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| Encyclopédie | ||
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Fleuves, rivières, ruisseaux |
| Au sens général
du mot, rivière est synonyme de cours d'eau. C'est,
du moins, le langage de la navigation et du droit. Les géographes,
au contraire, ont coutume de distinguer les fleuves, qui se jettent
dans la mer par une embouchure en forme d'estuaire
ou de delta, et les rivières, qui se jettent
en un point appelé confluent dans un
fleuve ou dans une autre rivière, ou encore dans un lac.
En outre, lorsque le cours d'eau a une allure impétueuse, que sa
pente excède, en moyenne, 0,05 m à 0,06 m par mètre,
on l'appelle plus spécialement torrent. Si son lit est peu
large et son débit minime, c'est un ruisseau ou un ru.
Le point où un cours d'eau a son
origine est sa source. De cette source à
son confluent ou à son embouchure, il reçoît, de part
et d'autre, directement ou par l'intermédiaire d'affluents,
toutes les eaux qui découlent des terrains plus élevés.
La région, délimitée par une ligne de faite ou ceinture,
dont il reçoit ainsi les eaux, constitue son bassin.
Tout cours d'eau, si faible soit-il, a un bassin. On appelle plus particulièrement
bassin fluvial celui qui embrasse les bassins d'un fleuve et de ses divers
affluents.
La Garonne, à Saint-Martory (Haute-Garonne). (Photo : S. Jodra, 2008). Certains cours d'eau ne peuvent jamais être utilisés par la navigation, soit que leur largeur ou leur profondeur restent jusqu'à la fin insuffisantes, soit que leur courant demeure torrentiel, ou que des obstacles barrent leur lit. Pour les autres, on distingue le point où ils deviennent flottables et celui où ils deviennent navigables. Ces points, qui sont déterminés officiellement dans chaque pays, et que marquent respectivement sur les cartes une petite rame (symbole pratiquement abandonné aujourd'hui) et une petite ancre, ne correspondent d'ailleurs pas toujours à la réalité. Ainsi, la Seine, qui, administrativement, est déclarée navigable à partir de Méry, ne le devient, en fait, que 26 kilomètres plus bas, à Marcilly. Le tableau ci-dessous permet la comparaison
entre les fleuves les plus importants.
qui est fait de tel ou tel bras comme origine du fleuve. Hydrologie et hydrométrieOrigine et régime des eaux fluviales.La pluie, après sa chute, se divise en trois parties, variables avec la nature du sol (et d'autres facteurs tels que la température) : l'une qui s'y infiltre, l'autre qui ruisselle à sa surface, la troisième qui s'évapore à nouveau ou est absorbée par la végétation. C'est aux deux premières que les cours d'eau doivent naissance. Plus les terrains sont perméables, plus les eaux d'infiltration prédominent, plus les sources sont nombreuses et abondantes. Si, au contraire, le sol est essentiellement imperméable, les cours d'eau se trouvent surtout formés par les eaux de surface ou eaux sauvages, qui descendent le long des versants des vallées, pour s'écouler par le thalweg, et les crues sont, en général, hautes et rapides. Nombre de circonstances peuvent, d'ailleurs, modifier les effets de la constitution géologique du sol : une forte gelée, par exemple, peut rendre momentanément imperméables des terrains éminemment perméables, et la fonte subite, à la suite d'une forte pluie, de la neige qui les recouvre, déterminer une crue désastreuse. Le régime d'un cours d'eau est l'ensemble des phénomènes qui, se produisent dans ses états successifs. Ses deux éléments essentiels sont l'étiage, c.-à-d. le niveau des basses eaux normales en chaque point du cours d'eau, et le niveau des plus hautes eaux, c.-à-d. le niveau le plus élevé qui se soit produit lors des grandes crues. Le plus bas niveau observé porte plus spécialement le nom de plus bas étiage, celui correspondant aux basses eaux normales et fixé une fois pour toutes comme base des observations étant l'étiage proprement dit ou étiage conventionnel. Le niveau des hautes eaux au delà duquel toute navigation doit cesser constitue les plus hautes eaux de navigation. Enfin on appelle eaux moyennes celles qui s'observent pendant une partie notable de l'année et assurent, en même temps, à la navigation un mouillage convenable, sans que la vitesse devienne gênante. Comme la précédente, cette dernière