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La
Palestine (de l'hébreu
Pelischtim = les Philistins) est
une région historique du Proche-Orient (Asie occidentale) s'étendant
le long du rivage de la Méditerranée depuis le Liban jusqu'aux
frontières de l'Égypte. En raison de ce qu'elle a été
le berceau de la religion chrétienne, les auteurs chrétiens
la désignent souvent encore sous le nom de Terre Sainte, et on lui
donne aussi le nom de Terre Promise parce que, selon la Bible, Yahveh
avait annoncé à Abraham qu'elle appartiendrait un jour aux
descendants de ce patriarche.
Géographie.
Les limites de la
Palestine ne peuvent être indiquées avec la précision
qu'on apporte dans la description des pays européens; elles restent
vagues et indécises à l'Est. Cette contrée est comprise
entre 31° et le 33° degrés de latitude Nord (soit entre
l'embouchure et l'ouadi el-Arich, au Sud, et celle du Nahr-el-Leïtani
(Litani), au Nord), et entre 34° et le 36° degrés de longitude
Est environ. Elle commence au Nord-Est à l'extrémité
méridionale des chaînes du Liban et de l'Anti-Liban, c'est-à-dire
au Sud de la Phénicie, sur laquelle elle empiète même
à partir du Moyen âge (auparavant la bande côtière
au Sud du Litani et jusqu'au Sud du mont Carmel (ou seulement jusqu'à
Akko, selon les époques) était considérée comme
appartenant à la Phénicie; on y trouvait Tyr, la grande cité
phénicienne)
Palestine
cisjordane et Palestine transjordane.
La partie la plus
importante du pays constitue une zone étroite entre la Méditerranée
et le Jourdain, qui traverse toute la région du Nord au Sud dans
une gorge étroite et profonde, le Ghôr, dont le niveau du
sol est par places à plusieurs centaines de mètres au-dessous
du niveau de la mer. Cette zone étroite située sur la rive
droite du Jourdain est la Palestine cisjordane. Cela correspond
à peu près aux actuels Israël (Néguev excepté),
Territoires Palestiniens et Sud-Liban. La Palestine cisjordane se partage
en trois régions principales que les Européens désignent
encore habituellement par les noms qu'elles portaient vers le commencement
de notre ère. Ces régions sont du Nord au Sud, la Galilée,
la Samarie et la Judée.
Sur la rive gauche
du Jourdain s'étend la Palestine transjordarne (Sud-Ouest
de la Syrie et Nord-Ouest de Jordanie actuelles), relativement large au
Sud de Damas, où elle comprend tout le bassin du Yarmouk, mais allant
ensuite sans cesse en se rétrécissant jusqu'aux rives de
l'Arnon, torrent qui est un affluent de la rive orientale de la mer Morte.
Cette seconde région de la Palestine est un vaste plateau dénudé
d'une altitude moyenne de 700 à 800 mètres et confinant aux
sables du désert arabique.
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La
Palestine au temps des Rois. Cliquez sur l'image pour afficher une
carte grand format.
La Palestine transjordane
est à un niveau notablement supérieur à celui du reste
de la contrée, et elle se termine à l'Ouest par une chaîne
de montagnes dont les flancs abrupts encaissent la vallée du Jourdain.
L'autre partie du pays, la Palestine cisjordane, est une région
montueuse que la ligne de faite, dirigée du Sud au Nord partage
en deux versants dissemblables, l'un qui s'incline par une pente modérée
vers la mer Méditerranée ou Intérieure, l'autre qui
présente une succession de terrasses étagées le long
de la rive droite du Jourdain.
A l'Est la Palestine
s'étend d'abord jusqu'à, la plaine de Damas et au massif
de l'Hauran. Puis sa limite se dirige du Nord-Est au Sud-Ouest en se rapprochant
sans cesse de la vallée du Jourdain jusqu'à ce qu'elle atteigne
le cours de l'Arnon et l'ancien pays des Moabites. Au Sud elle finit à
l'extrémité de la mer Morte et aux montagnes de l'antique
Idumée et du pays des Amalécites.
