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Éons
(du grec aion, durée, éternité, parce qu'on
leur attribuait une existence éternelle), nom donné par quelques
écoles gnostiques, principalement par celle de Valentin, à
certaines puissances qui émanent de Dieu,
et qui servent à expliquer la création du monde visible.
Ces puissances produisent des êtres de même nature que la leur.
Le dernier des Éons, c'est la Sagesse, qui, cherchant l'être,
tombe dans le vide, où elle produit une sagesse inférieure.
Celle-ci est ramenée au monde divin par le Saint-Esprit; mais, avant
d'y arriver, elle a pleuré dans le vide, et de ces pleurs est né
notre monde. Les Éons formaient ainsi une chaîne d'êtres
intermédiaires entre Dieu et l'homme. Et plus exactement entre le
Dieu suprême et le Yahveh des Juifs (dont
les Gnostiques faisaient une divinité secondaire), entre le Père
et le Fils, et enfin entre ce dernier et les hommes. Au total, ces êtres,
purement spirituels, n'étaient autre chose que des abstractions
réalisées : la Sagesse, la Foi, la Prudence, etc. Leur nombre
variait selon les sectes : Basilide en comptait 365, autant que de jours;
Valentin n'en admettait que 30.
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