désignation est, on le conçoit, moins que précise. Les circonstances atmosphériques n'influent pas seules sur le régime des fleuves et des rivières, sur les débits d'étiage et sur l'importance des crues. Toute une série d'autres causes interviennent, la plupart défavorablement, appauvrissant les étiages et aggravant les crues : la destruction des forêts, qui réduit considérablement l'imbibition du sol, le dessèchement des étangs, qui diminue aussi l'emmagasinement, le développement des irrigations, qui absorbe les sources et favorise l'évaporation, les endiguements et les curages, dont les effets réflexes se font sentir loin en aval. Les cultures ont également sur le régime des fleuves et des rivières une action considérable. Quant aux époques des étiages et des grandes eaux, elles varient beaucoup avec la région où le cours d'eau prend naissance. Si c'est dans une vallée commandée par des massifs montagneux d'une grande hauteur, on la précipitation de la vapeur d'eau se fait sous forme de neige, il y a, d'une part, un étiage d'hiver et un étiage d'été, d'autre part, des crues de printemps, d'automne et même aussi d'hiver. Ailleurs, il n'y a qu'un étiage d'été et que des crues d'automne et d'hiver. Le nombre de mètres cubes d'eau
qui passent dans l'unité de temps, la seconde ordinairement, de
l'amont à l'aval du profil transversal d'un cours d'eau en un point
donné, est ce qu'on appelle le débit du cours d'eau
en ce point. Son calcul ne va pas, du reste, sans de grandes difficultés.
Le seul débit qu'on puisse déterminer, aussi bien à
l'étiage qu'aux plus hautes eaux, est un
débit
apparent, pouvant être fort diffèrent du débit
réel. Dans tous les cas, la valeur élevée du rapport
entre le débit en hautes eaux et le débit à l'étiage
est la caractéristique d'un régime torrentiel. Il est, pour
la Loire, de 261 à Briare et de 161 à
Tours Constitution et
forme du lit.
La forme du lit peut être envisagée sous trois aspects, suivant que l'on considère son plan, son profil en travers ou son profil en long. La forme en plan est toujours sinueuse. Elle est constituée par une série de courbes et de contre-courbes, se succédant en sens inverse et réunies par des raccordements plus ou moins brusques. La profondeur est inégalement répartie dans le profil en travers. Elle est plus grande dans les parties du lit qui présentent le moins de résistance à l'entraînement. Le profil en long du thalweg ne présente ni une pente uniforme, ni une pente continue, mais un certain nombre de pentes principales, dont les brisures et l'inclinaison sont déterminées par les seuils de rochers ou les grands affluents. Dans l'intervalle de ces points de passage, il est composé d'une suite de pentes et de contre-pentes formant une ligne sinueuse, qui oscille, en s'en rapprochant plus ou moins, autour de la pente moyenne de la région. Les reliefs et les creux de cette ligne sinueuse sont déterminés par les affluents secondaires et par la distribution des résistances dans l'étendue du lit. Celui-ci est formé par une série de fosses (ou mouilles) séparées par des seuils (ou hauts-fonds, maigres), et le profil en long de la surface des eaux affecte l'apparence d'un escalier dont les paliers correspondraient aux fosses et les marches aux seuils. Cette forme est d'autant plus accentuée que la pente générale du cours d'eau est plus forte; elle est surtout sensible quand les eaux sont très basses. Elle s'atténue, et la pente superficielle tend vers la régularité à mesure que le débit augmente. Chaque crue renouvelle les matériaux qui tapissent le lit et modifie sa forme. La nouvelle forme se rapproche de l'ancienne par ses dispositions générales : sinuosités des rives et du profil du thalweg; elle en diffère plus ou moins, suivant les circonstances, par le tracé des sinuosités, la position des profondeurs, la situation; l'orientation et le relief des seuils. Mais quand, sur un cours d'eau, les rives sont solidement fixées, les crues ordinaires ne modifient plus que dans des proportions très restreintes la forme da plan et, après leur passage, les profondeurs se reproduisent aux mêmes points. Les seuils se reforment aux mêmes placés et ne diffèrent plus que par le relief et l'orientation. (GE). |
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