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| Arrière-plans | ||
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Le Comité de Salut public |
| Aperçu | Causes | Constituante | Législative | Convention | Directoire |
| Il faut insister avec un peu
de détail sur l'organisation de ce célèbre comité.
On ne peut s'en expliquer la formation et le rôle que si on se rappelle
les idées des hommes de la Révolution
sur le pouvoir exécutif. C'était pour eux un principe que
ce pouvoir devait être absolument séparé, non seulement
du judiciaire, mais du législatif. D'autre part la lutte que la
nation avait soutenue contre la royauté avait déconsidéré
le pouvoir exécutif considéré en soi. Les conventionnels,
comme les constituants, comme les législateurs, répugnaient
donc par principe et par sentiment à exécuter eux-mêmes
leurs propres décrets, à être ministres. Le conseil
des ministres ou conseil exécutif provisoire, créé
le 10 août 1792, était
composé de personnes prises en dehors de l'Assemblée. Cependant
la Convention avait été
amenée par la gravité des circonstances à activer
elle-même le gouvernement, à le diriger. Dans cette vue elle
créa, le 1er janvier 1793,
un comité de défense générale, pris dans son
sein, pour surveiller Ie gouvernement et mettre de l'unité dans
la direction des opérations militaires et diplomatiques. Ce comité
fut composé de vint-quatre membres, presque tous girondins. Il fut
renouvela le 25 mars et les chefs de la Montagne
y entrèrent, quoique la majorité en restât girondine.
Trop nombreux, délibérant
en public, n'agissant pas, le comité de défense générale
remplissait mal sa fonction. La trahison de Dumouriez
fit éclater son impuissance. Il dut proposer (3 avril) son propre
remplacement par une « commission d'exécution
». Le 6 avril, la Convention décréta qu'iI serait formé,
par appel nominal, un comité de Salut public, composé de
neuf membres de la Convention, qui délibérerait en secret,
surveillerait et accélérerait l'action du conseil exécutif
et pourrait même suspendre ses arrêtés, à la
charge d'en informer sans délai la Convention. Il était de
plus autorisé à prendre des mesures de défense générale
extérieure et intérieure, et le conseil exécutif devait
exécuter ses arrêtés. Cent mille livres étaient
mises à sa disposition pour dépenses secrètes. II
n'était établi que pour un mois, mais les pouvoirs de ses
membres furent mensuellement renouvelés jusqu'au 10 juillet. suivant.
Les premiers membres furent élus dans l'ordre suivant : Barère,
Delmas, Bréard, Cambon, Danton,
Jean de Bry, Guyton-Morveau, Treilhard, Delacroix. De Bry ayant refusé
fut remplacé par Robert Lindet. Le Comité siégea d'abord
à l'hôtel d'EIbeuf, puis aux Tuileries Dans sa première séance (7 avril), il élut pour président Guyton, mais son véritable chef fut Danton. Il siégea deux fois par jour. Il se divisa en quatre sections : Danton et Barère se chargèrent des affaires étrangères; Delmas et Delacroix, de la guerre; Treilhard et Bréard, de la marine; Cambon, Guyton et Lindet, de la correspondance, de l'intérieur, des subsistances et des finances, de la distribution du travail dans les autres départements ou sections du comité et de la surveillance des bureaux (arrêté du 10 avril 1793). Le 30 mai, on adjoignit au comité, sous prétexte de préparer la constitution, cinq membres nouveaux : Hérault de Séchelles, Ramel, Couthon, Saint-Just et Mathieu; puis le 12 juin, Gasparin et Jeanbon Saint-André. Alors il se divisa en cinq sections : 1° Correspondance générale : Cambon, Berlier, Saint-Just, Couthon, 2° Affaires étrangères : Barère, Danton, Hérault de Séchelles; 3° Guerre : Gasparin, Delacroix, Delmas; 4° Marine : Guyton, Jeanbon Saint André; 5° Contributions publiques, Intérieur et Justice Ramel, Mathieu. Le 29 juin, Danton affirma sa prépondérance en entrant dans la section de la guerre sans quitter celle des affaires étrangères, et, le même jour, l'administration des finances fut expressément confiée à Cambon. Les pouvoirs du comité avaient été étendus par différents décrets : par les représentants en mission, qui correspondaient directement avec lui, il tenait dans sa main toutes les affaires. Mais ses opérations militaires et diplomatiques, quoique sagement conçues, ne réussirent pas. Au commencement de juillet 1793,
