|
|
|
|
Les
gens
|
|
| Antonin le Pieux,
Titus
Aurelius Fulvus Boionius Antoninus est un Empereur
romain de 138 à 161 ap. J.-C. (891-914 de la fondation de Rome Antonin possédait une fortune personnelle
considérable, qui fut augmentée par de nombreux héritages;
il avait en Italie, en Etrurie Sorti d'une famille consulaire, le futur empereur suivit la carrière régulière des fils de sénateur, tour à tour questeur, préteur et consul (en 120). Il se fit remarquer dans les deux premières fonctions par la somptuosité des jeux qu'il offrit au peuple. Hadrien, qui l'avait distingué, le désigna au lendemain de son consulat pour être à la tête de l'un des quatre grands ressorts judiciaires qu'il venait de créer en Italie; c'est probablement en Etrurie et en Ombrie qu'Antonin remplit les fonctions de juge-administrateur qu'Hadrien lui avait confiées. Il fut ensuite proconsul d'Asie, vers 130-35; au moment de partir pour son gouvernement provincial, il perdit sa fille aînée, Aurelia Fadilla, qui était déjà mariée. Dans son proconsulat d'Asie, Antonin fit preuve de telles vertus et de telles qualités, comme homme ou comme administrateur, que, seul, il fut capable de surpasser la réputation que s'était acquise son aïeul maternel, Arrius Antoninus, proconsul d'Asie à l'époque des Flaviens. Quand Antonin fut de retour à Rome, Hadrien l'appela auprès de lui et le fit entrer dans le Conseil impérial, sorte de conseil d'État et de conseil privé, où aboutissaient toutes les grandes affaires de l'empire; le nouveau conseiller se distingua par son assiduité et par son libéralisme. C'est là qu'Hadrien acheva de le connaître et de l'apprécier; aussi, quand il pensa à se choisir un successeur à défaut d'héritier naturel, et quand L. Aelius Verus, auquel il avait d'abord songé, vint à mourir (1er janvier 138), il arrêta son choix définitif sur Antonin qui n'avait rien fait pour avoir l'empire; son passé d'administrateur et ses qualités personnelles avaient plaidé pour lui. Antonin fut désigné par Hadrien pour être son héritier, le 25 février 138; il adopta aussitôt, suivant la condition mise à son adoption, M. Annius Verus (Marc-Aurèle) et L. Verus, qui devaient après sa mort régner simultanément ; il modifia son nom en prenant le nom de famille et le surnom de son père adoptif, il s'appellera désonnais T. Aelius Hadrianus Antoninus. Antonin resta quatre mois et demi seulement empereur en expectative : Hadrien mourait à Baies, le 10 juillet 138. Ce jour-là, commençait le règne d'Antonin, âgé alors de près de cinquante-deux ans. Très grande modération personnelle dans l'exercice du pouvoir absolu; caractère bourgeois donné à la royauté; développement régulier des institutions des règnes précédents, en particulier des réformes importantes d'Hadrien; essai loyal de rendre au Sénat un peu de vie politique voilà, au point de vue politique, les traits généraux qui donnent sa physionomie propre à ce règne de vingt-trois ans. C'est Antonin qui a le mieux réalisé, aux applaudissements du monde, l'accord de ces deux choses qui semblaient s'exclure mutuellement, le principat et la liberté. "Ce que j'ai vu dans mon père, dit Marc-Aurèle (PenséesAvec Antonin, la sagesse et la raison étaient montées sur le trône. Le nouvel empereur avait toutes les vertus morales de l'Antiquité Ce bonheur fut en grande partie le résultat
de la paix à peu près ininterrompue dont jouit alors l'empire
romain; ces vingt-trois années furent l'apogée de la pax
romana. Antonin disait qu'il vaut mieux sauver un citoyen que tuer
mille ennemis. Cependant les légions impériales eurent à
marcher à diverses reprises contre les peuples barbares de la frontière
de l'empire ou à réprimer quelques révoltes locales.