La
côte de la mer Méditerranée.
La Méditerranée
baigne la Palestine depuis les environs de Tyr, aujourd'hui Sour, jusqu'à
la frontière égyptienne, et dans toute cette étendue
le littoral incline continuellement vers le Sud-Ouest. La région
littorale, qui borde une côte longue de 260 kilomètres,
comprend la plaine de Sour (Tyr), le Raz en-Nakoura, le port d'Akko (Acre),
qui est l'ancienne Ptolémais, avec sa large plaine qu'arrose le
Nahr-el-Moukatta (Kison) et sa baie largement ouverte, sur laquelle se
trouve le port de Haïfa (Caïfa), au pied du Carmel, et que termine,
au Sud, le Raz el-Keroun (550 m, formé par le djebel Mar-Elias ou
mont Carmel); viennent ensuite la longue et large plaine de Saron : port
de Kaisarèh (Césarée), les embouchures du Nahr-Abou-Zaboura,
Nahr-Falaik, Nahr-el-Aoudjé, le port de Jaffa, désignée
dans la Bible sous le nom de Joppé, aujourd'hui dans l'agglomération
de Tel-Avi, et qui peut être considérée comme le port
de Jérusalem; et, enfin, la vaste plaine de Séphéla,
avec l'embouchure du Nahr-Roubine et Ashkelon ou Aslcalân (I'Ascalon
des Philistins), Ghazzêh (Gaza), derrière la dune côtière,
qui borde depuis Kaisarièh le littoral rectiligne, et que les vents
d'Ouest et de Sud-Ouest poussent toujours plus avant dans les terres, et
El-Arich, au confluent de l'oued du même nom.
Les
montagnes.
Sur la rive occidentale,
le cours du Jourdain est longé par deux chaînes de montagnes
sensiblement parallèles, l'une dans l'intérieur des terres,
un peu plus loin de la Méditerranée que du Jourdain et formée
par les cimes culminantes de la Palestine; l'autre, moins élevée,
limitant l'étroite vallée du fleuve, et constituant un rebord
dont les terrasses successives descendent en pentes assez douces jusqu'au
Ghôr. Ces montagnes sont formées de calcaires crétacés,
et présentent çà et là des massifs de laves
et d'autres produits volcaniques, témoins des éruptions qui
ont ébranlé le sol un lointain passé.,
Des deux grandes
arêtes qui du Nord au Sud sillonnent la Palestine en deçà
du Jourdain, se détachent un grand nombre de contreforts transversaux
qui vont expirer à la plaine du littoral; d'autres chaînons,
dirigé, obliquement ou perpendiculairement, les relient les uns
aux autres.
Au Nord de la Galilée,
des hauteurs confuses (djebel Djermak, 1220 m; djebel Zeboud, 1114 m; mont
Thabor, 580 m) couvrent l'Ouest et le Centre; à l'Est, la chaîne
du djebel Safed domine le cours supérieur du Jourdain; dans le Sud,
la fertile plaine d'Esdrelon occupe la vallée du Nahr-el-Mouatta.
En Samarie et en Judée, tandis que dans l'Est un escarpement continu
domine la dépression médiane, c'est, dans le Centre et l'Est,
un plateau qui s'incline vers la mer; le dominent la chaîne du djebel
Mar -Elias, le Merdj el-Garak, le Nebi Bayazid, le Nebi Samyil, le mont
des Oliviers, le Dhor-ès-Salah.
Les montagnes aux
flancs escarpés qui bordent à l'Est la vallée du Jourdain
et supportent les hautes steppes qui la séparent du désert
de Syrie sont, en allant du Nord au Sud, l'extrémité méridionale
de l'Anti-Liban, le Grand Hermon, les monts de Galaad et les monts Abarim.