la France Il faut nommer ici le principal secrétaire du comité, le citoyen Pierre, qui paraît avoir été un auxiliaire habile et dévoué de ses opérations. Voici comment le travail était divisé entre les membres du comité : Billaud, Collot et Couthon correspondaient avec les représentants et les autorités; Saint-Just s'occupait de législation constitutionnelle; Jeanbon Saint-André avait la marine; Carnot, le personnel et le mouvement des armées; Prieur (de la Côte-d'Or), la fabrication des armes et des munitions, le service des hôpitaux, les expéditions aux départements; Robert Lindet, les subsistances, l'habillement et les transports, et il était aidé par Prieur (de la Marne), qui avait également dans ses attributions les finances et les cultes; enfin Barère était chargé des affaires étrangères, d'abord avec Hérault de Séchelles, puis seul. Quant à Robespierre, il s'était occupé d'abord d'instruction publique, puis il avait pris peu à peu le rôle d'un ministre dirigeant sans portefeuille. Il surveillait, il exprimait à la Convention la pensée morale du gouvernement, il affectait de se tenir dans des régions supérieures et de ne pas mettre la main à la besogne, saut pourtant dans les questions de police. II créa même, en 1794, avec ses intimes, Couthon et Saint-Just, un bureau de haute police révolutionnaire, qui lui servait à préparer ses projets secrets. Les pouvoirs du second comité de Salut public étaient bien plus considérables que ceux du premier : le 28 juillet 1793, la Convention l'avait autorisé à décerner des mandats d'amener et d'arrêt contre les personnes suspectes et prévenues; le 2 août suivant, elle avait mis à sa disposition 50 millions « pour pouvoir donner plus d'activité aux mouvements politiques »; le 10 octobre 1793, toutes les autorités furent formellement placées sous sa surveillance. Il devint la tête du gouvernement révolutionnaire tel qu'il fut organisé par le décret du 14 frimaire an II, et le décret du 12 germinal. suivant, qui supprima le conseil exécutif, accrut encore l'autorité du comité de Salut public. Les succès des armées françaises
et en particulier la victoire de Fleurus Le comité de Salut public fut violemment désavoué, le 9 thermidor an Il, par la Convention, qui envoya à l'échafaud Robespierre, Saint-Just, Couthon. Les autres membres restèrent en fonctions, mais le 11 thermidor Convention décréta que le comité de Salut public serait renouvelé par quart tous les mois; il devait être désormais composé de douze membres. Le 13, elle lui adjoignit Bréard, Eschassériaux, Laloy, Thuriot, Treilliard et Tallien. Le 15 fructidor an II, le comité tire au sort les trois membres à remplacer : ce sont Carnot, Lindet, Barère; en outre, Collot, Billaud et Tallien démissionnent. Pour ramener le nombre de membres du comité au chiffre de douze, la Convention ne leur nomma que quatre successeurs, Delmas, Cochon, Fourcroy et Merlin (de Douai). Carnot fut réélu au comité le 15 brumaire an III. La fréquence de ce renouvellement partiel ôta au comité une grande partie de son prestige et de son pouvoir. D'autre part, ce renouvellement y fit entrer tour à tour les membres les plus distingués de l'Assemblée. Quant aux ex-membres du grand comité de Salut public, ils furent presque tous, et tour à tour, l'objet de décrets d'arrestation, Dans le long procès de tribune qui leur fut intenté, ils furent attaqués et se défendirent dans des mémoires qui sont d'importants documents pour l'histoire même du comité. On en trouvera la bibliographie détaillée dans l'introduction au Recueil des actes du comité de Salut public, p. 5. Le comité de Salut public dura jusqu'à la fin de la Convention, et même il lui survécut de quelques jours, puisque le dernier de ses arrêtés est daté du 13 brumaire an IV (4 novembre 1795). |
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© Serge Jodra, 2008. - Reproduction interdite.