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Dictionnaire
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| Babylone.
- Ancienne ville de Mésopotamie (Irak), sur l'Euphrate à
93 kilomètres au Sud de la ville actuelle de Bagdad D'occupation très ancienne (présences
d'outils en pierre taillée), le site de Babylone n'était
encore occupé que par une modeste bourgade, à l'époque
où Sargon fondait Akkad, au XXIVe
siècle avant notre ère. Et, au XXIe
siècle, au temps de la troisième dynastie d'Ur, la cité
n'était tout au plus qu'une capitale provinciale. Tout a changé
à partir de l'établissement de la première dynastie
amorrite (amorhéenne). Hammourabi (XVIIIe
siècle) lui donne toute son importance. La puissance politique de
Babylone qui s'étend alors sur toute la partie méridionale
de la Mésopotamie (Babylonie Babylone a eu a subir plusieurs sièges,
et a été plusieurs fois dévastée, notamment
par les Hittites (1595), par Sennacherib (689). Elle se releva chaque fois,
et s'agrandit même à l'époque d'Assurbanipal et de
ses prédécesseurs immédiats (668-648). La chute de
l'empire assyrien lui offre une nouvelle opportunité à partir
de 625. Babylone devient ainsi la capitale pendant presque un siècle,
de ce que l'on a appelé l'empire Néo-Babylonien. Quand, elle
se donna à Cyrus, en 539, cette ville,
où les Juifs Les ruines de Babylone ont été
explorées et décrites en 1851 et au cours des années
suivantes par Fresnel, Thomas et Oppert, qui les ont examinées de
manière à mettre de l'ordre dans les données jusqu'alors
très confuses. De 1899 à 1917, une nouvelle campagne de fouilles,
menée, cette fois de façon très approfondie, a été
conduite par R. Koldewey. Par la suite plusieurs opérations de restauration
de Babylone ont été engagées à l'initiative
des autorités irakiennes, d'abord à la fin des années
1930, plus régulièrement après 1958, et surtout après
1978. Il y a encore eu une dernière campagne de fouilles en 1986,
mais celle-ci s'est heurtée à la volonté du régime
irakien de reconstruire sur les anciennes ruines une nouvelle Babylone
à la gloire du président Saddam Hussein. Un nouveau palais
a même été construit après la Première
Guerre du Golfe (1991). Après l'invasion américaine de l'Irak
(2003), le site a encore subi de nouveaux outrages : construction d'un
héliport, dommages importants causés à la Porte
d'Ishtar
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| Des
mythes et des noms
Babylone est l'une des cités les
plus antiques, les plus illustres et les plus vastes qui aient existé,
était située, sur les bords de l'Euphrate, en Mésopotamie.
Elle a donné le nom à la région antique qui s'appelait
la Babylonie Le nom antique de la ville, Babilu,
s'expliquait à Babylone même de deux manières. L'une
lui donne le nom de « la porte des dieux », Ka-dingirra,
en sumérien, écrit par les idéogrammes de porte, dieux
ou dieu et ville. Or, porte se disant dans
la langue sémitique des Assyriens bab, et dieu ou dieux :
ilu
ou ili, cette étymologie était sûrement très
accréditée chez les Assyriens. Les auteurs arabes l'ont acceptée
puisqu'ils interprètent le nom de Babil par Bab-Bil,
« porte de Bil », qui, selon eux, aurait désigné
la planète de Jupiter Cependant, à côté de
cette étymologie, il en existait une autre, plus célèbre
encore, qui s'est perpétuée même dans notre langage
ordinaire. La Genèse La topographie de Babylone C'est sur l'emplacement actuel de Hillath-el-feihiâ
que fut fondée la première cité. Celle-ci, jusque
dans les dernières époques, porta le nom de Temesa-Babilu
= pierre de fondation de Babylone. Après ce premier établissement
se fondèrent des temples au Nord; surtout le fameux temple de Marduk |
| Murs
de Babylone.
