| Dictionnaire | |
| Les chrétiens
donnent le nom de Paradis au séjour où les âmes
des justes jouissent de la béatitude éternelle. Le mot, du
grec
paradéisos, jardin, et qui paraît dériver
du persanpardes (= parc,
lieu ou jardin de délices), est employé trois fois
dans le Nouveau Testament L'Église catholique place le purgatoire entre la mort et le séjour des bienheureux. Elle défend de se représenter celui-ci autrement que comme une contemplation de le divinité. Selon Luther, Calvin, et plusieurs schismatiques grecs et arméniens, les âmes des défunts n'y entreront qu'après le Jugement dernier. L'idée du Paradis est fondée sur la croyance à l'immortalité de l'âme et à la justice divine : elle se retrouve dans de nombreuses religions. Les Indiens comptent jusqu'à 27 lieux de délices, placés les uns au-dessus des autres, et où les âmes sont unies à Dieu. Les Hébreux étaient surtout
frappés par la promesse des biens terrestres, par la menace des
malheurs de ce monde, et, si l'Ancien Testament
Les Amérindiens, les anciennes populations celtiques, les anciens Germains, se faisaient du Paradis l'idée d'une région délicieuse où l'humain retrouvait tout ce qui avait fait sa joie ici-bas. Les peintures de la vieille Égypte nous offrent les âmes des justes errant en société avec les dieux. La mythologie grecque a aussi ses séjours enchantés, les îles Fortunées et les champs Élysées, où sont transportés après la mort les hommes vertueux. Mohammed, qui s'adressait à des hommes avides de sensualité, leur a promis un Paradis où les sens reçoivent des plaisirs infinis. Dans le christianisme même, la vie future a été longtemps conçue avec tout un cortège d'idées et d'images terrestres : le Paradis était comme une forteresse située à l'Orient, avec trois portes que défendaient les Anges et dont Saint Pierre gardait l'entrée; les élus, placés sur des trônes d'or et de pierreries, revêtus de robes d'une éclatante blancheur, mêlaient leur voix à celle des Chérubins et des Séraphins pour chanter les louanges de Dieu, s'accompagnaient de divers instruments, étaient admis à la table divine, etc. Toutes ces figures de langage prenaient un corps dans les bas-reliefs et dans les peintures des églises. (B. / E.-H. V.) |
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