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L'astrologie

L'astrologie est une activité qui consiste à prédire les événements moraux et politiques qui doivent s'accomplir, par les aspects, les positions et les influences des astres. L'astrologie se divisait en deux branches : l'astrologie naturelle, qui était l'art de prédire les événements naturels, tels que le beau temps, la pluie, les inondations, les vents, les ouragans, les orages, les tempêtes, le tonnerre, les tremblements de terre, etc., et l'astrologie judiciaire, qui était l'art de découvrir dans les astres la destinée des humains, car les astrologues prétendaient "que le ciel est un grand livre où Dieu écrit de sa main l'histoire du monde et où chacun peut lire son avenir. " 

L'astrologie prit naissance en Mésopotamie, où se forgèrent progressivement les bases qui resteront ensuite les siennes. Les astrologues chaldéens, grecs, puis romains; en particulier se persuadèrent que les noms donnés aux douze signes du zodiaque avaient leurs fonctions et spécifiaient leurs influences. Par exemple, ils croyaient que le Bélier et le Taureau, ayant une action puissante sur les troupeaux, l'enfant qui naissait au moment précis où ces signes commençaient à paraître sur l'horizon serait, à coup sûr; très riche en troupeaux. La Balance, selon les Romains, inspirait des inclinations de bon ordre et de justice : d'où les souverains nés sous ce signe devaient faire la félicité des peuples. Le Scorpion n'inspirait que des idées fâcheuses et malfaisantes : ainsi malheur à quiconque venait au monde sous ce signe. On prédisait de celui qui naissait sous l'Écrevisse (Cancer) qu'il irait continuellement à reculons et en baissant. Ceux qui arrivaient à la lumière sous le signe du Lion devaient être des héros. L'aspect de la Vierge, portant l'épi céleste, devait inspirer des inclinations chastes, et joindre l'abondance à la vertu. La fortune de ceux qui naissaient sous le Capricorne, et particulièrement quand le Soleil montait sur l'horizon avec ce signe, devait toujours aller en suggérant; mais, comme il s'en fallait de beaucoup que les événements concourussent, à vérifier toutes ces prédictions, ceux qui exerçaient l'art alléguaient, pour se tirer d'embarras, le concours de la Lune ou d'autres corps célestes qui, par leur opposition ou conjonction, émoussaient la bonté de certaines influences et corrigeaient la malignité des astres. L'habileté consistait donc dans l'exacte combinaison des effets, qui devaient être le résultat des situations respectives des corps célestes.

De là vinrent toutes les extravagances débitées sur les planètes. On attribua à Saturne des influences tantôt languissantes, tantôt meurtrières. Jupiter eut la distribution des sceptres et des grandeurs, des dignités; il prolongea la vie et fut le prince des événements les plus heureux. Mars dut inspirer le goût des armes, et Vénus, celui de la volupté. On croyait que le pouvoir des planètes se manifestait particulièrement quand elles étaient eu conjonction avec un signe bienfaisant, parce qu'il se formait alors un parallélisme d'influences bénignes, qui opéraient la félicité de l'enfant né dans ces circonstances. La vraie science des astres; l'astronomie, tout le monde le sait, a fait de nos jours d'immenses progrès, et elle a laissé bien loin derrière elle l'ancienne science des astrologues; cependant; nos plus grands savants pourraient-ils prédire le temps qu'il fera dans un mois, dans un an?... Les phénomènes météorologiques ne sont-ils pas complètement indépendants des révolutions planétaires? 

L'astrologie naturelle n'avait donc aucun fondement; elle était absurde. Mais si par événements moraux, on entend tous les événements qui dépendent de la volonté et des actions libres des hommes, l'astrologie judiciaire n'est-elle pas plus absurde encore? Comment lorsque, d'après l'observation des astres, on fait l'horoscope de l'enfant qui naît, tous les autres enfants qui viennent au monde dans le même moment ne naissent-ils, donc pas sons les mêmes influences célestes? la cependant quelle diversité dans la durée du leur vie, dans leur fortune, leur position sociale! Et lorsque, par suite, d'une famine, d'une peste, d'un tremblement de terre, d'une bataille, etc., plusieurs milliers de personnes perdent la vie eu même temps, les astrologues viendront-ils nous dire que toutes étaient nées sous les mêmes influences funestes? Et d'ailleurs, presque tous les événements n'ont-ils pas donné un éclatant démenti à leurs prédictions mensongères? Voici comment Shakespeare, dans sa pièce du Roi Lear se moque de l'astrologie : 

" Quoi! lorsque nous sommes malades ou dans l'infortune (ce qui vient souvent de notre mauvaise conduite), nous ferons coupables de nos souffrances le Soleil, la Lune et les étoiles! comme si nous étions méchants par nécessité; fous par un ordre du ciel; fripons, voleurs et traîtres par une prédominance des astres; buveurs, mensongers et adultères par une obéissance forcée à l'influence d'une planète, et comme si tous nos vices descendaient du ciel! Admirable invention d'un libertin de mettre ses penchants déréglés sur le compte d'une étoile! Mon père et ma mère furent unis sous le signe du Dragon, et je naquis sous la Grande Ourse; de sorte que je dois être rude et sans honte. Bah! j'aurais été ce que je suis, si même la plus petite étoile du firmament eût présidé à ma naissance." 

"Autrefois, dit Voltaire, les princes et les papes étaient très orgueilleux et très ignorants. II n' y avait d'étoiles que pour eux; le reste de l'univers était de la canaille dont les étoiles ne se mêlaient pas. " (Rieunier.).


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