Les plateaux qui couronnent cette chaîne et dont l'altitude croît
progressivement du Nord au Sud sont : le Djaoulan, entre la rivière
de Damas et le Yarmouk; le Djebel Adjloun, entre le Yarmouk et l'Arnon,
le Belka, au Sud de l'Arnon et dans le pays de Moab.
Le
Ghôr ou vallée profonde du Jourdain et de la mer Morte.
Le seul cours d'eau
de la Palestine qui mérite le nom de fleuve, non pas tant par le
volume de ses eaux que par sa longueur de 200 kilomètres, est le
Jourdain. Il naît dans la Coelé-Syrie ou Syrie
Creuse (vallée de la Bekaa), plaine qui s'étend entre le
Liban et l'Anti-Liban, par la réunion de trois ruisseaux principaux.
Ceux-ci s'échappent en belles sources de grottes situées
au pied occidental de l'Hermon. La plus septentrionale de ces sources est
celle de Hasheïa, qui alimente le Nahrel-Hasbani; les deux autres,
plus considérables, sont les sources de Banias et de Tellel-Kali,
appelées par les Anciens sources de Paneas et de Dan. Le Jourdain
a une marche rectiligne du Nord au Sud; il coule dans le thalweg d'une
profonde crevasse, qui représente l'extrémité septentrionale,
de la grande faille tectonique qui s'étend en Afrique sous le nom
de Grand Rift.
Cette sorte de fossé
abrupt prend le nom de Ghôr, c'est-à-dire la vallée.
Au-dessous de Banian, autrefois Césarée de Philippe, au-dessous
de l'emplacement où se trouvait la ville de Dan, si souvent nommée
dans la Bible; le Jourdain prend sa source dans le massif neigeux
nommé aujourd'hui Djebel-el-Cheikh (le mont Hermon des Hébreux),
coule du Nord au Sud, traverse le petit lac de Houleh (anciennement les
eaux de Mérom), puis le lac de Tabarieh ou de Tibériade,
et se jette dans la mer Morte.
Tout le bassin est
environné de montagnes très escarpées sur la rive
orientale, et étagées en terrasses sur la rive occidentale.
Au Sud-Est, une presqu'île de la côte, que les Arabes appellent
et-Litan (la langue) pénètre en forme de coin dans la masse
des eaux. Celles-ci, beaucoup plus pesantes que l'eau de mer, dont la densité
moyenne, par rapport à celle de l'eau douce, est de 1,27, atteignent
le chiffre de 1,225. Ces eaux sont d'un beau bleu ou d'un bleu verdâtre
limpide, mais extrêmement salées, très riches surtout
en chlorure de magnésium, d'une odeur forte. Elles sont si lourdes,
que les personnes qui s'y baigneant ne peuvent y enfoncer; mais lorsqu'on
sort de ces flots, on a le corps couvert d'efflorescences salines, et la
peau reste gluante tant qui on ne s'est pas lavé dans l'eau douce.
A une seule exception près, ni poissons, ni mollusques, ni crustacés
ne peuvent vivre dans ce lac; mais, contrairement à une opinion
qui été très répandue, les oiseaux peuvent,
bien sûr, voler au-dessus de ses ondes sans tomber asphyxiés.
De temps en temps on voit nager à la surface de la mer Morte des
plaques de bitume qui remontent des profondeurs.
C'est dans le voisinage
de la Mer Morte, que la Genèse place une terre appelée
la vallée de Siddim ou la Pentapole, et que sur son sol s'élevaient
les villes légendaires de Sodome, Gomorrhe, Adama, Séboïm
et Ségor, détruites, dit le mythe biblique, par le feu du
ciel en punition de leurs iniquités. On ne connaît pas l'emplacement
de ces cités, à supposé qu'elles aient existé.
Les
petits cours d'eau.
