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Duo. - Composition
à deux voix ou à deux instruments. La diaphonie, l'organum,
le déchant en présentent les premiers essais. Dans les oeuvres
polyphoniques du XVe et du XVIe
s. abondent les épisodes en duo, placés d'ordinaire, dans
les messes, soit au Christe eleison,soit au deuxième Agnus
Dei : tel est le cas pour la messe Mente tota de Fevin, réimprimée
par Expert d'après l'édition de 1516.
De grands recueils de duos ont été
publiés en 1545 et 1590, sous le titre de Bicinia; par Rhau,
de Wittenberg, et Phalèse, d'Anvers .
Au XVIIe siècle, les airs à
deux voix furent à la mode chez les amateurs de chant français;
on les écrivait dans les formes les plus simples, souvent en contrepoint
égal, avec une basse continue. Les maîtres italiens du même
temps accrurent l'intérêt du duo de chambre ou d'église,
en usant davantage de la forme dialoguée et en y introduisant des
réponses canoniques et des dessins contrepointés. Steffani
(1653-1728) se rendit célèbre par ses Duetti de camera,
aussitôt imités et dont l'influence se fit sentir jusque chez
les plus grands créateurs, tels que Haendel et
Bach.
Les cantates à deux voix, en plusieurs
mouvements, des musiciens du XVIIIe siècle
en sont un écho moins direct. A l'époque suivante apparut,
sous le titre de nocturne, un genre de duo de chambre, de proportions réduites,
où les voix chantaient presque constamment ensemble et où
prédominaient les suites de tierces et de sixtes, agréables
à l'oreille. Un des derniers et des plus charmants exemples s'en
trouve dans Béatrice et Bénédict, de Berlioz
(1862). Le petit duo de chambre, ou lied
à deux voix, fut abondamment cultivé en Allemagne
par Mendelssohn, Küchen, Schumann, Brahms, etc.
Dans l'opéra,
le duo avait pris dès l'origine une place déterminée
par l'action dramatique et qui devint plus grande à mesure que,
par l'effet de la satiété, on réagissait contre le
plan de l'ancien opéra italien, fait d'une succession d'airs stéréotypés.
Quoique toutes les combinaisons de voix fussent admises, selon les situations
à exprimer, c'est vers le duo d'amour pour ténor
et soprano que se concentrèrent, pendant
la période du "grand opéra", les soins des compositeurs et
les préférences du public. Il suffit de rappeler les duo
de Guillaume Tell ,
de Rossini (1829), des Huguenots, de Meyerbeer
(1836), de Lohengrin, de Wagner (1854),
des Troyens, de Berlioz (1863).
Si Wagner a rompu
avec la tradition en supprimant presque totalement les ensembles dans le
2e acte de Tristan et Isolde (1865),
cette scène culminante de tout l'ouvrage n'en constitue pas moins
un véritable duo, une suite, portée jusqu'à
ses plus extrêmes développements, des traditions précédentes.
Dans la musique instrumentale, le duo se plie à toutes les destinations,
depuis le morceau d'étude, comme est la série des duos à
2 violons de Viotti, jusqu'aux pièces de virtuosité et de
mode, comme furent les nombreux duos sur des thèmes d'opéras,
composés pendant le XIXe s. pour
un instrument solo avec piano.
(M. Brenet). |
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