Les historiens anciens parlent de soulèvements en Germanie, chez
les Daces, chez les Juifs, en Achaïe et en Egypte
Antonin le Pieux, d'après le buste du Musée de Naples. Une prospérité pour ainsi dire sans précédent et sans lendemain régna dans toutes les provinces. Tous les agents financiers de l'empire eurent l'ordre de ne percevoir les impôts que dans la limite strictement légale. Antonin accueillait volontiers, bien qu'il ait proscrit les délateurs, les plaintes que les provinciaux pouvaient adresser contre eux; ceux qui furent convaincus d'avoir prévariqué furent destitués et condamnés à des restitutions. Il maintenait longtemps en charge les fonctionnaires provinciaux dont il était satisfait. Son biographe dit de lui qu'il apportait en toutes choses, dans l'administration de l'empire et dans le reste, l'attention et la vigilance d'un père de famille gérant ses affaires personnelles. Il recevait au palais impérial du Palatin, l'ancienne maison de Tibère, tous ceux qui avaient à lui parler; il aimait qu'on lui rendit compte directement des affaires à lui-même, sans passer par l'intermédiaire de tous les officieux qu'un empereur pouvait toujours avoir autour de lui. L'empereur qui ne faisait aucune dépense
inutile, qui supprima une foule d'emplois qui ne servaient de rien, qui
réduisit le train de vie de la cour impériale à une
simplicité bourgeoise, ne regardait pas à dépenser
de l'argent quand il était question de concourir au bien de ses
sujets ou à la prospérité de l'État. Les hommes
de lettres reçoivent la protection impériale, même
un traitement et des honneurs municipaux; le recteur Hérode
Atticus, le rhéteur latin Cornelius Fronton, les maîtres
de Marc-Aurèle, arrivent tous deux
au consulat en 143. L'empereur fait don de nombreuses sommes d'argent aux
cités provinciales pour les aider dans leurs travaux d'édilité.
Des tremblements de terre terribles avaient ravagé les contrées
de la Lycie et de la Carie, les îles de Mitylène, Cos Antonin s'est encore signalé par son activité législative. Le Digeste renferme un grand nombre de constitutions et de rescrits signés du nom de cet empereur, et préparés par les nombreux jurisconsultes, Vindius Verus, Salvius Valens, Volusius Maecianus, etc., qu'il avait fait entrer au Conseil impérial. Toutes les dispositions législatives d'Antonin portent les traces de l'esprit de justice qui le caractérisait; toutes sont faites dans le sens de l'humanité et de l'équité. Protection pour l'esclave : le propriétaire qui maltraite un esclave le vendra; s'il le tue, son meurtre sera assimilé à un véritable homicide, et comme tel puni de l'exil ou de la mort suivant la condition sociale du coupable. Protection de la femme et de l'enfant : la femme ne pourra être poursuivie en adultère par le mari, qu'autant que le mari n'aura pas manqué lui-même à la fidélité conjugale; l'adopté est désormais assuré d'avoir une part sur les biens de l'adoptant par l'institution de la célèbre Quarte Antonine, si connue en droit romain; de nouvelles fondations charitables sont faites pour les jeunes filles pauvres, que l'empereur appelle les Jeunes Faustiniennes, en mémoire de sa femme L'empereur se montra très attaché
à la religion romaine L'empereur Antonin avait toujours conservé
une passion très vive pour la campagne et la vie des champs
: un de ses grands bonheurs était de quitter le Palatin pour aller
vivre dans une de ses villas des environs, où il aimait à
se livrer à des exercices physiques, à chasser, à
pêcher à la ligne, à faire la vendange en compagnie
de ses héritiers adoptifs, Marc-Aurèle
et L. Verus, et des intimes qu'il avait invités
à partager ces plaisirs champêtres. C'est dans une de ses
maisons de plaisance, à Lorium, là même où s'était
écoulée son enfance, qu'il rendit le dernier soupir, au mois
de mars 161, à l'âge de soixante-quinze ans, après
vingt-trois ans de règne. Quand il fut mort, le Sénat avec
lequel il avait toujours vécu dans la plus étroite harmonie,
malgré une ou deux tentatives de conspiration, lui décerna
tous les honneurs dont sa reconnaissance pouvait disposer; il le mit au
rang des dieux, lui consacra un collège spécial de prêtres
et lui fit élever au Champ-de-Mars De son mariage avec Faustine, Antonin avait eu deux fils qui moururent en bas-âge, et deux filles, Aurelia Fadilla et Faustine la Jeune. Antonin ne se remaria pas, après la mort de Faustine; mais, suivant l'usage romain, il prit une concubine, Galeria Lysistrata, ancienne affranchie de l'impératrice. Après lui, l'empire échut à son gendre et fils adoptif, Marc-Aurèle, pour lequel il avait toujours eu le plus vif attachement, et qui le lui a rendu dans le culte qu'il conserva toujours pour lui Les principales sources pour la vie d'Antonin
le Pieux sont des passages des Pensées |
|
© Serge Jodra, 2004 - 2006. - Reproduction interdite.