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| Cronos ou
Kronos,
personnage de la mythologie grecque.
Il était, selon Hésiode, le fils
puîné d'Ouranos (le Ciel)
et de Gaïa (la Terre),
et épousa sa sœur Rhéa. Titan,
son frère aîné, lui céda le trône, mais
en le réservant après lui à ses fils, les Titans,
et en exigeant que Cronos dévorât ses enfants mâles
dès leur naissance. Cronos, exécutant fidèlement le
traité, dévora Héphaïstos
et Poséidon; mais Rhéa le trompa
lors de la naissance de Zeus, en substituant au
nouveau-né une pierre, que Cronos engloutit aussitôt; elle
sut même, à l'aide d'un puissant breuvage, tirer de ses entrailles
et rendre à la vie Poséidon et Héphaïstos.
Titan, instruit de l'existence des trois
enfants, détrôna Cronos et le jeta dans une prison. Zeus,
resté libre, vengea son père, battit les Titans, et remit
le captif sur le trône. Mais bientôt Cronos devint jaloux de
son propre fils, et lui tendit des pièges. Alors Zeus
prit les armes contre lui et le chassa du ciel. Pendant son séjour
sur la Terre, Cronos prit la forme d'un cheval
pour plaire à la nymphe Philyre, qui
eut de lui le centaure Chiron,
moitié homme, moitié cheval. Il fut relégué
dans le Tartare.
Cronos dévorant un de ses enfants, par Francisco Goya. (Musée du Prado, Madrid). Une autre version
relègue Cronos dans l'île des Bienheureux, avec Rhadamante.
Cronos ne figure guère que dans les mythes théogoniques;
pourtant il avait un temple à Athènes au pied de l'Acropole Les mythologues ont
débattu sur l'interprétation de ce personnage divin. Il semble
bien que, comme les Titans, il soit un produit de l'imagination philosophique
s'exerçant à fabriquer des généalogies célestes,
des théogonies. Mais plusieurs ont soutenu que la succession mythique
de Cronos et de Zeus répond à un fait historique, la succession
de deux religions différentes et peut-être de deux peuples.
En dernier lieu Hoffmann (Mythen aus der Wanderzeit der groekoitalisichen
Stoemmae, 1876) a développé cette théorie. En
revanche, on admet généralement que l'idée de faire
de Cronos un dieu du temps (Chronos) repose sur une confusion et une sorte
de calembour. (A19).
La mutilation d'Ouranos par Cronos, d'après Vasari (Florence, Palazzo Vecchio). |
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