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La sculpture
existait dès la plus haute antiquité. L'art mobilier du Paléolithique
montre que son histoire remonte très haut dans le passé.
Bien avant, donc, le Sicyonien Dibutades, à
qui la tradition hellénique attribuait l'invention de cet art, villes
de l'Assyrie et les villes de l'Egypte
possédaient des sculptures en ronde bosse et en bas-relief,
travaillées avec une habileté déjà remarquable.
Dans l'Assyrie, dans la Perse
et chez les autres peuples de l'Asie ,
la sculpture symbolique et hiératique
présenta des caractères à peu près analogues
à ceux de l'art égyptien,
mais sans s'élever au même degré de grandeur solennelle
et idéale. Dans l'extrême Orient, chez les Indiens, la sculpture
fut presque exclusivement emblématique et, par conséquent,
arbitraire. Enchaîné, dominé par des prescriptions
hiératiques, ne puisant aucun de ses éléments dans
l'imitation de la nature, l'art oriental ne pouvait que rester immobile.
La sculpture grecque.
L'art
grec de la sculpture, affranchi de l'hiératisme et prenant désormais
pour point d'appui, dans sa recherche de l'idéal, l'étude
attentive et passionnée de la nature, montre dans les sculptures
du Parthénon ce qu'une imagination
poétique, guidée par l'amour du vrai et servie par un ciseau
habile, peut unir de grâce et de chaleur, d'élégance
et de force. Il atteignit, d'ailleurs, à son apogée dès
le temps de Phidias et de ses disciples. Par
la suite, Lysippe, Praxitèle,
Scopas
et d'autres maîtres, d'une adresse et d'une science consommées,
le firent malheureusement descendre peu à peu des hauteurs de la
vérité idéale dans les petitesses de la vérité
individuelle. Le naturalisme commença ainsi à se faire jour
dans le domaine réservé jusqu'alors à la beauté
pure; mais il ne l'envahit complètement que lorsque la Grèce ,
vaincue, fut contrainte d'asservir à Rome
victorieuse jusqu'à ses goûts, jusqu'à son génie.
La sculpture romaine.
La sculpture grecque a décliné
vite sous les Romains, qui attirèrent cependant à Rome grand
nombre d'artistes grecs, et rivalisèrent entre eux pour étaler
dans leurs demeures les productions de l'art dont le côté
essentiel et élevé leur est toujours resté lettre
morte. En demandant aux statuaires de couvrir le nu sous la toge avec laquelle
ils se faisaient représenter, sans leur demander, comme au Moyen
âge, en compensation de l'absence du nu, certaines variétés
d'expressions, reflets de l'âme, ils amenèrent rapidement
le déclin de la sculpture. Cet art se releva un peu sous le règne
de Trajan (98-117). La colonne en marbre blanc qui porte le nom de Trajan
est l'oeuvre de l'architecte grec Apollodore et plus intéressante
pour l'étude que sous le rapport artistique. Les figures étaient
dorées et le fond peint en bleu.
Cet art a encore quelque éclat sous
Hadrien (417-138). Puis la sculpture romaine périclita pendant une
courte période et déclina tellement sous Commode (180-192),
qu'il disparaissait complètement au IIIe siècle pour renaître,
transformé par le christianisme, au Moyen âge où la
raideur des figures et le manque d'expérience se trouvent largement
rachetés par l'expression variée des physionomies et par
le sentiment.
On connaît, il est vrai, quelques
sculptures exécutées au commencement de l'introduction du
christianisme à Rome, entre autres celles d'un sarcophage
qui offre l'ascension d'Élie, conservé au musée de
Latran et qui date du IVe siècle;
mais toutes ces sculptures n'ont aucun caractère propre et appartiennent
encore à la fin du déclin de l'art romain.
La sculpture au
Moyen Âge.
Les artistes des premiers siècles
de l'ère chrétienne reproduisirent dans leurs monuments les
types, les gestes et jusqu'aux symboles de l'art païen. Plus tard,
quand l'Eglise
assura son emprise, l'hiératisme chrétien tomba dans les
maigreurs, les bizarreries et les obscurités d'un mysticisme
ascétique. La sculpture, comme la
peinture ,
devint une industrie, que les Byzantins
exploitèrent durant plusieurs siècles dans toute l'étendue
du monde chrétien.