L'oeuvre de l'unification de la grande cité, comparable à ce qui s'est fait dans la seconde moitié du XIXe siècle pour Londres L'enceinte extérieure, la plus développée
de toutes, dont Hérodote, parle longuement,
formait un carré de 120 stades et, avec les rentrants des murs,
490 stades en tout, à peu près 93 kilomètres. Cette
enceinte s'étendait en suivant le canal actuel arabe du Nil, au
Nord, allait sur l'Oheynir, se développant sur une étendue
de 23 kilomètres vers l'Est, tournait au Sud, puis à l'Est,
traversait l'Euphrate et renfermait toute la cité de Borsippa; elle
rejoignait le coin Nord-Ouest en allant toucher les ruines actuelles de
Tell-Harkeh et Tell-Ghozaïl. Une énorme superficie de près
de 520 km² était entourée par ce mur extérieur,
qui s'appelait Imgur Bel, « Bel a béni ». Les origines
de cette enceinte sont très anciennes, mais elle fut achevée
aussi vaste par Nabuchodonosor seulement. Elle occupait un espace dépassant
en étendue à peu près sept fois plus grand que le
Paris Hérodote n'est pas ici bien fiable
et il exagère sans doute beaucoup les dimensions de cette enceinte.
Mais on trouve des exagérations comparables chez d'autres auteurs.
Aristote
(Pol. III, 8) mentionne ainsi l'étendue de Babylone comme
absolument exorbitante : selon lui, le mur à lui seul ne constitue
pas une ville, car on pourrait alors faire passer pour une cité
le Péloponnèse Cette seconde enceinte, le Salhû
de Babylone, s'appelait en assyrien Nivitti-Bel, «-demeure
de Bel ». Selon Hérodote, elle
était encore très forte, mais plus étroite que l'enceinte
extérieure. Elle avait 360 stades de pourtour, la longueur très
respectable de 69 kilomètres; la dimension de sa hauteur a pu être
de 50 coudées et la largeur de 9 m; la largeur de cette circonvallation
était encore plus que suffisante pour laisser à deux chars
la place de se mouvoir en sens inverse. L'emplacement renfermé par
ce second mur de Nivitti-Bel était encore de 290 km², presque
quatre fois la superficie de Paris Les historiens de l'époque d'Alexandre
ne connaissaient que ce second mur, et ainsi on pourrait peut-être
s'expliquer la différence entre les données d'Hérodote
et des auteurs plus récents au sujet du développement des
murs de Babylone. Ces discordances, et d'autres encore entre le texte d'Hérodote
et les données de l'archéologie, ont également fait
invoquer un possible changement du cours de l'Euphrate depuis l'époque
de l'historien grec. Quoi qu'il en soit, cette vaste surface n'était
pas entièrement habitée, à beaucoup près; elle
était occupée par des champs cultivés qui permettaient
aux habitants enfermés de soutenir un siège très prolongé;
cette grande plaine fertile, entourée d'un mur, mettait les habitants
assiégés à l'abri d'une famine.
Lion et animal fabuleux de Babylone. Bas-relief en tuiles polychromes vernissées (Porte d'Ishtar). La cité
des Babyloniens.
Sur le parcours de l'Euphrate s'étendait
un quai dont la construction est attribuée par Bérose
à Nabonide (556-539), le dernier roi de la dynastie néo-babylonienne.
En effet le quai a été découvert et les briques portent
le nom de Nabonide. Ce quai s'étendait à partir de l'extrémité
nord, où probablement Cyrus entra dans
la ville, et a pu avoir une longueur de 40 kilomètres. Des bassins
artificiels servaient de déversoir quand les eaux du fleuve montaient
et préservaient ainsi les rues basses d'une inondation. Ce mur fluvial
était bâti en bitume et en briques, à bords escarpés;
c'est ce qui ressort du moins du récit d'Hérodote
de la prise de Babylone par Cyrus. Si les Babyloniens n'avaient pas été
aussi insouciants, en célébrant une fête, ils auraient
pu, dit l'historien, se mettre sur les bords du fleuve, fermer les portes
fluviales, et prendre les Perses Les deux rives de la cité étaient
jointes par un grand pont qui était presque au milieu de la ville.
