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Valentin,
fondateur d'une secte gnostique en la première
partie du IIe siècle. Les mentions
qu'on trouve sur lui, chez les anciens écrivains catholiques, sont
confuses et contradictoires. Ce qu'on peut en déduire de plus vraisemblable,
c'est qu'il naquit en Égypte, peut-être de famille juive,
et qu'il étudia à Alexandrie.
Vers la fin du règne d'Hadrien (130 ?),
il enseigna en Égypte
et dans l'île de Chypre .
Sous le règne d'Antonin le Pieux, il s'établit
à Rome et commença par se rattacher à l'Église
catholique; il y fut excommunié trois fois, à cause de ses
opinions. Il laissa de nombreux disciples, qui ont développé
et remanié sa doctrine, sans l'altérer sensiblement. Ils
formèrent deux écoles : l'école anatolienne ou orientale
et l'école italienne.
Les fragments qui nous sont parvenus des
écrits personnels de Valentin ont été recueillis par
Hilgenfeld (Ketzergeschichte; pp. 93, 207), ainsi que des restes,
beaucoup plus abondants, des oeuvres de ses sectateurs (pp. 472-98).
Le Valentianisme
présente le développement le plus complet et le plus ingénieux
des imaginations et des spéculations gnostiques, qu'il revêt
parfois d'une haute et touchante poésie. Il nous a été
impossible de le résumer dans notre courte notice, sans le mutiler
et le déflorer.
La vie universelle
provient d'une essence éternelle, qui est un abîme insondable,
Buthos. Elle s'est manifestée d'abord en des couples, Syzigies,
qui se sont complétés par une sorte de génération
transcendante d'abord l'Esprit et la Vérité, de qui procèdent
le Verbe et la Vie, lesquels ont engendré l'Homme et l'Église.
Ces trois couples constituent le Plérome, la plus haute sphère
de la vie idéale. Le Plérome est en dehors de l'Absolu, car,
dès que l'être sort de l'indétermination, il s'affaiblit.
Les Syzigies ont multiplié leurs produits, soit par émanation,
soit par génération, soit par création, en formant
d'autres Eons, d'autant moins parfaits que leur effluence de Dieu est plus
médiate, par conséquent plus lointaine. Le dernier des Eons
femelles est Sophia, la Sagesse; elle fut chassée du Plérome,
parce qu'elle s' etait unie au Buthos; mais elle y fut ramenée par
un premier Christ, produit par la pitié des Éons supérieurs
pour leur malheureuse soeur. Pendant son exil, la douleur de Sophia s'était
incarnée en son fils Achamot, qui continua à porter la souffrance
de sa mère, lorsqu'elle fut rentrée dans le Plérome.
Achamot fut délivré par un second sauveur, Jésus;
mais il ne put se dégager de sa douleur, qu'on la rejetant dans
un monde misérable, qui en est formé et tissu. C'est dans
cette basse région des ténèbres et des passions, que
se débattent les fils de la Lumière, les hommes de l'Esprit,
c.-à-d. les pneumatiques, auxquels Achamot a communiqué une
étincelle divine. Ils sont sauvés par un troisième
Christ, qui les affranchit de la puissance du Démiurge. Ce dominateur
est plutôt aveugle que méchant, car il se prend sincèrement
pour le Dieu suprême. Il sera aussi délivré par le
Christ, mais il ne s'élèvera pas aussi haut que les pneumatiques,
qui sont les gnostiques, c.-à-d. ceux à qui le Christ a révélé
la science du Plérome. Le Messie, qui agit ainsi en dehors du Plérome,
a reçu un corps formé d'un air pur, qui a passé par
Marie, comme par un canal. Il donna d'abord l'exemple de la vertu ascétique;
mais au baptême, le Sauveur, Soter, s'est uni à lui et l'a
doué d'une vertu supérieure. Cette union, reproduite dans
les humains, constitue l'essence de la régénération.
(E.-H. Vollet).
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En
bibliothèque - Lipsius,
Der
Gnosticism, Wesen, Ursprung und Entwichlung; Leipzig, 1869. |
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