Les Byzantins ont peu cultivé la
statuaire, ils préféraient l'éclat des couleurs de
la mosaïque, et peut-être de la peinture et de la dorure dont
ils couvraient les parois de leurs églises presque privées
de sculpture. L'historien grec Procope (mort en 565 ), qui a laissé
un panégyrique du règne de Justinien Ier, ne parle pas de
fresque, et dit qu'à la place des peintures à l'encaustique,
les églises furent ornées de mosaïques. Le lion et le
candélabre, dans la cathédrale de Brunswick, montrent le
peu de perfection de la sculpture byzantine, dont. on ne possède
aujourd'hui que des médailles et des diptyques. La colonne Théodosienne
en marbre blanc, érigée sous Arcadius (Théodose Il,
qui régna de 395 à 408), est une sculpture purement romaine
de la décadence.
Les Arabes, dont l'art dérive en
ligne directe de l'art byzantin et qui paraissent avoir même ignoré
la statuaire, ont prodigué l'ornementation qui souvent est très
surchargée. Les sectateurs d'Omar (Sunnites) seuls ne représentaient
jamais la figure humaine, tandis que ceux d'Alî, les Chiites ou hétérodoxes,
ne l'avaient pas bannie de leur art, ce qui a fait que les Persans l'ont
conservée, tandis qu'elle n'existe pas chez les Turcs.
En Sicile (820-1080), en Espagne (à
partir de 755), comme en Égypte (à partir du Xe
siècle de l'ère actuelle), on retrouve la peinture comme
l'architecture Byzantine; mais rien de la statuaire, qui n'y est représentée
que par de fort curieux ornements.
Au XIIe
s., enfin, l'art commença à diriger ses regards vers la nature
vivante. On a coutume de faire honneur de cette rénovation aux Italiens.
La vérité est que, longtemps avant le splendide mouvement
auquel on a donné le nom de Renaissance ,
les "maîtres de pierre" français s'étaient signalés
en ramenant l'art à l'observation de la réalité.
A dater des dernières années
du XIIe siècle, l'école laïque
non seulement a rompu avec les traditions byzantines conservées
dans les monastères, mais elle manifeste
une tendance nouvelle dans le choix des sujets et la manière de
les exprimer. Au lieu de s'en tenir presque exclusivement aux reproductions
de sujets légendaires, elle ouvre l'Ancien
et le Nouveau Testament ,
se passionne pour les encyclopédies
et cherche à rendre saisissables pour la foule certaines idées
métaphysiques.
La sculpture à
la Renaissance.
Les sculpteurs
italiens de la Renaissance
se tournèrent vers l'étude de la réalité; mais
ils furent guidés dans cette étude par les modèles
de l'Antiquité .
De là les caractères de beauté, de noblesse et de
correction qui distinguent leurs oeuvres; de là, aussi, la grande
importance qu'ils accordèrent au nu et les
recherches plastiques qui trahissent leur éducation païenne.
Les promoteurs de la Renaissance, Nicolas et Jean
de Pise, Donatello et Lorenzo
Ghiberti, empruntèrent surtout à l'Antiquité son
amour du vrai; s'ils imitèrent dans le choix de certaines formes,
ils surent du moins exprimer des idées originales et les sentiments
de leur temps. Leurs successeurs revinrent aux dieux mêmes de l'Antiquité.
Une des innovations de l'école italienne a consisté à
introduire dans la sculpture les éléments
qui sont le propre de la peinture ,
le mouvement, l'expression, le sentiment, le drame.
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Les
ornementations du portail de l'église
San Stefano, à Venise.
(Ecole
de Bartolomeo Buon). ©
Photos : Serge Jodra, 2011- 2012.
La sculpture du
XVIIe au XIXe
siècle.
