Dictionnaire

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Paradis (du grec paradéisos, jardin, mot dérivé de pardas, qui signifie en zend lieu ou jardin de délices), nom que l'on donne, chez les peuples chrétiens, au séjour où les âmes des justes jouissent de la béatitude éternelle. Selon l'Église catholique, ce séjour leur est ouvert aussitôt après la mort; Luther, Calvin, et plusieurs schismatiques grecs et arméniens, prétendent qu'elles n'y entreront qu'après le Jugement dernier. L'idée du Paradis est fondée sur la croyance à l'immortalité de l'âme et à la justice divine : elle se retrouve dans toutes les religions. Les Indiens comptent jusqu'à 27 lieux de délices, placés les uns au-dessus des autres, et où les âmes sont unies à Dieu. Les Hébreux étaient surtout frappés par la promesse des biens terrestres, par la menace des malheurs de ce monde, et, si l'Ancien Testament leur parle de la vie future, il n'en décrit pas la nature : c'est seulement dans le Talmud qu'on trouve la peinture du Paradis, plutôt encore que celle des félicités que l'on y goûte. Et si ce paradis-là n'est plus le paradis terrestre, il reste un jardin d'Éden
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Le Paradis selon le Talmud

Ce nouveau jardin de l'Éden, disent les talmudistes, est soixante fois plus grand que l'Égypte; il est placé dans la septième sphère du firmament. II a deux portes où entrent soixante myriades d'anges dont les figures brillent comme le firmament. Au moment où le juste arrive devant eux, ils le dépouillent de ses vêtements, placent sur sa tête deux couronnes, l'une d'or et l'autre de pierres précieuses, lui donnent huit bâtons de myrte, et dansent devant lui, en lui disant : mange ton pain en te réjouissant. Alors, ils le font entrer dans un lieu entouré d'eau; quatre fleuves y coulent, un de miel, un de lait, un de vin, et un d'encens; il y a aussi des tables de pierres précieuses; quatre-vingts myriades d'arbres s'élèvent de chacun des angles; dans chacun de qes angles sont placés soixante myriades qui chantent continuellement d'une voix agréable, des louanges à Dieu; au milieu du jardin, est planté, l'arbre de la vie; son feuillage ombrage tout le jardin. (M. P., 1836).

Les Amérindiens, les anciennes populations celtiques, les anciens Germains, se faisaient du Paradis l'idée d'une région délicieuse où l'humain retrouvait tout ce qui avait fait sa joie ici-bas. Les peintures de la vieille Égypte nous offrent les âmes des justes errant en société avec les dieux. La mythologie grecque a aussi ses séjours enchantés, les îles Fortunées et les champs Élysées, où sont transportés après la mort les hommes vertueux. Mahomet, qui s'adressait à des hommes de sensualité, leur a promis un Paradis où les sens reçoivent des plaisirs infinis. Dans le christianisme même, la vie future a été longtemps conçue avec tout un cortège d'idées et d'images terrestres : le Paradis était comme une forteresse située à l'Orient, avec trois portes que défendaient les Anges et dont St Pierre gardait l'entrée; les élus, placés sur des trônes d'or et de pierreries, revêtus de robes d'une éclatante blancheur, mêlaient leur voix à celle des Chérubins et des Séraphins pour chanter les louanges de Dieu, s'accompagnaient de divers instruments, étaient admis à la table divine, etc. Toutes ces figures de langage prenaient un corps dans les bas-reliefs et dans les peintures des églises. (B.).


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