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| L'Orénoque (espagnol
Orinoco,
Paragua
ou Orinucu des Indiens) est un grand
fleuve
de l'Amérique du Sud, qui se jette dans
l'Atlantique et qui appartient en entier
à la république du Venezuela
; mais son bassin, d'environ un million de km², est partagé
entre le Venezuela et la Colombie qui possède
le cours supérieur de plusieurs affluents de gauche. Découvert
par Christophe Colomb Malgré quelques
rapides, d'ailleurs peu importants relativement à la masse des eaux,
l'Orénoque peut être considéré comme ayant atteint
son profil d'équilibre, et son réseau hydrographique est
parvenu à sa maturité. Cette maturité est même
avancée, et c'est par un méandre divagant que l'on croit
devoir expliquer sa bifurcation vers le rio Negro par le Casiquiare. On
ne peut guère en effet voir là un phénomène
de capture : l'Amazone et le rio Negro sont encore
plus achevés que l'Orénoque, et il est peu probable qu'à
une époque toute récente le Casiquiare ait eu la force de
pousser sa tête en amont.
Le confluent de l'Orénoque et du Casiquiare vu de l'espace. (Image : Nasa World Wind / Modis). D'après Chaffanjon,
cette bifurcation ne serait pas ancienne, elle serait due à une
inondation un peu plus forte que d'habitude qui aurait creusé un
premier chenal, approfondi depuis et dont le creusement continuerait d'une
façon sensible. Cette bifurcation a été pour la première
fois mise en lumière par Humboldt L'Orénoque a encore ceci de remarquable qu'il ne coule pas au centre de la plaine des Llanos, mais qu'il contourne le pied même du plateau de Guyane. Il faut sans doute voir là un phénomène analogue à celui de la Theiss que ses affluents descendus des Carpathes ont refoulée, par leurs alluvions, d'une centaine de km vers l'Ouest. En effet, les affluents de la rive droite de l'Orénoque, coulant sur un plateau depuis longtemps soumis à l'érosion, ne devaient plus guère travailler quand s'est produit le plissement andin. Les torrents des Andes ont au contraire amené des masses énormes d'alluvions qui non seulement ont formé les Llanos, mais ont repoussé le fleuve collecteur jusqu'à une limite qu'il ne pouvait franchir. Les sources de de L'Orénoque. - Dès le XVIIIe siècle, les EspagnolsL'Orénoque coule d'abord de l'Est à l'Ouest et il ne reçoit pas d'affluents importants avant sa bifurcation vers le Casiquiare; il reçoit sur sa rive droite le rio Ventuari, puis tourne au Nord à San Fernando de Atabapo où confluent l'Atabapo, l'Inirida et le Guaviare. L'Orénoque
reçoit plus au Nord sur sa gauche la Vichada et est obligé
de franchir des seuils de granit par deux rapides le raudal de Maipures
et le caudal d'Atures, que l'on contourne au moyen de portages. Au Nord
de ces rapides, l'Orénoque reçoit le Meta qui vient des Andes
et dont une des branches mères est peu éloignée de
Bogota L'Apure est la grande voie navigable des Llanos venezolans; profond, sans rapides, il peut être remonté jusqu'à 500 km de l'embouchure. Ses eaux jaunies par les boues des Llanos demeurent longtemps distinctes des eaux claires de l'Orénoque. L'Apure reçoit le Portugueza, également navigable et grossi lui-même du Cojedes. Du plateau guyanais, l'Orénoque reçoit le Cuchivero, le Caura, le Caroni, le Yuruari. Pendant les fortes pluies, le Caroni communique avec le Cuyuni, affluent de l'Essequibo. Dans son cours inférieur,
l'Orénoque subit l'influence de la marée
jusqu'à 400 km de son embouchure. A Ciudad Bolivar, il roule déjà
12.000 à
14.000 m. c.
à la seconde, et il a encore des affluents à recevoir. Sa
profondeur dépasse parfois 50 m, et la crue atteint 12 à
15 m; il y a deux crues, la première d'avril en août, une
plus petite en novembre, la crue des morts. Pendant la grande crue, les
eaux forment aux confluents de véritables mers intérieures.
Le delta de l'Orénoque vu de l'espace (en haut la côte méridinale de Trinidad). Les alluvions de l'Orénoque, protégées contre les effets du courant maritime par l'île de Trinidad, ont formé à l'embouchure un vaste delta dont la surface est d'environ 17.500 km². Le bras principal, la boca del Navios, continue à couler dans la même direction que le fleuve, de l'Ouest à l'Est. Mais le bras occidental, le Marramo, tourne au Nord pour aller se jeter dans le golfe de Paria. Entre ces deux bouches s'entre-croisent une infinité de bayous, dont le cours se déplace sans cesse et dont le principal, celui de Macareo, est le chemin le plus court suivi par les navires entre Puerto-España et Ciudad-Bolivar. Il n'y a en tout que sept bras accessibles aux grands navires. Au bec du delta, la profondeur du fleuve dépasse 100 m; la distance de la Bouche des Navires au Marramo est de plus de 300 km. Le courant maritime qui longe la côte Nord de l'Amérique du Sud pénètre en partie dans le golfe de Paria où, mélangé aux eaux de l'Orénoque, il produit des tourbillons, et d'où il sort, entre Trinidad et la presqu'île de Paria, par la Bouche du Dragon. |