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Fontenelle
(Bernard le Bovier de), l'homme le plus universel de son siècle,
né à Rouen le 11 février 1657, m. à Paris le
9 janvier 1757, âgé de 100 ans, était, par sa mère,
neveu de Corneille. Il remporta dès
l'âge de 14 ans un prix académique, se fit connaître
par des poésies légères et pastorales, donna en 1680
une tragédie, Aspar, qui fut sifflée;
prit part à la querelle sur le mérite des anciens, et se
déclara pour les modernes; fit des opéras, entre autres Thétis
et Pélée, qui eut du succès, publia un roman médiocre,
les Lettres du chevalier d'Her***, donna en 1680 ses Dialogues
des morts, qui furent bien accueillis, et fit paraître en 1686
les Entretiens sur la pluralité des Mondes, puis l'Histoire
des oracles, d'après Van Dal, ouvrages qui le placèrent
parmi les bons écrivains de l'époque, et le firent admettre
à l'Académie française
en 1691.
Dans la seconde moitié de sa vie
il se livra plus spécialement aux sciences exactes, composa la Préface
de l'analyse des infiniment petits de L'Hôpital,
et donna lui-même la Géométrie de l'infini (1727).
Il entra en 1697 à l'Académie des sciences, et fut de 1699
à 1737 secrétaire de cette compagnie; il rédigea en
cette qualité l'Histoire de l'Académie (1666-99),et
les Eloges des Académiciens, qui sont regardés comme
le modèle du genre. il s'occupa aussi de métaphysique et
professa le cartésianisme tout en
s'écartant de Descartes sur la question
de l'origine des idées; il a laissé un traité Du
Bonheur et un Projet de traité de l'esprit humain.
Fontenelle brille surtout par la clarté
et la simplicité du style; il eut le talent de mettre les matières
scientifiques à la portée de tous les lecteurs. Il se fit
une réputation dans le monde par la finesse de son esprit et l'à-propos
de ses reparties. Portant jusqu'à l'excès la réserve,
il disait que s'il tenait toutes les vérités dans sa main,
il se garderait bien de l'ouvrir. On lui a reproché de la sécheresse
et de l'égoïsme; on cite cependant de lui des traits de générosité;
il était d'ailleurs sensible à l'amitié et fut étroitement
lié avec Lamotte.
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Editions
anciennes - Ses œuvres ont été
publiées en 1758, 11 vol. in-12- 1790, 8 vol. in-8, et 1825, 5 vol.
in-8. D'Alembert et Garât ont écrit
son Éloge. |
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