et
dans beaucoup de villages. Toutes correspondaient avec la société-mère
et recevaient d'elle le mot d'ordre. Les Jacobins aspiraient à former
un esprit public dans un pays si neuf à la politique; ils voulaient
créer l'unité morale de la nation. Ils se firent les instituteurs
du peuple; ils lui préchèrent la foi nouvelle, et c'est ainsi,
que peu à peu s'introduisit dans leur style et dans leurs gestes
une sorte de pédantisme autoritaire qu'on a raillé
sous le nom de jacobinisme. Mais en réalité leur doctrine
varia avec les circonstances, et, comme la France La société mère n'avait pas tardé à admettre des membres étrangers à l'Assemblée nationale. Pendant toute sa période monarchique, elle exclut l'élément populaire, .et n'admit que l'élite de la bourgeoisie parisienne; des négociants, des avocats; des médecins comme Cabanis, des professeurs comme les deux Guéroult, des savants, comme Broussonnet, Lacépède et Vandermonde, des artistes comme le graveur Bervic et les peintres David et Carle Vernet, et surtout des littérateurs comme Andrieux, Bitaubé, Marie-Joseph.-Chénier; Choderlos de Laclos, Cloots, l'abbé de Cournand, professeur au Collège-de France, Fabre d'Eglantine, Fenouillot de Falbaire, La Harpe, Sylvain Maréchal, Mercier, Noël, Sedaine, Charles Villette. Le 15 novembre 1791 un scrutin nous montre que les Jacobins étaient au nombre de 1211. Les séances ne fuirent publiques qu'à-partir du 12 octobre 1791. Le président
du club était nommé pour un mois. Tant que Louis
XVI fut sur le trône, ces présidents furent; des hommes
assez modérés, par exemple le duc d'Aiguillon, le duc de
Noailles, Adrien du Port, Mirabeau, Victor de
Broglie, Beauharnais, etc. Pendant toute cette période, les débats
du club, furent très graves et très corrects; il n'y eut
que quelques excentricités individuelles, aussitôt réprimées
par la majorité, dont les; actes et les circulaires n'eurent pas
seulement pour objet la lutte contre l'Ancien
régime, mais aussi la lutte contre toute agitation démagogique.
Après la fuite à
Varennes, les Jacobins persistèrent à soutenir la monarchie,
tout en blâmant Louis XVI, et c'est dans cette circonstance que se
dessina leur antagonisme, avec le club
des Cordeliers. Mais ils auraient voulu que l'on jugeât Louis
XVI, qu'on le consi dérât comme ayant abdiqué, qu'on
le remplaçât par un autre roi. C'est, ce voeu qu'exprima en
juillet 1791
une
Alors commence la
seconde période de l'histoire du club des Jacobins, ou période
républicaine. Ils s'employèrent à faire accepter la
République
par la France Les Jacobins représentent
fidèlement les passions de la France à cette époque.
Ils s'épurent eux-mêmes, ils éliminent les éléments
modérés, les amis de Brissot, les
Girondins.
Ils sont à la fois les instruments et les surveillants de la dictature
révolutionnaire. Ils prennent une part directe, officielle, au gouvernement,
surtout dans les départements, où souvent les représentants
en mission chargent le club local de destituer et de remplacer les administrations.
Ils reçoivent parfois de l'Etat des subventions secrètes.
Les comités révolutionnaires sont formés de leurs
membres. La société mère gourmande et aiguillonne
la Convention; elle frappe
de suspicion les généraux infidèles ou malheureux,
et ses pétitions sont parfois des ordres. Néanmoins, à
Paris C'est dans le club des Jacobins que Robespierre attaque et condamne le culte de la Raison, l'hébertisme. C'est dans le club des Jacobins qu'il propose le culte de l'Etre suprême, qu'il tâche de rassurer les intérêts et la conscience des catholiques, qu'il prépare ce qu'on a appelé son pontificat. Trop souvent les Jacobins se font les complices de ses haines et l'aident à faire périr ses rivaux. Leur admiration pour Robespierre les entraîne jusqu'à approuver, encourager l'effusion du sang français. Sans doute il y avait dans le club assez d'éléments antirobespierristes pour qu'à la veille même de la fête de l'Étre suprême, Fouché fût élu président. Mais la majorité était inféodée à Robespierre; le 9 thermidor au soir elle prit en sa faveur une attitude insurrectionnelle; elle fut vaincue avec lui; la salle des séances fut provisoirement fermée et plusieurs Jacobins périrent sur l'échafaud. Les vainqueurs rouvrirent
et épurèrent à leur image la société
des Jacobins. Bientôt les éléments « terroristes
» y rentrèrent. Billaud-Varenne
y annonça le réveil du lion et le club
fut un centre d'opposition à la politique nouvelle, à la
réaction thermidorienne. Les Jacobins n'étaient plus soutenus
par l'opinion; ils ne représentaient plus la France Les Jacobins de Paris |
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© Serge Jodra, 2008. - Reproduction interdite.