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Amiens,
Samarobriva,
puis Ambiani - Chef-lieu du département de la Somme; 135000
habitants; jadis capitale de la Picardie ,
sur la Somme, à environ 130 kilomètres au Nord de Paris .
Magnifique cathédrale, construite
au XIIIe siècle (ci-dessous); citadelle
en ruines. Amiens a vu naître Pierre-l'Ermite,
Rohault,
dom
Bouquet, Voiture, Ducange, Gresset, Wailly,
Gribeauval, Delambre,
Choderlos
de Laclos, Paul Bourget, etc.
La ville d'Amiens fut la résidence
de Clodion, qui y mourut en 448; ravagée
par les Vikings
au IXe siècle, Amiens fut au Moyen
âge
la capitale d'un comté particulier ( l'Amiénois ).
Cette ville entra dans la Ligue dès 1588, et ne se soumit qu'en
1592. Prise par les Espagnols en 1597, elle fut reprise la même année
par Henri IV. Il y fut signé le 27 mars
1802 la célèbre
Paix d'Amiens :
La
Paix d'Amiens. - On nomme ainsi le traité conclu à Amiens
le 6 germinal an X (27 mars 1802) entre la République française ,
l'Angleterre ,
l'Espagne
et la République batave ,
à la suite des négociations commencées après
la chute du ministère de Pitt et des préliminaires
signés à Londres
le 1er octobre 1801. L'Angleterre restituait à la France et à
ses alliés leurs colonies sauf Ceylan (Sri Lanka) et la Trinité;
la colonie du Cap appartenant alors à la République batave
devait être ouverte aux vaisseaux de toutes les puissances ; l'intégrité
des Etats de la Porte ottomane ,
y compris l'Egypte ,
était garantie; les îles de Malte ,
de Gozo et de Comino devaient être restituées à l'ordre
de Saint Jean ( Les Hospitaliers ),
dont la reconstitution était décidée : la France devait
évacuer le Portugal ,
l'Etat romain
et le royaume de Naples ;
la République des sept îles (Iles Ioniennes) était
reconnue sous la protection de la Russie .
La
cathédrale d'Amiens.
Cette cathédrale,
bâtie tout entière au XIIIe
siècle, est regardée par beaucoup d'archéologues comme
le modèle le plus parfait de l'architecture ogivale ,
pour l'unité du style, la régularité du plan, l'accord
des proportions et la beauté de l'exécution. Elle s'ouvre
sur le parvis par trois vastes porches ou portiques,
occupant toute la partie inférieure de la façade, disposés
en avant-corps, et surmontés de frontons aigus que séparent
d'élégants contreforts. Le soubassement
continu de ces portiques est orné de 118 bas-reliefs allégoriques
rangés dans des médaillons sur deux lignes parallèles,
et soutient un rang de 52 statues plus grandes que nature. Au porche du
milieu, le pilier qui sépare la porte en deux valves est surmonté
d'une statue
du Christ ,
et de chaque côté sont rangés les apôtres : Huit
cordons de voussures sont garnis de 150 petites figures en ronde bosse,
représentant des personnages mystiques et séparées
les unes des autres à l'aide de dais, pinacles, fleurs, feuillages,
etc. Les deux porches secondaires n'ont que
trois cordons de voussures ornés de figures. Toutes ces sculptures ,
jadis rehaussées de couleurs, sont d'un fini remarquable. Les tympans
des portes offrent de magnifiques bas-reliefs ; le Jugement dernier
est représenté au-dessus de la porte centrale, la mort et
l'assomption de la Vierge
à la porte de droite, et la légende de St Firmin à
la porte de gauche.
Au-dessus des trois porches
règnent deux galeries superposées, à jour; l'inférieure
correspond exactement au triforium de l'intérieur;
la plus élevée abrite 22 statues colossales, qu'on présume
être celles des
rois de France
depuis Childéric II jusqu'à
Philippe-Auguste,
mais qui, selon quelques archéologues, représenteraient les
rois ancêtres de la Vierge. La rose qui surmonte ces galeries est
une des plus belles créations de ce genre; elle a plus de 30 m de
circonférence. La façade, du XIIIe
siècle, se terminait par une balustrade à jour, et formait
ainsi un parallélogramme parfait: mais, à la fin du siècle
suivant, on éleva deux tours d'un étage, et on les réunit
par une galerie à jour et des plus élégantes. Ces
tours, moins épaisses que larges et de hauteur inégale, diffèrent
aussi de dessin et d'ornementation, et manquent de proportion avec le corps
du monument; on les attribue à Pierre Langent.
Les portails
latéraux se distinguent également par la noblesse et la sévérité
de leurs proportions, la beauté des rosaces et des statues, et la
richesse de l'ornementation.
Tout le pourtour de la cathédrale
offre une belle perspective d'arcs-boutants
et de contreforts surmontés de pinacles et de clochetons; les piliers-butants
de la chapelle de la Vierge sont couronnés de statues assises. L'architecture
des chapelles absidales a la plus grande
ressemblance avec celle de la Sainte-Chapelle
de Paris ;
les verrières n'y ont pas moins de 14 m de hauteur. Le faite de
tout l'édifice était décoré de trèfles
en pierre, que l'autorité municipale a fait détruire en 1837,
croyant y voir des fleurs de lis.
La flèche centrale de l'édifice,
reposant sur une tour carrée en pierre, était en charpente
revêtue de plomb. Brûlée en 1527, elle fut relevée
de 1529 à 1533 par deux charpentiers picards, Louis Cordon et Simon
Taneau. Elle s'élève à une hauteur de 60 m depuis
sa base, et de 130 m depuis le sol de l'église.
