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Aperçu.
On a proposé
de la religion des définitions multiples dont le défaut commun
semble consister en ce que tantôt l'un, tantôt l'autre de ses
éléments essentiels, en est exclu. Conçue comme un
ensemble de mythes, de dogmes et de pratiques
rituelles, elle se réduit à n'être plus qu'une mythologie
ou une théologie, à laquelle est étroitement soudé
un code de prescriptions cérémonielles, et parfois un recueil
de règles morales ,
mais dont toute valeur, toute signification spécifiquement religieuse
demeure et doit demeurer absente; envisagée comme un ensemble de
sentiments et d'émotions, analogues aux sentiments esthétiques
et moraux, encore qu'ils en soient distincts et gardent leur originalité
propre, elle est arbitrairement dépouillée des formes réelles
et concrètes ou, en fait, elle a pris corps et elle se transforme
en une sorte d'abstraction psychologique qui n'a plus guère de commun
que le nom avec ce complexus de concepts, d'images, d'actes, d'états
affectifs, qui constitue une religion aux diverses phases de l'évolution
humaine qu'il nous est donné d'observer. Lorsqu'on réussit
à éviter ce double péril, c'est la plupart du temps
en donnant de la religion et des phénomènes religieux une
définition purement formelle ou en substituant à une définition
véritable une énumération des principales et plus
notables manifestations de l'activité religieuse.
Philosophes, moralistes
et psychologues sont également disposés à considérer
comme la formule même des progrès du sentiment religieux son
émancipation des dogmes et des cérémonies et la graduelle
disparition des formes arrêtées et des symboles précis
où il s'est incarné aux périodes diverses de la longue
vie de l'humanité; les théologiens, pour la plupart, sont
inhabiles
à se représenter l'émotion religieuse dissociée
des conceptions qui lui sont traditionnellement unies et n'aboutissant
point à des actes rituels déterminés; les uns et les
autres ne se peuvent défendre que fort malaisément contre
la tendance à identifier dans quelque mesure le commandement moral
et l'inspiration religieuse, plus frappés de leur connexion de fait
à la période que nous traversons que de l'indépendance,
où ils se trouvent logiquement l'un à l'égard de l'autre,
et de la nette distinction de leurs origines, que bon nombre cependant
des historiens les mieux informés des sociétés primitives
et des critiques les plus sagaces ont ouvertement proclamée. (L.
Marillier, ca. 1900). |
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