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Zodiaque (astrologie) - Le zodiaque, qui soit dit en passant n'est d'aucun usage en astronomie, est défini conventionnellement comme la zone céleste, large de 18°, qui s'étend de chaque côté de l'écliptique et dans laquelle se meuvent les planètes. On la divise dans sa longueur, à partir du point vernal ou équinoxe de printemps, en douze parties, égales chacune à 30°. Ce sont les douze signes du zodiaque, appelées aussi par les anciens maisons du Soleil, parce que cet astre, dans sa révolution annuelle apparente autour de la Terre suivant l'écliptique, les parcourt successivement. 

Le poète Ausone en a, dans deux vers bien connus, donné les noms, dans l'ordre de ce parcours :

Sunt Aries, Taurus, Gemini, Cancer, Leo, Virgo, Libraque, Scorpius, Arcitenens, Caper, Amphora, Pisces.
Les voici en français : 
Bélier, Taureau,  Gémeaux, Cancer (ou Écrevisse), Lion, Vierge, Balance, Scorpion, Sagittaire, Capricorne, Verseau et Poissons
Ces noms sont également ceux des douze constellations du zodiaque, et qui occupaient autrefois les douze divisions dont nous venons de parler, mais qui, depuis Hipparque, ont avancé d'environ un signe, du fait de la précession des équinoxes. Il ne faut donc pas confondre les signes du zodiaque avec les constellations dont ils portent le nom. Le signe du Bélier n'est autre chose que la première douzième partie, ou les trente premiers de degrés de l'écliptique; mais la constellation du Bélier est un assemblage d'étoiles qui, à la vérité, répondait autrefois dans le ciel, au même endroit que le signe du Bélier, auquel elle a donné son nom, mais qui est aujourd'hui plus avancée d'environ trente degrés, ou de la valeur d'un signe de sorte que la constellation du Bélier occupe à présent le signe du Taureau; la constellation du Taureau occupe le signe des Gémeaux, et ainsi des autres. Ainsi, tandis que le Soleil entre dans le signe du Bélier, maintenant comme autrefois, le 20 ou le 21 mars et en sort le 20 ou le 21 avril, il ne se trouve dans la constellation de même nom que du 15 avril au 15 mai, approximativement; et la coïncidence ne se rétablira que dans 26 000 ans. 

Des douze signes que renferme le zodiaque, six renvoient à des constellations situées dans la partie boréale du ciel, c'est-à-dire, qu'ils se trouvent entre l'équateur et le pôle nord céleste, et les six autres sont placés dans; la partie centrale et se trouvent entre l'équateur et le pôle sud. Les six premiers se nomment signes septentrionaux, et les six derniers signes méridionaux. Les signes septentrionaux sont le Bélier, le Taureau, les Gémeaux, le Cancer ou Ecrevisse, le Lion et la Vierge; les signes méridionaux sont la Balance, Ie Scorpion, le Sagittaire, le Capricorne, le Verseau et les Poissons. 

Les astrologues divisent aussi les signes du zodiaque en signes ascendants et en signes descendants. Les premiers sont ceux que le Soleil parcourt en montant vers le pôle qui est au-dessus l'horizon et en s'approchant conséquemment du zénith. Pour Ies habitants de l'hémisphère boréal de la Terre Ies sigles ascendants sont le Capricorne, le Verseau, les Poissons, le Bélier, le Taureau et les Gémeaux. Pendant le temps que le Soleil emploie à décrire ces six signes, les jours croissent et les nuits diminuent, parce que les arcs diurnes, des parallèles augmentent de plus en plus. Les signes descendants sont ceux que le Soleil décrit en descendant vers le pôle situé au-dessus de l'horizon, et conséquemment en s'éloignant du zénith.. Dans l'hémisphère boréal, ces signes sont l'Écrevisse, le Lion, la Vierge, la Balance, le Scorpion et le Sagittaire. Lorsque le Soleil décrit ces signes, les jours diminuent et Ies nuits croissent, parce que les arcs diurnes des parallèles diminuent de plus en plus.

L'entrée dans le signe du Bélier ou premier signe du zodiaque coïncide avec l'équinoxe de printemps. L'heure en varie donc, d'une année à l'autre, avec celle de cet équinoxe et, comme conséquence, l'heure de l'entrée dans les deuxième, troisième, quatrième... signes. Les astrologues les représentaient  par des sortes d'hiéroglyphes, analogues à ceux en usage pour les planètes :

Le zodiaque a joué un grand rôle dans l'Antiquité : il y était la base de la formation du calendrier, de la fixation des fêtes publiques, de la constitution des ères. On a longtemps attribué son invention aux Égyptiens. En réalité, l'astrologie n'a acquis une importance dans ce pays qu'à l'époque hellénistique. Et s'il est vrai qu'il s'est constitué tardivement (le signe de la Balance, par exemple, n'apparaît qu'à l'époque romaine), ses bases en été plutôt jetées en Mésopotamie. On a également dit que les animaux symboliques qui le caractérisent (au moins pour la majorité des signes) et d'où lui viendrait son nom (en grec Zôdia, petits animaux) correspondaient aux travaux des champs ou à des phénomènes astronomiques. Le Bélier, le Taureau, les Gémeaux - ces derniers originairement figurés par deux chèvres -, aurait évoqué les trois mois du printemps, le Cancer aurait annoncé qu'en entrant dans ce signe le Soleil commence à rétrograder, le Lion aurait fait songer aux chaleurs, la Vierge tenant des épis aurait été l'emblème des moissons, la Balance aurait symbolisé l'égalité des jours et des nuits, le Scorpion, les maladies, particulièrement fréquentes à cette époque de l'année, le Sagittaire, les plaisirs de la chasse, le Capricorne aurait annoncé la montée du Soleil vers des signes supérieurs, le Verseau aurait symbolisé la période des pluies, les Poissons celle de la pêche. Des rapprochements  qui ne semblent pas dénués de pertinence; mais à condition de se souvenir que tout cela n'a pas constitué au départ un système de symboles aussi coordonnés qu'il l'est dans le zodiaque que nous connaissons aujourd'hui en Occident. Le symbolisme  peut également être très différent dans d'autres cultures, qui en ont élaboré des zodiaques. En Chine par exemple, des  talismans sur lesquels est frappé un zodiaque, montrent des signes  tels que la Souris, la Vache, le Tigre, le Lapin, le Dragon, le Serpent, le Cheval, le Bélier, le Singe, la Poule, le Chien, le Porc. (L. S.).