De nombreux ouâdis
ou torrents temporaires apportent leurs eaux à la mer Morte par
la rive occidentale et par la rive orientale de ce lac salé; mais
ils ne peuvent suffire à l'évaporation abondante dont il
est le siège, et son niveau baisse continuellement. Les principaux
de ces torrents qui se jettent dans le lac en traversant les gorges dont
est coupée la ceinture de montagnes sont : 1° sur la rive
orientale, le Zurka-Main, l'Anion, l'Ouadi-Kerah; 2° au Sud, le Djeïb
et le Fikreh; 3° sur la côte Ouest, l'Ouâdi-Seyal, l'Os-el-Arais,
le Cédron, etc. Sur le littoral Nord-Ouest, à droite de l'embouchure
du Jourdain, le sol est parsemé de dunes et recouvert de dépôts
de sel et de soufre; des sources d'eau thermale, jaillissent en différents
points du rivage. On y voit aussi des fontaines d'eau douce qu'entourent
des bosquets de saules, de tamaris, d'acacias, de palmiers. De l'une on
l'autre rive, la vue du paysage est véritablement grandiose et n'a
pas l'empreinte de tristesse et de désolation qu'on lui attribue
généralement.
Tous les monts de
la Palestine sont séparés les uns des autres par du profondes
gorges, où coulent des torrents pérennes ou temporaires,
qui se rendent à la Méditerranée, Parmi ceux de ces
cours d'eau qui méritent le nom de fleuves côtiers, nous nous
bornerons à citer, du Nord au Sud :
1° Le
Léontes ou Nahr-el-Litani, désigné dans la partie
inférieure de son cours sous le nom de Nahr-el-Kasimiyeh. Venu du
mont Liban, il sépare la Phénicie de la Galilée; sa
direction générale est du Nord-Est au Sud-Ouest; mais il
remonte ensuite vers le Nord pour atteindre à la Méditerranée,
entre Saïda (Sidon) et Tyr.
2° Le Nahr-Naaman,
l'antique Bélus, qui parcourt la plaine d'Acre.
3° Le Nahr-el-Mukutta
ou Kison, qui parcourt la plaine d'Esdrelon, entre les monts de Gelboé
et de Nazareth à l'Est et la châine du mont Carmel à
l'Ouest. Ce cours d'eau, après s'être grossi du Mélik
et de quelques autres torrents, tombe dans la Méditerranée
au Sud de la baie d'Acre, et à l'Est du port de Haïfa.
4° Le Nahr-el-Falek,
qui draine les montagnes de Samarie et forme un petit lac marécageux
avant de tomber dans la mer.
5° Le Nahr-el-Aoudje.
qui tombe dans la mer au Nord de Jaffa.
6° Le Nahr-Roubin,
le torrent des Philistins.
7° Le
Sni, qui reçoit de nombreux torrents du pays d'Hébron. Le
versant oriental des monts de la Palestine envoie au Jourdain ou au lac
de Tibériade quantité de torrents parmi lesquels nous citerons
le Méir, tributaire du lac, et le Fara, affluent direct du Jourdain,
qui a sa source au Nord du mont Ebal.
Sur la rive gauche,
au nombre des multiples torrents qui versent leurs eaux dans la Mer Morte,
on remarque l'Arnon, qui formait la limite entre les Ammonites et les Moabites.
Toute cette zone orientale de la Palestine est un plateau élevé
et couvert de steppes, qui sépare le Jourdain du désert de
Syrie. Dans les vallées, au fond des ravins et sur les flancs des
montagnes, la végétation s'y développe mieux que dans
la partie de la Palestine qui est à l'Ouest du Jourdain et de la
mer Morte.
Les
villes et les anciennes cités de Palestine.
