 |
Grouchy
(Emmanuel, marquis de). - Maréchal de France, né à
Paris
en 1766, d'une famille noble de Normandie ,
mort en 1847, était en 1789 sous-lieutenant des gardes du corps.
Il adopta les idées nouvelles, se distingua dans les premières
guerres de la Révolution, et fut nommé dès 1793 général
de brigade. Privé de son grade par le décret qui excluait
tons les nobles, il s'engagea comme simple soldat et obtint bientôt
sa réintégration.
Envoyé en 1798 à l'armée
d'Italie ,
sous les ordres de Joubert, il détermina l'abdication du roi de
Sardaigne ,
et réunit ainsi le Piémont
à la France .
Il prit une part glorieuse à la bataille de Novi, où il reçut
14 blessures; aux victoires d'Hohenlinden, d'Eylau ,
de Friedland ,
de Wagram ,
de la Moscova ;
aux combats de Brienne ,
de La Rothière, de Vauchamps, de Craonne, où il fut grièvement
blessé.
Emmanuel de Grouchy fut, pendant les Cent-Jours
(1815), opposé au duc d'Angoulême
dans le Midi, le fit prisonnier, et reçut de l'Empereur
à, cette occasion le bâton de maréchal. Appelé
ensuite en Belgique ,
y joua un rôle important ; il marchait, selon ses instructions, à
la poursuite de Blücher avec un corps de 30 000 hommes, lorsque se
livra la bataille de Waterloo
(18 juin); ne recevant pas d'ordre, il ne put venir prendre part à
la bataille, quoiqu'il entendit le bruit de la canonnade et qu'il fut impatiemment
attendu de l'Empereur : cette fatale absence décida du sort de la
journée.
La Restauration refusa de reconnaître
à Grouchy le titre de maréchal, qui ne lui fut confirmé
qu'en 1831; il fut nommé pair en 1832. il a publié divers
écrits pour expliquer sa conduite à Waterloo, notamment des
Fragments
historiques, 1840.
Deux soeurs du marquis de Grouchy épousèrent,
l'une Condorcet, l'autre Cabanis,
et se tirent remarquer par leur esprit et leurs qualités.
Le maréchal a laissé deux fils qui se sont aussi distingués
dans l'armée : tous deux sont devenus généraux de
division. |
|