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Anges
- (du grec aggelos, messager), créatures intermédiaires
entre la divinité et l'homme. L'idée de l'existence de ces
êtres n'appartient pas exclusivement aux peuples chrétiens;
les Indiens ,
les Perses ,
les Chinois ,
etc., ont eu des doctrines analogues à celle des chrétiens
sur les bons anges et les mauvais anges. Les livres des Hébreux
parlent d'anges ou messagers célestes : un ange arrête le
bras d'Abraham, prédit à Sara
qu'elle sera mère, console
Agar dans le
désert, sauve Loth de l'incendie de Sodome,
lutte avec
Jacob, arrête
Balaam,
secourt Maccabée dans le combat, accompagne Tobie,
etc. Toutefois, l'existence des anges n'est qu'une croyance populaire des
Hébreux, et non pas un dogme de la religion mosaïque; et les
hébraïsants pensent que les messagers de Yahveh
sont identiques avec
Dieu lui-même, et ne
sont que les symboles de ses facultés et de sa puissance. C'est
surtout à partir de la captivité de Babylone
qu'il est fait mention des anges dans les livres de la Bible
: Isaïe dit que Dieu est porté sur des nuées de chérubins,
que des séraphins chantent ses louanges, et qu'un ange, nommé
Michel, défit un ange déchu, Asmodée.
Daniel
cite également l'ange Michel et l'ange Gabriel; de cette époque
aussi datent les noms d'Uriel, de
Lucifer et
de Raphaël; le Livre de Zacharie
( Ancien Testament )
mentionne enfin le chef des mauvais anges sous le nom de Satan.
Les Hébreux subissaient alors l'influence du Magisme. Maïmonide
prétend que l'ancienne tradition juive
comptait 10 degrés ou ordres d'anges.
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Les anges
dans le Judaïsme
Les
anges sont, dans les traditions judaïques;
comme les a définis
Platon, des êtres
qui tiennent le milieu entre Dieu et les humains;
ils portent les prières de ceux-ci à Dieu. Dans la Bible,
ils sont désignés sous trois noms différents. Lorsqu'Adam
et Ève eurent péché, ce fut
un chérubin qui les chassa du
Paradis terrestre.
Esaïe,
dans son sixième chapitre, appelle les anges séraphins. On
les désigne habituellement par le nom de Mélacim (envoyés);
dans Daniel, on parle du Prince des anges de la Perse ,
et du prince des anges de la Grèce .
D'après le Talmud ,
les noms des anges vinrent avec les Israélites de Babylone .
Cette opinion montre que les Israélites, pendant leur séjour
dans la Perse, et dans la Babylonie ,
empruntèrent à la religion des perses leur Izeds,
leur Ferrouers, et leur
Amschaspands. Dans
un autre passage il est dit : Les anges furent créés le second
jour, et leur substance est moitié eau et moitié
feu,
le mot AI, Dieu, que l'on trouve à la fin de tous les noms
des anges, nous porte à croire qu'ils étaient des personnifications
ou des émanations des qualités de Dieu.
Gabriel,
signifie force de Dieu; Faheriel, pureté de Dieu; Adariel, grandeur
de Dieu; Kadochiel, sainteté de Dieu; Rehuniel, miséricorde
de Dieu.; quelques autres ont des noms dont on trouverait l'explication
dans le zend ou dans le pelvi, comme Sandalpos, Jorkomi; tous ont des attributions
différentes.
Gabriel
est le chef du feu; Jorkomi celui de la grêle, et Michel celui de
la mer; Samenil est le chef des reptiles; Daliel celui des poissons; Anafil
celui des oiseaux; Maktogil, celui des pierres; Alefil, celui des arbres
fruitiers, et Charoel celui des arbres qui
ne portent pas de fruits ;
Sandalpos celui des hommes; cet ange a les pieds fixés sur la Terre
et la tête dans les Cieux; Suriel se tient
continuellement devant le trône de Dieu. Dans le Zend Avesta ,
2, 57, 58, on parle de Bahman, chef des bestiaux, Ardibehescht, chef du
feu, Schahriver, chef des métaux, Sapandomad, chef de la terre,
Khordad, chef de l'eau, Amerdad, chef des arbres. (M. P., 1836). |
D'après la
cosmogonie chrétienne,
tous les anges avaient été créés dans un état
de sainteté; mais plusieurs déchurent par leur orgueil, et
furent condamnés au feu éternel : de là une division
en bons anges ou simplement anges, et mauvais anges, diables ou démons.