En dehors des deux
ports d'Akko (Acre) et de Haïfa, les localités les plus remarquables
de la Galilée inférieure sont : Tabaryeh, l'ancienne Tibériade,
Cana, Nazareth, Zerin, l'antique Jezraël, Madadrillony qui fut Maggeddo,
Jenine. Quand on a franchi vers le Sud la plaine d'Esdrelon, on pénètre
dans la montueuse Samarie, suite de plateaux, dédale de vallées
qui vont en s'abaissant vers la Méditerranée, sur la plaine
sableuse de Saron, parsemée de quelques oasis. La ligne de faite
de la Samarie en est sensiblement l'axe central. C'est sur cette ligne
que se trouvent les hauts sommets, le mont Ebal, le mont Garizim, où
les Samaritains adoraient; et une suite d'autres hauteurs qui s'alignent
jusqu'aux environs de Jérusalem. Vers le Nord'Ouest, la Samarie
est couverte par le massif du mont Carmel, qui se termine sur la mer par
le cap Carmel, où il existe un couvent de religieux. Les principales
villes de la Samarie sont aujourd'hui Naplouse, l'ancienne Sichem, entre
le mont Ebal au Nord et le mont Garizim au Sud; Sébastieh, qui fut
Samarie, et, sur la côte, la ville presque ruinée de Césarée.
La Samarie est actuellement la contrée la plus fertile de la Palestine.
La Judée, qui en est voisine au Sud, contraste avec elle par son
aridité et sa nudité. C'est une région pierreuse où
la végétation ne peut se développer que dans les vallées.
Les montagnes y sont beaucoup plus hautes qu'en Samarie, et elles augmentent
assez régulièrement d'altitude du Nord au Sud. Jérusalem,
construite sur une de ces hauteurs, est déjà à 753
mètres au-dessus du niveau de la mer, et le massif d'Hébron,
au Sud, est encore beaucoup plus élevé.
La Judée renferme
une foule de localités dont les noms antiques ont été
rendus familiers aux Chrétiens par les Evangiles. C'est d'abord
Jérusalem, la ville sainte des Juifs, des chrétiens et des
Musulmans; Jéricho, dans la vallée du Jourdain; Bethléem,
où naquit Jésus, si l'on en croit la Bible; Hébron,
au Sud de la vallée de Mambré, dans laquelle la Genèse
fait camper Abraham. A l'Est de la route de Jérusalem à Hébron,
s'étend, le long du rivage de la mer Morte, le désert de
Judée, qui occupe l'une des terrasses disposées sur la pente
des hauteurs qui bordent de ce côté la mer Morte. A l'Ouest
des derniers mamelons de la Judée, la Méditerranée
est longée par la plaine de Séphala et le pays des anciens
Philistins. C'est une terre fertile. Le littoral possède les ports
de Jaffa, d'Ashkelon et de Gaza. Sur toute cette côte, on voit encore
un grand nombre de monuments chrétiens presque entiers, élevés
par les Croisés.
Le
climat.
Le climat de la
Palestine se rattache à celui de la zone subtropicale; mais il offre
de grandes inégalités qu'explique la nature montueuse de
la contrée. Sur la côte méditerranéenne, la
température moyenne annuelle est de 22°C; c'est là que
sont les jardins d'orangers, de citroniers, de grenadiers. Les dattiers
y végètent bien, mais n'y donnent plus de fruits. La vallée
du Jourdain est, en été, une véritable fournaise,
et la chaleur y monte parfois à plus de 50°. La région
montagneuse de la Judée, de la Samarie et de la Galilée jouit
d'une température plus modérée, et elle est éminemment
propre à la culture de la vigne et de l'olivier; mais ici certaines
localités connaissent, en hiver, des froids assez vifs, et quelquefois
les cimes des plus hauts monts se couvrent de neige pendant quelques jours.
La contrée n'a que deux saisons : l'été, caractérisé
par la sérénité continuelle de l'air, et l'hiver,
qui est l'époque des pluies. Celles-ci tombent d'abord vers la fin
d'octobre, puis viennent les froid; et un temps sec. Vers le mois de février,
la pluie se précipite de nouveau, et la terre se revêt d'un
tapis de verdure que dessécheront bientôt les ardeurs du Soleil.
La
flore.