Au XVIIe
siècle, la sculpture tomba dans l'exagération du pittoresque
: le Bernin, l'Algarde,
Puget firent palpiter le marbre et multiplièrent les accidents de
la lumière et de l'ombre.
Le XVIIIe
siècle exagéra à son tour la morbidezza du
modelé et la grâce des contours, et poussa la prétention
jusqu'à vouloir enjoliver l'antique. Pendant cette dernière
période, l'école française supplanta l'école
italienne; quelques-uns de ses maîtres eurent du moins le mérite
d'imprimer à leurs portraits un cachet de véritable élégance.
Canova
ramena la statuaire à l'imitation de l'antique; mais il garda de
l'époque précédente un goût immodéré
pour les attitudes gracieuses.
La sculpture
du commencement du XIXe siècle se
ressentit d'ailleurs de l'influence exercée par le peintre David;
elle devint classique, académique. Le romantisme eut ses représentants
en sculpture; mais leurs oeuvres n'ont pas eu et ne pouvaient avoir le
même succès que celles des peintres attachés au même
principe. Toutefois, la réaction contre la routine académique
a donné d'excellents résultats dans la statuaire et produit
des oeuvres puissantes ou gracieuses, mais toujours personnelles et franchement
inspirées de la nature.
La sculpture dans
divers pays d'Europe.
Allemagne.
Après les premières miniatures
de l'école allemande, où les proportions du corps humain
étaient aussi peu respectées que chez les peintres byzantins,
et qui avaient été précédées par les
miniatures irlandaises, l'art de la sculpture, comme celui de la peinture,
produisit bientôt quelques morceaux qui ouvrirent une nouvelle voie
dans laquelle la chaise en ivoire de l'archevêque Maximilien, faite
à Ravenne, au VIe siècle, peut être regardée
comme une des premières oeuvres de mérite. Le style gothique
devait plus tard relever avec éclat l'art de la sculpture tombé
dans l'oubli et ressuscité déjà, mais d'une manière
encore barbare, par l'architecture romane.
Saint Bernwald de Hildesheim, du XIe
siècle, a laissé des ouvrages en métal qui, avec la
statuaire de toute cette école de la Saxe-Inférieure du Xe
au XIIIe siècle, jointe à
celle du midi de l'Allemagne, représentent l'art roman déjà
avancé et l'art gothique de la sculpture dans sa naissance.
La fin de l'époque gothique et
la renaissance ont fourni une longue série de sculpteurs d'outre-Rhin
qui ont illustré par le nom de la ville d'Uberlingen dont elle baigne
les quais. L'église gothique, préservée de l'incendie
de 1697 qui consuma les autres bâtiments du monastère sécularisé
en 1803, lorsque les bords du Rhin avaient été conquis par
la France, et dont la majeure partie date de la fin du XVIIe
siècle, époque où ils furent reconstruits, de 1697
à 1700, par l'architecte Franz de Bezau, possède vingt-sept
autels, un grand nombre de bas-reliefs, de pyramides, de balustrades, de
niches, de statues, de statuettes, de groupes, de vases à bas-reliefs
historiés, de monuments funéraires, de porte-cierges et de
lampadaires, d'appliques de bras et autres monuments d'ornementation combinés
avec la statuaire, le tout exécuté en marbre blanc et rose
d'une même teinte, ainsi qu'en bronze ciselé, les uns et les
autres, comme les sculptures en bois des stalles du choeur, beaux et harmonieux.
Le tabernacle et les dix stalles en chêne placées à
droite et à gauche du portail représentent seuls les sculptures
de l'époque gothique. La sacristie, dont la décoration offre
d'autres chefs-d'oeuvre en marbre et en stuc, de l'ornementation du dix-septième
et du dix-huitième siècle, contient aussi plusieurs belles
armoires en bois sculpté, pièces peut-être uniques
par leurs dimensions; enfin, les monuments que l'on trouve réunis
à l'église de Salem forment le musée le plus complet
de la sculpture ornementale style Louis XVI,
et une mine précieuse pour les artistes et les industriels qui veulent
reproduire ce genre, recherché aujourd'hui en France plus que ceux
des époques de Louis XIV et de Louis XV.
