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More (Thomas),
Morus,
grand chancelier d'Angleterre ,
né à Londres
en 1480, fit de brillantes études à l'université d'Oxford,
entra ensuite au barreau, s'y acquit une grande réputation, et dès
qu'il eut atteint l'âge fixé par la loi, fut élu membre
du parlement où il débuta par faire refuser un subside onéreux
que voulait imposer Henri VII. Introduit
auprès de Henri VIII, par Wolsey,
qui lui ouvrit la porte du conseil privé, il fut admis à
la dangereuse intimité de ce monarque, nommé trésorier
de l'échiquier, puis employé avec succès dans plusieurs
missions importantes, notamment aux conférences de Cambrai .
Ses services furent récompensés par la charge de grand chancelier
après la disgrâce de Wolsey. Lorsque More quitta ses hautes
fonctions, au bout de 2 ans d'exercice, son revenu ne se montait pas à
plus de 100 livres sterling; son activité et son zèle pour
la justice avaient égalé son désintéressement.
Ce fut de son propre mouvement qu'il se
démit du grand-sceau, et il le fit dans la persuasion que les changement
entrepris par Henri VIII amèneraient
une rupture avec le Saint-Siège ,
et que le grand chancelier serait dans la nécessité de prendre
part à cette révolution hasardeuse, et selon lui coupable.
Ce n'est pas qu'il ne désirât, avec tous les hommes éclairés,
la réforme des abus qui s'étaient glissés dans le
gouvernement de l'Église; mais il voulait corriger et non détruire.
Le fougueux Henri VIII avait résolu de frapper un grand coup; mais
il aurait voulu s'assurer le suffrage d'un homme tel que More, quoique
celui-ci ne fût plus chancelier.
-
Thomas
More (1478-1535), chancelier d'Angleterre
de
1529 à 1532, par Hans Holbein.
(Galerie
royale de Windsor).
Thomas More, enlevé à sa
paisible retraite de Chelsea, pour avoir refusé de prêter
le serment de suprématie, fut enfermé à la Tour de
Londres.
Sans être ébranlé ni par les larmes de sa famille,
ni par les séductions, ni par la colère d'un prince qui n'avait
jamais menacé en vain, le grand citoyen subit avec courage un jugement
dont il pouvait prévoir l'issue, renouvela sa profession de foi
sur la suprématie qu'il regardait comme contraire aux lois de l'Église
et de l'Angleterre ,
et se prépara à mourir en chrétien. II eut la tête
tranchée sur la plate-forme de la Tour, en 1535. Personne ne vit
arriver la mort avec plus de gaîté ni avec une fermeté
plus stoïque. Il passait pour un des hommes les plus aimables et des
meilleurs littérateurs de son époque.
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En
bibliothèque-Ses ouvrages ont
été recueillis en 2 vol. in-fol. : l'un renferme ceux qu'il
avait composés en angl., Londres, 1559, et l'autre ceux qui sont
écrits en latin, Louvain, 1566. Le plus connu de tous est son Utopie
: De optimo reipublicae statu, deque nova insulâ utopia, Louvain,
1516, in-4; Bâle, 1518, in-4: Ralphe Robinson en a donné en
1551 une traduction anglaise qui a été réimpr. à
Londres en 1809, 2 vol in-8, par les soins de Th. Frognall Dibdin; il en
existe plusieurs traductions françaises : par J. Leblond, 1550,
in-8; par Gueudeville, 1715; par Th. Rousseau, 1780, 1789, in-8, avec un
précis de la vie de l'auteur. M. Cuyley a publ. en angl. les Mém.
de Th. Morus, etc, Londres, 1808, l vol. in-4. On a plusieurs Vies
de Morus; l'une des plus intéressantes est celle que l'on doit
à son gendre, Will. Roper, publiée par Th. Hearne, Oxford,
1716, in-8.
En
librairie - Thomas More, L'Utopie,
J'ai Lu, 2003. - Ecrits de prison, Le Seuil, 1981. - La Tristesse
du Christ, Pierre Téqui.
Descartes,
Correspondance
avec Arnauld et Morus, Vrin, 1995. - Jean Anouilh, Thomas More ou
l'homme libre, La Table Ronde, 1987.
Collectif,
Formes de l'utopie, domaine anglais : de Thomas More au groupe Alphaville,
Presses universitaires de Clermont-Ferrand, 2002. - Philippe Godding,
Petite vie de Thomas More, Desclée de Brouwer, 2002. - E. Ganne,
Thomas
More, l'homme complet de la renaissance, Nouvelle Cité, 2002.
- L. de Brabandère et al., Erasme,
Machiavel,
More, trois philosophes pour le manager d'aujourd'hui, Village mondial,
2000. - Jacques Dufresne, Thomas More, Fides, 2000. - Henri Weber,
Histoire des idées et des combats d'idées aux XIVe et
XVe siècles (de Raymond Lulle à
Thomas More), Honoré Champion, 1997. - Nicole Morgan, Le sixième
continent, l'Utopie de Thomas More, Vrin, 1995. - Germain March Adour,
Thomas More, un homme pour toutes les saisons, L'Atelier, 1992.
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