Le froment et l'orge
se sèment en Palestine après les pluies d'octobre pour être
récoltés en avril et en mai. Au contraire, c'est vers le
mois de mars que l'on confie à la terre les graines du sésame,
du dourra, du tabace, du coton, des fèves, des lentilles, dont la
récolte s'effectue en septembre et en octobre. Le riz se cultive
dans quelques parties marécageuses de la côte. La végétation
forestière se compose surtout de chênes sur les montagnes,
de platanes et de sycomores dans les oasis de la plaine. La Palestine produit
des fruits de la zone tropicale; mais son climat est merveilleusement propice
a ceux qui sont propres à la partie la plus chaude de la zone tempérée.
Le bananier a disparu des bords du lac de Tibériade; mais il mûrit
encore ses fruits à Jaffa. Il n'existe presque plus de dattiers
à Jéricho; mais on en voit encore des bouquets à Jaffa,
où ces arbres ne fructifient plus. Le baumier de Judée, autrefois
très commun, est devenu une rareté. Comme dans l'Antiquité,
la vigne et l'olivier restent des productions végétales assez
répandues. Viennent ensuite les grenadiers, les orangers, les citronniers,
les cédratiers, les pistachiers, qui remplissent de beaux jardins
autour des villes du littoral et particulièrement à Jaffa.
Sur la côte méditerranéenne, et même dans l'intérieur
de la Palestine, croissent l'amandier, le pécher, l'abricotier,
le cerisier, le noyer, le poirier, le pommier, etc. On trouve l'indigo
à l'état spontané sur les rives du Jourdain. La flore
naturelle ou introduite de la Palestine montre que le climat et la température
de cette région sont demeurés à peu près ce
qu'ils étaient dans l'Antiquité.
La
faune.
La dépopulation
relative du pays, à l'époque de la domination turque, a été
favorable au maintien de la faune indigène primitive. A la vérité,
les lions ont disparu complètement de nos jours, mais les onces
se trouveraient encore dans les parages les plus déserts des montagnes.
Il y a des ours dans le Grand Hermon et dans les monts de Samarie. Les
fourrés de l'Hermon, du Thabor, du Carmel servent de retraite aux
sangliers; les hyènes et les chacals rôdent autour des villages
palestiniens. Le cerf commun, le chamois, la gazelle, l'antilope animent
les steppes solitaires, et le lièvre est très commun partout.
La Palestine a un certain nombre de genres d'oiseaux en commun avec le
Nord-Est de l'Afrique. Les tourterelles à collier, par exemple,
vivent dans la vallée du Jourdain comme dans celle du Nil; le crocodile
existait encore il y a un siècle dans deux ou trois des fleuves
côtiers de la Méditerranée; il n'atteignait guère
en Palestine que 1 mètre à 1,50 m de longueur. Les poissons
qui peuplent les eaux douces de la contrée ont une grande analogie
avec ceux du Nil.
Les chameaux de la
Palestine cisjordane semblent participer à l'indigence de la végétation
de cette contrée; ceux du bassin de Yarmouk sont beaucoup plus forts
et plus beaux. Les ânes sont encore nombreux, de grande taille et
robustes. Il n'y a dans le pays de beaux chevaux que ceux que l'on amène
d'Arabie. Comme dans l'Antiquité, le porc est toujours inconnu en
Palestine.
Histoire.
La Bible donne le
nom de Réphaïm et de Zomzommim aux plus anciens habitants de
la contrée. Celle-ci, vers le XVIe
siècle (?) avant notre ère, fut envahie par les Cananéens
émigrés des bords du golfe Persique, par les Hébreux
et par les Philistins, d'origine égéenne. Si l'on suit la
Bible, quand, après leur sortie de l'Égypte et leurs pérégrinations
dans le désert du Sinaï, les Hébreux eurent fait la
conquête de la Palestine sous la direction de Josué, ils divisèrent
le territoire entre les douze tribus; les seules qui fussent à l'Ouest
du Jourdain étaient les tribus de Ruben et de Gad, et la demi-tribu
orientale de Manassé. Toutes les autres possédaient le pays
compris entre la Méditerranée et le Jourdain. A la mort de
Salomon, la puissance juive se scinda en deux royaumes : celui de Juda
et celui d'Israël. Agnès la destruction de ces États
et la captivité de Babylone, une nombreuse population araméenne
vint s'établir sur la terre d'Israel. L'histoire de la Palestine
se confond avec celle des Juifs jusqu'à l'époque de la dispersion
de ce peuple, l'an 135 de J.-C. ( La
Diaspora Juive).