L'église avec crypte de Saint-Blasien,
dans la Forêt-Noire ,
qui date à peu près de la même époque que les
monuments de l'église de Salem, offre aussi une heureuse application
des ornements du style Louis XVI, mais adapté ici à une construction
de style italien semi-antique. Précédé d'un péristyle
que supportent quatre colonnes doriques, ce beau temple, dont même
aucune grande ville ne possède l'équivalent, est composé
d'une immense rotonde formée par des colonnes dont le pourtour est
surmonté de loges et d'une coupole-rotonde à laquelle se
trouvent reliés le choeur et le sanctuaire d'une forme oblongue,
flanqué également de colonnes en pourtour. L'architecte d'Ixnard,
qui a dressé les plans et fourni les dessins des détails
dès 1741, y a su appliquer d'une manière très heureuse
les ornements du style Louis XVI sur un monument dont le principal corps,
la rotonde à coupole, paraît être imité du Panthéon.
L'édifice a été élevé de 1781 à
1783, et les sculptures exécutées par Giegels, de Landsberg.
Suisse.
La sculpture, comme la peinture suisse,
appartient, pour ce qui concerne son caractère et souvent même
sa partie technique, à l'école d'outre-Rhin; on connaît
un bas-relief en pierre, la Sainte-Angoisse d'Oberwinterthur, qui remonte
au VIIIe siècle. Quant aux sculptures sur ivoire exécutées
à la fin du IXe siècle à
Saint-Gall, par Tutilo, elles ont même tout à fait le caractère
des sculptures de l'école basse-saxonne. Les statues de la cathédrale
de Bâle, du XIIIe siècle,
portent ces mêmes empreintes, mais le tombeau du quatorzième
siècle, à Neuchatel, offre des parties qui peuvent le faire
attribuer à des sculpteurs de l'école française. Les
sculptures exécutées en Suisse au XVIIe
siècle sont, comme partout ailleurs, les produits d'un déplorable
déclin, du à l'influence de l'art italien mal compris. Les
églises des Jésuites y sont remplies, comme en Allemagne
et dans les Pays-Bas, de rocailles coloriées et d'autres semblables
oripeaux. L'école moderne de Genève, qui a eu des maîtres
tels que Chapronnier et Pradier, est plus française que suisse.
Hollande.
Il est difficile de fixer des dates certaines
aux apparitions des premières sculptures en Hollande, que l'on est
autorisé à classer parmi les produits des écoles allemande
et flamande. L'influence des graveurs hollandais et allemands, celle de
la sculpture flamande d'Anvers, de Malines et de Bruges, paraissent avoir
dominé plus tard dans la sculpture hollandaise, qui n'offre pas
un caractère national tranché; la statuaire, proprement dite,
ne remonte pas dans ce pays au delà du XVe
siècle; mais la sculpture, particulièrement celle sur bois,
s'est déjà manifestée à des périodes
plus reculées, et elle y est très bien représentée
par les stalles de l'église de Dordrecht, exécutées
en 1537 par Jean Aartz Z. Terlee. Un des plus beaux monuments de la statuaire
se trouve à l'église de Bréda : c'est le tombeau du
comte Engelbrecht de Nassau, du XVIe siècle.
Beaucoup de sculpteurs hollandais se sont
distingués à l'étranger, tels que Claes Sluter, l'auteur
du Puits de Moïse, du XVe siècle,
à Dijon; Geryt, qui a travaillé pour Philippe le Bon; Copin,
dont on trouve des ouvrages à Tolède; Gerhart, de qui Augsbourg
et Munich possèdent des statues en bronze; De Vries, l'élève
de Jean de Bologne, l'auteur du Mercure et de l'Hercule des fontaines d'Augsbourg,
du Mercure et Psyché au Louvre, attribué à tort à
son maître, et qu'il exécuta en 1593, à Prague, pour
Rodolphe II, etc.; van Santen, dit le Flamingo, mort à Rome en 1623,
et autres. Les deux de Kayser, auteurs de la statue d'Érasme à
Rotterdam, des mausolées du Taciturne et de Tromp à Delft,
et de celui de Guillaume de Nassau à Leuwarde, sont les sculpteurs
hollandais les plus marquants du XVIe siècle.