Hérodote
attribue cette construction à la reine Nitocris,
selon lui, mère du dernier roi Labynetus ou Nabonide. Les textes
cunéiformes ne connaissent pas une reine de ce nom, qui figure comme
appartenant à une Égyptienne La cité centrale était riche
en monuments, surtout en temples et en sanctuaires dont les textes parlent,
en les plaçant expressément au milieu de la ville. On cite
les temples de Sîn On cite en dehors des marchés, le
marché large, le marché des murs, situés dans ce quartier.
Et, en dehors de la ville habitée, il y avait surtout deux villes
spéciales, la cité royale et la ville de Borsippa. La ville
de Babylone, au dire d'Hérodote, était
ornée comme aucune autre ville. Les textes royaux babyloniens, qui
sont surtout architectoniques, et qui ne sont malheureusement que cela,
confirment tout à fait le témoignage de l'historien grec.
D'autres auteurs antiques exposent les splendeurs de Babylone; ils avaient
en vue d'autres monuments que ceux dont parle Hérodote; aussi les
descriptions ne pouvaient pas être conformes. Les premiers archéologues
qui, sans aller inspecter les ruines, se sont occupés de la topographie
de Babylone avant la découverte des textes cunéiformes, ont
souvent eu le tort de rapporter au même monument des descriptions
divergentes, et ces malentendus n'ont été écartés
que par l'exploration scientifique des ruines. Ainsi on a voulu concilier
la description d'Hérodote d'une part avec les récits de Diodore
de Sicile, de Strabon et d'Arrien.
Mais Hérodote parle de la tour de Borsippa, tandis que Strabon avait
en vue la ruine de Babil, distante de 17 kilomètres de la première,
et Arrien parle encore d'un troisième édifice. On ne pouvait
pas s'expliquer pourquoi les récits des anciens, appliqués
à tort aux mêmes monuments, étaient au surplus en désaccord
au sujet de la rive, ou droite ou gauche, de l'Euphrate que ces auteurs
leur assignaient. Aujourd'hui on sait que les auteurs puisant aux sources
authentiques ont tous raison, et que leurs descriptions divergentes s'appliquent
à des édifices tout différents.
Babylone à l'époque néo-babylonienne. La cité
royale.
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| Porte d'Ishtar, à Babylone. - La Porte d'Ishtar s'élevait à l'entrée de l'ancienne cité, sur la Voie Sacrée. Formée de deux corps de bâtiments, correspondant chacun à l'un des murs d'enceinte, elle était, au temps du roi néo-babylonien Nabuchodonosor II (début du VIe siècle), ornée d'animaux symboliques qui se détachent en couleurs brillantes sur fond d'azur. (Reconstitution d'après Koldewey). |
| Murs
de la cité royale.
Cette vaste superficie était entourée de trois circonvallations dont la plus grande, celle de l'extérieur, avait soixante stades (11 kilomètres) de pour tour; une seconde, courant à l'intérieur, n'avait que quarante stades (7,5 km); elle était plus haute que l'autre et était ornée de bas-reliefs en briques émaillées, représentant des chasses et des exploits guerriers. A l'intérieur de cette seconde il s'en trouvait une troisième qui protégeait les trois grands monuments célèbres de la cité royale, de 20 stades ou de près de 4 km, encore plus magnifique, au dire de Ctésias, accepté par Diodore de Sicile. Les animaux Le
grand palais.
Les
jardins suspendus.
L'expédition française de Mésopotamie en 1851 a trouvé dans les ruines de Babylone une quantité de tombeaux macédoniens, remplis de bijoux d'or et de statuettes; il s'y trouvait surtout des couronnes de lauriers en or. Entre le Kasr et l'Amran-ibn-Ali se trouve une ruine, longue de 100 m, qui peut être les restes des bains dont parle Arrien, dans le récit de la maladie d'Alexandre.
Birs Nemrod. Les
autres vestiges.
Telle était la cité royale,
l'une des acropoles de Babylone. L'autre acropole était la ville
de Borsippa Cette immense agglomération n'a
pas survécu beaucoup à Alexandre
: elle a été démolie. Séleucie |
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