Son style est celui du commencement de la Renaissance; elle est surtout
remarquable par son élancement et la grâce de son ornementation
: on y voit extérieurement les huit statues colossales de Jésus-Christ,
de la Ste Vierge, de St Jean-Baptiste, St Pierre, St Paul ,
St Jacques le Majeur, St Firmin, Ste Ulphe, montées sur des colonnes
que des arcs-boutants rattachent au corps du clocher,
et, plus haut, des anges portant les instruments de la Passion.
Le plan de la cathédrale
d'Amiens a la forme d'une croix latine. Sa plus grande longueur est de
138,35 m, et sa plus grande largeur de 32,65 m, dont 14,60 m pour la nef
principale seule. Le transept a 60,65 m
de longueur et 14,25 m de largeur. La hauteur des voûtes
de la nef est de 44 m; celle du choeur, de
43 m Le monument entier occupe une surface de 8 000 m². environ.
L'intérieur du vaisseau ne le cède
en beauté à aucun autre. Nulle part on ne trouve des voûtes
plus légères, des arcades plus
hardies. Les colonnes, couronnées de chapiteaux
du travail le plus pur et le plus délicat, sont à baguettes
et à filets carrés alternativement, et se marient heureusement
avec les nervures
des voûtes. Celles qui entourent le choeur
rendent un son quand on les frappe, ce qui les a fait appeler piliers sonnants.
Un jubé, construit en même temps que le choeur, a depuis longtemps
disparu. Les détails les plus intéressants à observer
sont : les stalles, au nombre de 120, surmontées de dais, sculptées
en chêne, de 1508 à 1522, par Arnoul Boulin, Alexandre Duet,
Antoine Avernier et Jean Trupin, et représentant les traits historiques
ou allégoriques de l'Ancien et du Nouveau Testament
relatifs à la Vierge, travail admirable qui coûta 9 500 livres;
la clôture extérieure du choeur, en pierre, ornée de
sujets en ronde bosse ayant trait, d'un côté à la vie
de St Firmin, de l'autre au supplice de St Jean-Baptiste, et qui portent
des traces de peinture polychrome; les grilles en fer, par lesquelles on
entre dans le choeur; les anciens fonts baptismaux, du XIe
siècle; plusieurs châsses, entre autres celle qui contient
les restes de Saint Firmin, et qui est du XIe
siècle, et celle de Saint Jean-Baptiste; derrière le choeur,
le tombeau du chanoine Lucas, avec un Génie ou Enfant pleureur,
par Blasset; les tombeaux en bronze des évêques Évrard
de Fouilloy et Geoffroy d'Eu, placés à droite et à
gauche en entrant dans la grande nef; la chapelle de Ste-Theudosie, entièrement
peinte à fresque par les ordres et aux frais de l'impératrice
Eugénie; l'orgue, un des plus beaux de France. La chaire est une
oeuvre moderne, aussi peu en rapport avec l'édifice que la Gloire
placée derrière le maître-autel.
Quant aux vitraux, le temps les a détruits en grande partie; la
lumière pénètre avec trop d'abondance, et c'est là
ce qui affaiblit l'effet général que produit l'ensemble du
monument; on ne peut guère remarquer maintenant que les verrières
toutes modernes de la chapelle de Sainte Theudosie.
L'église
cathédrale d'Amiens ne fut dans le principe qu'une simple chapelle,
élevée au IVe siècle sous l'invocation de Notre-Dame-des-Martyrs,
par Saint Firmin le Confesseur, 3e évêque
de la ville, sur l'emplacement du supplice de Saint Firmin, premier apôtre
de ces contrées, martyrisé en 303.
Réédifiée et agrandie
au VIIe siècle par Saint Acheul,
elle fut brûlée vers 850 par les Vikings ,
puis encore en 1019 et en 1107, et enfin complètement détruite
par un incendie en 1218. Évrard de Fouilloy, qui occupait alors
le siège épiscopal d'Amiens, entreprit la réédification
du monument tel qu'il existe aujourd'hui.
Les architectes furent successivement Robert
de Luzarches, Thomas de Cormont et son fils Renault de Cormont. L'édifice,
dont on posa la première pierre en 1220, fut terminé, dit-on,
en 1288, sauf les tours du grand portail,
seulement achevées en 1366, et les balustrades du choeur
et de la nef. On n'a ajouté au plan primitif
de Robert de Luzarches que les chapelles latérales de la nef. La
vue de Notre-Dame d'Amiens a exercé, sans aucun doute, une grande
influence sur les architectes du Moyen âge ,
et un archéologue français a
pu donner aux cathédrales de Cologne,
de Beauvais ,
de Limoges
et de Narbonne ,
le nom de filles de la cathédrale d'Amiens. Dans le langage populaire,
la nef d'Amiens, le choeur de Beauvais, le portail
de Reims et les flèches de Chartres
formeraient par leur réunion une cathédrale parfaite; quoi
qu'il en soit de cette alliance, on peut dire avec Huet : "La basilique
d'Amiens est aux autres temples gothiques ce que Saint-Pierre de Rome est
aux temples modernes de premier ordre. " (B. et E. L.).
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En
bibliothèque - Rivoire, Description
de l'église cathédrale d'Amiens, 1806, in-8°; Gilbert,
Description
historique de la cathédrale d'Amiens, 1833, in-8°; De Jolimont,
Notice
sur la cathédrale d'Amiens; Goze, Nouvelle description de
la cathédrale d'Amiens, 1847, in-4°; T.-N. de Jolimont et
Chapuis, Les cathédrales de France, in-4°; Rigollot,
Atlas
de l'Essai sur les arts en Picardie, 1840, 2 vol. in-8°. |
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