Flandres.
Dans les Flandres proprement dites, où
le menhir dit de Brunehaut, près de Tournay, représente la
première tentative de l'art monumental, la statuaire, qui révèle
encore l'influence du Nord pour ce qui concerne les productions du Moyen
âge, remonte à la fin du XIIIe
siècle, comme il est prouvé par les monuments de Henri Ier
qui existaient à l'église Saint-Pierre de Louvain, et qui
y ont été restaurés d'après d'anciens dessins.
Plus tard, lorsque les artistes avaient l'habitude de voyager en Italie,
l'influence de l'école de ce pays devint dominante dans les Flandres,
à partir du règne d'Albert et d'Isabelle (1599), jusqu'à
la fin du XVIIe siècle, et surtout
à Anvers, où la décadence dans la sculpture avait
tout envahi, même sous la direction de Rubens. Les figures dans les
églises montrent le tortillonnement de corps que l'on retrouve,
plus accentué encore et poussé jusqu'à la caricature,
dans les églises des Jésuites, à la fin de ce même
siècle et au XVIIIe.
Italie.
Nicolas, de Pise, mort en 1270, et Giovani
Pisano, son fils, introduisirent le style germanique dans la sculpture
italienne, qu'ils relevèrent ainsi de sa longue décadence,
et qui fut successivement cultivée avec éclat par Andréa
Pisano, Orcagna, de l'école toscane, Jacopo della Quercia, Lorenzo
Ghiberti, les della Robbia et Donatello, auxquels il faut ajouter les maîtres
de l'école florentine : Rustici, Centucci et Michel-Ange, dont les
disciples Lombardi et Tatti se signalèrent à Venise. Benvenuto
Cellini et plusieurs autres artistes éminents étaient aussi
habiles statuaires qu'excellents orfèvres et ciseleurs. Bernini
et Algarde peuvent être regardés comme les coryphées
de la décadence du VIIe siècle.
France.
En France, où l'art de la sculpture
ornementale et la statuaire ont été presque confondus d'abord
avec celui de l'architecture très riche en ornements, et cela jusqu'à
la fin du XVe siècle, on peut citer
les noms des statuaires Anderne, l'auteur du tombeau du duc de Monmouth,
à Westminster, exécuté vers 1422; Jean Juste, l'artiste
du tombeau de Louis XII (mort en 1515); Cloux, Avernier, Boulin, Huet,
Lerou, Colombe, Texier, Richier et plusieurs autres, tous de la seconde
moitié du XVe siècle et du
commencement du seizième, parmi lesquels quelques artistes marquants.
Les noms des sculpteurs du sarcophage d'Abélard et Héloïse,
exécuté avant 1142, et des bas-reliefs du pourtour de Notre-Dame
à Paris, sont inconnus. Jean Goujon (1510-1572) doit être
regardé comme le véritable créateur de la sculpture
en France, qui est cependant restée bien longtemps encore plus italienne
que française, car Germain Pilon et Jean Goujon sortirent de l'école
de Fontainebleau, dont les chefs étaient le Primatice et Cellini.
On peut en dire autant de Jean Cousin et de Jean de Bologne.
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Le
groupe d'Amphitrite de l'une des fontaines de la place Stanislas, à
Nancy, dues à
Barthélémy
Guibal (ca. 1750). Source : The World
factbook.
Pierre Puget est le premier statuaire véritablement
français, artiste de très grand mérite et d'une originalité
incontestable, qui fut suivi par les sculpteurs moins originaux Sarrazin,
Anguier, Théodon, Lehongre, Buirette, Girardon, Coysevox, Coustou,
Stodtz, Lepautre et autres, des règnes qui précèdèrent
la première révolution, et dans laquelle le célèbre
Houdon (1741-1828) occupe une place à part.
