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| Encyclopédie | ||
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| On donne le nom de lacs à
des dépressions de la surface terrestre où l'eau. s'accumule
au milieu des terres. Lorsque l'étendue de la nappe d'eau est très
petite, on l'appelle mare ou étang, son origine étant alors
très souvent artificielle; lorsqu'elle est très vaste, elle
reçoit parfois le nom de mer ; c'est le cas pour la mer
Caspienne, la mer d'Aral, et le langage a
conservé pour un petit lac l'appellation de mer Morte. Ce qui caractérise
les lacs comme les étangs, mares et marais,
c'est que l'eau y est stagnante tandis qu'elle est courante dans les rivières.
En général, les lacs font partie du système hydrographique des eaux douces; ils sont formés par des ruisseaux ou rivières dont les eaux s'amassent dans une cavité du sol. On les trouve alors tantôt à la source du fleuve, formant le réservoir où il s'alimente, par exemple le lac Itasca pour le Mississippi et le lac Victoria Nyanza pour le Nil; tantôt sur le parcours, tels le lac Léman, le lac de Côme, le lac Baïkal, etc.; tantôt au terme du cours du fleuve qui n'atteint pas la mer. Les lacs situés au point inférieur d'un bassin fermé sont nombreux en Asie : l'Aral, le Lob-nor, le Koukou-nor, le Hamoun, la mer Morte, etc.; citons encore le Grand Lac Salé dans l'Amérique du Nord, le Tchad en Afrique. Il existe enfin quelques lacs qui n'ont
ni affluent ni déversoir apparent; ils s'alimentent en général
par des sources intérieures, sans que l'eau
puisse dépasser les bords de la cuvette, ou bien ils ont des déversoirs
souterrains; tel est le cas de certains lacs des contrées calcaires,
par exemple le lac de Joux dans le Jura. D'autre
part, il convient de signaler les lacs de Scandinavie, de Finlande,
du Canada, les pays du monde où ces nappes
d'eau douce occupent les plus vastes espaces comparativement aux terres
qui les entourent; ce sont des sols relativement neufs, ayant peu subi
les remaniements dus aux agents atmosphériques; les rivières
y sont formées de chapelets de lacs remplissant jusqu'au bord les
bassins
successifs de leurs vallées; elles n'ont pas eu le temps d'en ronger
les barrages ni de combler le fond de leurs alluvions.
On distingue les lacs de montagne et les lacs de plaine les premiers sont souvent formés dans une vallée barrée par une moraine glaciaire, ou dans une dépression géologique; ceux-ci sont beaucoup plus étendus. Les lacs de plaine sont bien moins profonds que les lacs de montagne. Au point de vue de l'altitude, le plus haut situé des lacs importants est le Titicaca en Amérique du Sud (altitude : 3824 m); le plus bas est la mer Morte dont le niveau est inférieur de 393 m à celui de la Méditerranée. Plusieurs des lacs de montagne s'enfoncent au-dessous du niveau de la mer; c'est le cas pour les lacs subalpins d'Italie et pour le Baïkal. Au point de vue de l'étendue, les plus grands lacs sont la Mer Caspienne (372.000 km²), le lac Supérieur (82.700 km²) et les quatre autres qui forment dans le bassin supérieur du Saint-Laurent une petite mer d'eau douce; le lac Victoria (68.100 km²), le plus important de ceux qui alimentent le Nil. Au point de vue de la masse des eaux, les principaux sont le Lac Supérieur, le lac Baïkal, etc. Au point de vue de la forme, les lacs qui occupent une cuvette naturelle se rapprochent du type circulaire, tandis que ceux qui remplissent une partie d'une vallée sont allongés, plus longs que larges; parfois plusieurs fonds de vallée sont réunis en un lac unique qu'un léger abaissement des eaux morcellerait (lac des Quatre-Cantons, lac de Côme, etc.). Les lacs sont alimentés par des eaux courantes, rivières, sources, neiges fondues, lesquelles entraînent une certaine quantité de matières solides; celles-ci se déposent, de sorte que lentement le creux se comble; il s'ensuit d'abord une élévation du niveau lacustre jusqu'à ce que celui-ci déborde et se crée un déversoir; les dépôts alluviaux continuant finissent par emplir la cavité entière du lac; celui-ci se transforme en marais, puis disparaît; l'érosion que ses eaux exerce sur la paroi par laquelle elles s'écoulent, abaissant le niveau du déversoir, et par conséquent du lac, concourt à la disparition de celui-ci. Beaucoup des plus belles plaines sont d'anciens fonds de lacs, telles que la Limagne, la Hongrie. Il existe des lacs intermittents, qui n'ont d'eau que dans la saison pluvieuse ou après de grands orages; c'est le cas de plusieurs des chotts algériens ou du Lac Eyre, en Australie; c'est aussi celui du lac de Zirknitz alimenté par des canaux souterrains. L'eau des lacs est généralement douce, comme celle des rivières; mais elle renferme de même toutes sortes de matières en suspension; leur couleur verte, bleue, rougeâtre, est due à ces matières. Dans les lacs sans écoulement, les sels s'accumulent, si bien que la salure de l'eau peut arriver à dépasser celle de l'eau de mer; les plus célèbres lacs salés sont ceux de l'Asie centrale, le Grand Lac Salé des Etats-Unis (Utah), les chotts. Ils renferment surtout du chlorure de sodium et du chlorure de magnésium; d'autres contiennent du carbonate et du sulfate de soude, par exemple ceux de Debreczin (Hongrie); d'autres du sulfate de magnésie, par exemple les lacs Amers de l'isthme de Suez; d'autres des sels de bore (Tibet, Californie). Un grand-nombre de lacs paraissent avoir jadis communiqué avec la mer, leur faune étant celle des mers voisines; on en compte une centaine dont les principaux sont ceux de la Suède méridionale, de la Russie nord-occidentale, le Tanganyika, le Nicaragua et le Titicaca. Toutefois, il faut se souvenir que ces faunes marines peuvent s'expliquer par des migrations. (GE.). |
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