|
Nature
des îles, géologie
On peut distinguer en Océanie les
îles montagneuses et élevées de l'Ouest : Nouvelle-Guinée,
Nouvelle-Calédonie,
Nouvelle-Zélande,
et les îles généralement basses de la Polynésie.
(Le groupe le plus important, celui des îles Hawaii mis à
part) Les îles basses sont en général d'origine corallienne.
Elles se présentent le plus souvent sous la forme d'alignements
circulaires, ou même de cercles plus ou moins ébréchés
dont l'ensemble a reçu le nom d'atoll, d'après le nom des
îles de formation analogue qui composent l'archipel des Maldives
dans l'Océan Indien. Quand la mer
pénètre à l'intérieur de l'atoll, elle y forme
un bassin plus ou moins fermé appelé lagon. Les îles,
même celles qui ne sont pas d'origine madréporique, sont presque
toujours entourées d'une ceinture d'écueils coralliens.
C'est
de cette observation qu'était parti Darwin
pour expliquer la formation des atolls; il supposait un affaissement continu
du fond du Pacifique qui faisait disparaître
peu à peu l'île centrale; les coraux, qui ne peuvent vivre
au delà d'une certaine profondeur, exhausseraient peu à peu
leurs constructions qui, à la fin, subsisteraient seules. Cette
théorie, longtemps acceptée, a été vivement
combattue par Agassiz
et par le géologue du Challenger, Murray. Ils ont constaté
que des régions signalées par Darwin comme des zones d'affaissements
étaient au contraire des zones stables on même en voie d'élévation.
Ils en ont conclu que les atolls étaient simplement dus à
des constructions coralliennes édifiées sur le bord de cratères
sous-marins.
Climat,
faune, flore
Le
climat.
La plupart des îles de l'Océanie
jouissent d'un climat tropical maritime, plutôt que d'un climat équatorial.
Sous l'équateur même en effet ne se trouvent que les Célèbes,
l'extrême Nord de la Nouvelle-Guinée et les îlots de
l'archipel Gilbert. Au centre même de l'océan, la masse de
l'eau régularise les effets de la course du soleil ;
la zone des calmes équatoriaux ne se déplace guère,
les vents alizés
soufflent toute l'année. Il n'y a donc pas, à proprement
parler, de saison sèche et de saison humide dans toute la Polynésie;
il pleut toute l'année sur le côté des îles qui
est frappé par l'alizé; il ne pleut presque pas sur l'autre
côté. Dans la région occidentale, le régime
change; les grandes îles ont une étendue assez importante
pour modifier les conditions océaniques ; sur les petites îles
mêmes l'influence continentale de l'Australie
et de l'Asie transforme le régime des alizés
en régime de moussons ; l'écran des hautes montagnes contribue
aussi à arrêter les vapeurs et à produire, sur les
côtés Nord et Sud, des alternances de saisons pluvieuse et
sèche.
Cette différence entre les pluies
d'alizés et les pluies de moussons établit une différence
sensible dans la végétation : sur les îles frappées
par les alizés, la végétation est intense du côté
où il pleut : elle est chétive sur le côté où
il ne pleut pas. Dans la région des moussons, la végétation
est luxuriante sur toute l'étendue des
îles.
La
végétation.
La végétation suit le climat
et rappelle celle de l'Asie méridionale.
Elle est proche de celle de l'Insulinde dans
la zone limitrophe, dans la partie Nord de la Nouvelle-Guinée, dans
les Nouvelles-Hébrides (Vanuatu), et en
général sur toutes les îles basses. En Nouvelle-Guinée
ont trouve des forêts vierges et cultures tropicales telles que la
cannes à sucre, le café, les épices,
le riz, le tabac, le coton. La flore de l'Australie,
du Sud de la Nouvelle-Guinée et de la Nouvelle-Calédonie
possède une flore un peu distincte. L'Australie, dont les plateaux
intérieurs ne sont qu'une steppe buissonneuse, se prête, dans
ses régions arrosées, à la culture des céréales,
de la vigne
et à l'élevage du mouton. Les îles micronésiennes
et polynésiennes ne produisent qu'une flore restreinte (cocotier,
pandanus, igname, taro ).
En Nouvelle-Zélande la flore a
de nombreux rapports avec la flore de l'Amérique du Sud occidentale.
Les îles volcaniques, beaucoup plus élevées que les
madréporiques, sont en général des centres de flore
endémique. Ce phénomène est particulièrement
remarquable aux îles Hawaii où les plantes endémiques
couvrent la région forestière, entre 290 et 1810 m.
La
faune.
Le manque d'espace n'a pas permis le développement
d'une faune nombreuse. On ne compte qu'une cinquantaine d'espèces
de mammifères ,
dont plus de la moitié en Nouvelle-Guinée. On ne trouve en
Océanie ni singes, ni ruminants ,
mais des chiroptères ,
des marsupiaux
(le kangourou
y est l'animal indigène caractéristique de l'Australie) et
des rongeurs, surtout des rats. Les oiseaux ,
nombreux dans l'Ouest et surtout en Nouvelle-Guinée, deviennent
rares dans l'Est. Le casoar, l'apteryx, le kogou, mal protégés
contre la destruction par l'insuffisance de leurs ailes, disparaissent
rapidement. Les reptiles
et les insectes
ne sont nombreux que dans la région occidentale. |
|