Dictionnaire

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Cabale ou Kabbale, doctrine secrète des Juifs, dans laquelle on enseignait : 
1° une théologie mystique dont le fond était le dogme de l'émanation divine et une explication allégorique des Écritures

2° une théurgie par laquelle on prétendait soumettre à la volonté humaine les puissances surnaturelles en prononçant certains mots, et opérer avec leur secours toutes sortes de miracles.

La Cabala (Cabbala = tradition) est en quelque sorte l'antithèse de la philosophie rationaliste: autant celle-ci tend à diminuer la part du surnaturel, autant celle-là tend à l'exagérer, à en scruter les profondeurs et à l'introduire partout, même dans la pratique journalière. Les origines lointaines de cette théosophie mystique se relient en philosophie aux spéculations de l'école d'Alexandrie; dans la Bible elle a pour points d'attache le tableau de la création et la vision d'Ezéchiel (Merkaba). Le Livre de la création (Sefer Yézira) existait déjà au temps de Saadia; on connut aussi de bonne heure la Cabbale notarique, fondée sur la manipulation des caractères hébraïques et l'équivalence de mots ayant la même valeur numérique (gematria). (Séphiroth).

La nouvelle Cabale prend naissance au XIIIe siècle dans le midi de la France (autour d'Abraham de Posquières) par réaction contre les tendances ultra-rationalistes; de là elle gagne l'Espagne, l'Italie, l'Allemagne, etc. Son bréviaire est le Zohar, ouvrage faussement attribué à un ancien tana (Siméon ben Yokhaï), et qui fut lancé dans le public rabbinique par le charlatan Moïse de Léon.

Le goût de la Cabale se répand non seulement parmi les plus doctes rabbins, mais parmi les savants chrétiens (Pic de Ia Mirandole, Reuchlin). Au XVIe siècle, les études cabalistiques ont leur siège principal en Palestine (école de Safed) où Isaac Louria, Moïse Cordovero, Hayim Vital dépassent les divagations du Zohar.

Au XVIIe, la Porte du ciel de Alonso de Herrera (mort en 1639) vulgarise « les sottises de ces charlatans » suivant l'expression de Spinoza, et le mouvement messianique de Sabbataï Zevi est imprégné d'idées cabalistiques. Au XVIIe siècle, l'hérésiarque Frank, en Pologne, veut substituer le Zohar au Talmud comme code du judaïsme (vers 1756). Un synode de rabbins polonais dut interdire l'étude des livres cabalistiques avant l'âge de trente ans. (A19).



Cette doctrine, que l'on fait remonter à l'époque de la captivité des Juifs à Babylone, se trouve principalement exposée dans l'Yetzira, attribué au rabbin Akiba, et dans le Zohar, attribué à son disciple Ben-Yokaï. On peut consulter la philosophia Cabbalistica de Freys, Kœnigsbe., 1838, et la Kabbale ou philosophie religieuse des Hébreux, de M. A. Franck, Paris, 1843.

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