Le livre apocryphe d'Énoch avait déjà parlé
de la révolte de 200 anges, qui avaient épousé des
filles des hommes.
Quant à la
nature des anges, l'Église catholique
les regarde comme des substances incorporelles, intelligentes, et supérieures
à l'âme de l'humain. Clément
d'Alexandrie ,
Tertullien,
Origène,
etc., les croyaient revêtus d'un corps très subtil; d'autres
ne les regardent que comme des êtres purement spirituels, mais qui
se montrent quelquefois avec l'apparence d'un corps. Selon les théologiens
qui admettent la classification de Saint Denys l'Aréopagite, les
esprits angéliques seraient divisés en trois hiérarchies,
comprenait chacune trois ordres ou choeurs : la 1re
hiérarchie est celle des Séraphins, des Chérubins
et des Trônes; la 2e, celle des Dominations,
des Vertus et des Puissances; la 3e, celle
des Principautés, des Archanges et des Anges proprement dits. Les
Séraphins excellent par l'amour, les Chérubins par le silence,
et la majesté divine règne sur les Trônes; les Dominations
ont pouvoir sur les hommes, les Vertus recèlent le don des miracles,
et les Puissances s'opposent aux démons; les Principautés
veillent sur les empires, les Archanges et les Anges sont les messagers
de Dieu.
Pendant le Moyen
âge ,
on regarda les anges comme les principes animés de l'univers et
des éléments, comme les agents personnifiés de la
nature; on leur attribua le mouvement des corps célestes; ainsi,
Cosmas
Indicopleustès fait des astres autant de flambeaux que les esprits
célestes portent à la main. Dans son Convivio ,
Dante
dit :
"Il
est raisonnable d'admettre que les anges sont les moteurs du ciel ( Sphères)
de la Lune ,
les archanges du ciel de Mercure ,
les trônes de celui de Vénus ,
etc. "
L'abbé Trithème,
au XVIe siècle, et le P.
Riccioli, au XVIIe, pensaient encore
que les planètes
étaient gouvernées par des anges. Ces idées étaient
autant de souvenirs du Talmud. Comme il y a des agents naturels
qui conservent l'ordre et l'harmonie du monde, tandis que d'autres semblent
y apporter le trouble et la confusion, on attribua les vents, la pluie,
les tempêtes aux mauvais anges, aux démons,
et de là vint l'usage d'exorciser Satan
ou de sonner les cloches pendant les orages pour chasser les malignes influences.
Chaque homme a son ange gardien, qu'il reçoit en naissant selon
St Jérôme, après le baptême suivant Origène,
et cet ange l'excite à choisir le bien et à éviter
le mal, le soutient dans les tentations, et offre ses prières à
Dieu.
Au moment de la mort, les anges portent les âmes des justes au Ciel
ou dans le Purgatoire. L'Église catholique rend un culte aux anges,
et célèbre leur fête le 2 octobre. (B.).
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En
bibliothèque - Maldonat, Théologie
des Anges.
En
librairie - Collectif, Un
Ange passe (les anges de la littérature), Gallimard, 2004. -
L. Caruthers, Anges et démons dans la littérature anglaise
au Moyen âge, Presses de l'université de Paris Sorbonne,
2003. - Pierre Jovanovich, Biographie de l'archange Gabriel, Le
Jardin des livres, 2002. - Du même, Enquête sur l'existence
des anges gardiens, Le Jardin des livres, 2001. |
Les écrivains
religieux ont donné quelquefois aux prêtres la qualification
d'anges, dans le sens spécial de messagers, parce que les prêtres
transmettent aux autres humains les ordres de Dieu.
La marque du papier
timbré était autrefois la figure de deux anges. De là
l'expression envoyer un ange à quelqu'un, pour dire envoyer une
assignation. |
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