Après la sculpture du joli
représentée parfaitement par les oeuvres d'un Clodion, on
peut citer celles de Rude, de David d'Angers, de Barye, etc., statuaires
qui ont su donner plus de puissance et plus de nerf à leurs créations.
Angleterre.
En Angleterre, ce sont les menhirs d'Abury
(Wittshire) qui constituent probablement les plus anciens monuments précurseurs
de la sculpture; l'obélisque historié à Sueno, en
Écosse, attribué au IXe siècle,
pourrait cependant bien être du XIe,
et représenter la plus ancienne sculpture anglaise, si toutefois
ce monolithe n'est pas d'une époque encore plus moderne, à
en juger d'après les coiffures des personnages. Viennent ensuite
des monuments sépulcraux, parmi lesquels ceux en bois et à
plaques en émaux cloisonnés du tombeau érigé
en 1323 à Aymer de Valence, assassiné à Bayonne en
1296, sont peut-être les plus anciens conservés, car le tombeau
de Henri III (1272), également érigé à Westminster
et célèbre par ses mosaïques céramiques, est
l'oeuvre de l'Italien Cavallini et ne montre, du reste, que de la sculpture
architecturale. Gibbon, Wilton, Banks, Stone, Kent, Flaxman, Nollekens,
Bacon et lady Seymour-Damer, sont les uniques sculpteurs anglais, à
partir du XVIIe siècle, parmi lesquels
Flaxman seul a acquis une réputation qui a passé le détroit.
Espagne.
Les plus anciennes sculptures en Espagne,
probablement l'oeuvre des habitants primitifs de la péninsule ibérique,
sinon des Phéniciens, sont les célèbres Toros, dits
de Guisando. L'art arabe et moresque, qui n'était qu'un dérivé
de l'art byzantin, n'a presque laissé aucun produit de la statuaire,
si ce n'est quelques lions ou autres animaux en pierre, et l'art exercé
en Espagne, après la prise de Cordoue en 1492 par Gonzalve, montre
en tout l'influence étrangère et particulièrement
italienne jusqu'au XVIIe siècle,
où l'école vraiment espagnole s'est formée. Rodrigo,
Ortiz, Siloé, Cruz et Villapando sont les sculpteurs espagnols du
XVe siècle dont les noms sont connus;
les sculpteurs des des XVIe, XVIIe
et XVIIIe siècles, qui presque tous
ont excellé dans la sculpture en bois à décor polychrome
dite estofada, c'est-à-dire exécutée sur de l'or bruni
et gravé à la pointe.
Scandinavie.
En Scandinavie, particulièrement
en Norvège, on avait élevé dès le XIe
siècle, des églises entièrement construites en bois,
où la sculpture était appliquée à profusion
et montrait un caractère très original. Sergel et Flagelberg
étaient des sculpteurs suédois du XVIIe siècle, et
Thorwaldsen le plus célèbre sculpteur danois au siècle
suivant.
Pays
slaves.
Il y a peu de chose à dire de la
sculpture slave. Ce n'est qu'en Russie que l'on rencontre quelques oeuvres
importantes, et encore paraissent-elles exécutées par des
Byzantins et des Allemands, telles que les portes en bronze dites de Korssan,
à l'église de Novgorod, du commencement du XIIIe
siècle, sinon de la fin du XIIe.
On les attribue aux Allemands Riguin, Waismuth et Abraham, contemporains
de l'archevêque Wichmann de Magdebourg (1156-1192), et probablement
de l'école bas-saxonne. (A. Demmin / NLI).
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En
bibliothèque - Sur l'histoire
de la sculpture, on peut consulter les auteurs suivants : Emeric David,
Recherches
sur l'art statuaire, 1805, et Histoire de la sculpture française,
publiée par P. Lacroix et Duseigneur, 1853; Cigognara, Histoire
de la sculpture, en italien, Venise 1813, et Prato, 1824 ;Clarac,
Musée
de sculpture antique et moderne, 1821-52; Flaxman,
Leçons sur la sculpture, Londres, 1829; Folkstone Williams,
Histoire
de la sculpture sur bois, en anglais, Londres, 1835. |
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