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La Madeira
Mamoré, Béni, Madeira
La Madeira est une grande rivière de l'Amérique du Sud (Brésil et Bolivie), affluent de droite de l'Amazone. Elle est formée par deux grandes rivières, le Beni et le Mamoré, qui l'une et l'autre réunissent deux cours d'eau d'importance équivalente. Le Beni absorbe le Madre de Dios; le Mamoré absorbe le Guaporé. Chacune de ces quatre rivières dépasse les fleuves de France et peut revendiquer le titre de branche maîtresse du Madeira. Trois descendent des Andes Madre de Dios, Beni, Mamoré; la quatrième, des plaines centrales du Brésil, les campos Parecis. 

Le lit le premier tracé fut celui du Guaporé; à l'époque crétacée, où l'océan couvrait les plaines actuelles de l'Amazonie et de la Plata, les rivières andines se jetaient dans le détroit qui reliait ces mers. Peu à peu celui-ci s'est comblé, et le Mamoré, le Beni, le Madre de Dios sont venus se jeter dans le lit tracé par le Guaporé.

Au confluent, le Beni et le Mamoré sont presque égaux; le premier roule à l'étiage 1400 m. c. par seconde, en crue plus de 13,000; le second, 1500 m. c. à l'étiage et 13,000 en crue. Le Madre de Dios, au point où il joint le Beni, lui est un peu supérieur. Le Guaporé, à son confluent avec le Mamoré, roule 660 m. c. à l'étiage et 5000 m. c. en crue, alors que l'autre varie de 835 à 7000 m. c. par seconde.

La longueur de ces cours d'eau est, avant leurs confluents, de 1400 à 1600 km, sauf pour le Mamoré qui est un peu plus long (2000 km); aussi est-il généralement regardé comme le principal. De la source du Mamoré, la Madeira mesure 3500 km, dont 1450 à partir du confluent avec le Beni, sur la frontière du Brésil et de la Bolivie. De là elle descend vers le Nord-Est, entre les Etats brésiliens d'Amazonas et Mato Grosso. 

Son cours comprend deux parties : 200 km de rapides, jusqu'à São Antonio; le reste jusqu'au confluent de L'Amazone, ou cette énorme rivière débite 4400 m. c. par seconde à l'étiage, 14,600 aux eaux moyennes, 40,000 en crue. Elle traverse la région des forêts primaires; son nom portugais de Madeira (madrier), substitué au nom indien de Caiari, est dû aux troncs d'arbres flottés qui l'encombrent et dont la majeure partie viennent du Beni. 

La Madeira est navigable en aval de São Antonio et en amont des cataractes jusqu'au pied des Andes. Pour relier ces deux parties et permettre l'exploitation du caoutchouc, dont c'était la grande époque, on a construit au début du XXe siècle un chemin de fer qui longe la partie qui n'est pas navigable. (A.-M. B.).



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