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Le Nil, Nilus,
est le plus grand fleuve de l'Afrique. Il
prend sa source (ou ses sources) dans les régions équatoriales
du continent. Cette source est longtemps resté inconnue comme elle
l'était déjà au temps de Lucain; ce qui avait fait
dire au poète :
Arcanurn Natura caput non prodidit ulli,Il est principalement constitué par deux grands cours d'eau, le Bahr-et-Abiad ou Nil blanc, qu'on regarde comme le vrai Nil, et le Bahr-et-Azrek ou Nil bleu, qui se réunissent à Khartoum L'ancienne Égypte avait construit
pour mesurer la hauteur des eaux du Nil, des échelles remarquables
dites nilomètres. Six cataractes interrompent le cours du fleuve;
elles étaient surtout célèbres dans l'Antiquité;
la seule qui soit vraiment remarquable est celle de l'ancienne Philae (auj.
El-Birbé), près d'Assouan, sur les limites de l'Egypte et
de la Nubie; encore n'a-t-elle que 16 m. Le cours total du Nil est évalué
à 6700 km; sa largeur varie de 1200 m à 3000 m.
Le Nil et les Pyramides, par C. F. Stanfield (XIXe siècle). On a discuté pour savoir lequel des deux grands cours d'eau qui forment le Nil, le Bahr-et-Abiad et le Bahr-el-Azrek, est le Nil véritable; mais on s'est accordé, il y a déjà plus d'un siècle et demi à donner ce titre au Bahr-el-Abiad. Le Bahr-el-Abiad est formé par la réunion de trois rivières : le Keïlak, venant de l'Ouest ou du Soudan central; le Saubat, venant de l'Est, des montagnes d'Abyssinie; le Bahr-et-Abiad proprement dit, ou vrai Nil, appelé aussi localement Kir, et coulant du Sud au Nord. entre les deux précédents. Les Anciens faisaient sortir le Nil des monts Al-Kamar ou montagnes de la Lune, dont la place est restée indéterminée jusqu'au XXe siècle (à supposer que le massif qui prend aujourd'hui ce nom corresponde bien à celui auquel se référaient les anciens auteurs). Les frères d'Abbadie crurent avoir découvert les sources du Nil (1846) et les placèrent au Sud de l'Abyssinie, par 7° 49' de latitude Nord; mais des recherches ultérieures ont démontré qu'ils s'étaient arrêtés à l'un des affluents du fleuve, l'Uma, et que le cours principal venait de plus loin. Après les explorations de Burton, Speke et Baker (1857-1863), on a compris que le Nil est l'écoulement de vastes lacs, le Nyanza et le Louta-Nzighé, et le produit des neiges éternelles qui couvrent les monts Kombirat, Kénya et Kilimandjaro, placés sous l'Équateur ou même au Sud de cette ligne; on prolonge aujourd'hui le Nil, par la Kagera, jusqu'au Burundi, où l'on place sa plus lointaine source. Les Egyptiens ont eu de tout temps pour le Nil un respect religieux : ils le regardaient comme un fleuve sacré. Dans l'Antiquité, à l'époque où le Nil sortait de son lit, on célébrait en l'honneur de ce fleuve une fête, pendant laquelle on lui immolait des taureaux noirs. Il avait à Nilopolis un temple magnifique avec une statue en marbre noir, qui le représentait sous la forme d'un dieu gigantesque couronné de lauriers et d'épis et s'appuyant sur un sphinx. |