La sculpture et la peinture nous ont transmis un certain nombre de zodiaques antiques. Ceux de Dendérah et d'Ésneh, découverts par l'expédition d'Égypte, et le tableau astronomique trouvé par Champollion dans le Ramesseum de Thèbes,  montrent le Taureau sacré, le boeuf-Apis, qui ouvre la marche (Religion Egyptienne). Il est par ailleurs intéressant observer les zodiaques figurés dans l'art des premiers chrétien, même si les monuments où ce sujet apparaît sont peu nombres. Car, si peu nombreux qu'ils soient, ils se rattachent assurément à un usage répandu dans la primitive Église, et incitent à faire le parallèle avec l'usage de même symbolisme qui était fait alors dans la religion concurrente de Mithra. On cite d'abord un bracelet qui est orné des douze signes du zodiaque :

On y verra plus tard, au jugement de l'abbé Cavedoni, une allusion à l'instabilité des choses humaines : 
« Le Soleil se lève et se couche; il retourne au lieu d'où il est parti, et, renaissant au même endroit, il tourne vers le midi et revient vers le nord. Le vent court et visite toutes choses, et revient sur ses pas par de longs circuits. »
Mais ce n'est pas nécessairement l'idée que se firent les premiers Chrétiens de la place des astres dans le cours des choses. Une peinture mithriaque qui paraît avoir été inspirée par les idées chrétiennes (à moins que ce ne soit le contraire...) dont  l'imitation se retrouve si souvent dans les monuments de la secte, fait voir un homme debout près d'une montagne, indiquant du doigt un segment du cercle du zodiaque, sur lequel sont marquées quatre étoiles : à côté de ce personnage est une femme armée. On a vu dans cette peinture est un emblème de la force nécessaire pour arriver au ciel, lequel est figuré par les quatre étoiles. La montagne, rapide et abrupte, peut être l'image du rude sentier de la vertu.

Dans les premiers siècles du Christianisme, les opinions au sujet de l'influence bonne on mauvaise des astres préoccupaient vivement les esprits : ce qui le prouve, c'est qu'il existait entre les mains de tout le monde certaines tables astrologiques où étaient marqués les présages heureux on sinistres qui s'attachaient à chaque heure du jour et de la nuit; et ces tables n'étaient point exclues des livres composés pour l'usage des chrétiens. Une curieuse inscription de l'an 364  nous donne la mesure de l'importance qu'avaient de tels présages. 

C'est l'épitaphe d'un enfant nommé Simplicius, dont l'existence, selon la judicieuse observation de Michele De' Rossi (Dell' ampiezza delle Romane Catacombe, 1860), qui est ici notre guide, ne paraît pas s'être prolongée au delà du jour qui l'avait vu naître. Or l'épitaphe porte que ce double événement avait eu lieu,

 « à la quatrième heure de la nuit du VIII des ides de mai, le jour de Saturne, dans la vingtième Lune, sous le signe du Capricorne. »
Cette annotation de date si exceptionnellement minutieuse accuse une intention évidente de mettre sur le compte d'une influence néfaste une mort si prématurée et si affligeante pour des parents. Nous lisons en effet dans les tables astrologiques dont il a été parlé plus haut et que rapporte  Mommsen ( Rossi. ibid.) que 
« tout ce qui arrive en ce jour de Saturne, à telle heure que ce soit du jour ou de la nuit, est obscur et laborieux, et que ceux qui naissent sous une telle influence courent de grands dangers. »
Ces traditions se maintiendront avec persistance et traverseront tout le Moyen âge. Dante mêle sans cesse des idées astrologiques et astronomiques à ses conceptions chrétiennes; à chaque pas de son voyage à la fois mystique et cosmologique, il indique avec une minutieuse exactitude le signe du zodiaque où se trouve le Soleil. Les peintres contemporains du porte et ceux des siècles suivants se sont en ceci inspirés de soir esprit : Ainsi le Guariento a représenté, dans l'église des Ermitani de Padoue, les sept planètes à côté de la Passion et de la Résurrection.

Au siècle suivant (XVe), de curieux bas-reliefs de la cathédrale de Rimini offrent à l'oeil étonné, et sans aucun mélange d'allégorie, Saturne, Jupiter, Vénus, etc. Plus tard encore, en pleine renaissance, la chapelle Chigi, dans l'église de Ste Marie du Peuple à Rome, décorée de mosaïques exécutées d'après les cartons de Raphaël, fait voir les divinités des planètes, avec leurs attributs mythologiques, représentées chacune avec un ange auprès d'elle (Nous reproduisons ces dessins dans les pages des chronologies consacrées à la découverte du planètes du système solaire). (Martigny).


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