Les Romains conquirent
le pays à partir de 65 av. J.-C et donnèrent le nom de Palaestina
à toute la région située entre la Syrie et l'Arabie
(moins la Phénicie) : c'est la Judée dans sa plus grande
extension. Ils la divisèrent en 4 parties : Galilée, Samarie
Judée, Pérée. Accrue de plusieurs districts voisins,
elle fut divisée au IVe s. en 3
parties :
Palestine
1re, sur les deux rives du Jourdain : ch.-lieu,
Scythopolis;
Palestine 2e,
la plus septentrionale le long de la Méditerranée : ch. l.
Césarée;
Palestine 3e
ou
Salutaire, formée de pays arabes au Sud de la véritable Palestine
et au Nord de l'Arabie Pétrée : ch.l. Petra.
Depuis la mort de Jésus,
la Palestine devint l'objet d'une vénération religieuse et
fut Continuellement visitée par un grand nombre de pèlerins.
Les Musulmans s'empaeèrent de ce pays dès le VIIe
s.; longtemps les califes arabes respectèrent les lieux saints;
mais, au XIe, les Turcs, devenus maîtres
de la Palestine, les profanèrent et commirent sur les pèlerins
toutes sortes de violences. De là les Croisades, qui mirent pour
quelque temps la Palestine au pouvoir des Chrétiens. Après
la conquête, on créa, en 1099, un royaume de Jérusalem
qui comprenait la partie de la Palestine l'Ouest du Jourdain, mais il ne
dura que 88 ans : en 1187, Saladin, soudan d'Egypte, s'empara de tout le
pays, qui resta sous la domination égyptienne jusqu'au XVIe
siècle; elle fut alors réunie par Sélim I à
l'empire turc (1517), qui en fit un pachalik ressortissant de l'eyalet
de Damas. Elle fut alors divisée en 9 districts :
1° El-Kods
(Jérusalem et le Nord de la Judée);
2° El-Khalil
(Hébron et le Sud de la Judée);
3° Gaza ou le
Falesrin (l'ancienne. Palestine propre);
4° Loudd (la
partie Ouest de la Judée);
5° Naplouse;
6° Areta (Samarie);
7° Saphad (Galilée);
8° Belad Schékyf
et Betad-Hauran (Trachonitide et Auranitide);
9° El-Gaur oriental
(Pérée propre).
La Palestine fut cédée
à l'Egypte par la convention de Koutaieh, en 1833, et rendue à
la Turquie par le traité de Londres, en 1840. Elle restera turque
jusqu'au démantèlement de l'Empire ottoman au lendemain de
la Première Guerre mondiale. Sauf pour sa partie septentrionale
(portions du Liban et de la syrie), placée sous mandat français,
elle fut alors placée sous administration britannique (mandat de
la Société des Nations). La Palestine transjordane
a constitué la partie orientale de la Jordanie, Etat créé
en 1946. Quant à la Palestine cisjordane, elle se trouva divisée
après la création d'Israël, en 1948, entre ce nouvel
Etat, la Jordanie (Cisjordanie) et l'Egypte (Bande de Gaza). Cisjordanie
et Gaza formant ce que l'on appelle depuis les Territoires Palestiniens.
Ils ont été occupés par Israël en 1967 qui y
a construit des colonies. La bande de Gaza a été évacuée
en 2005. (attention : page à
relire et à actualiser). |
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