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Rouen,
Rothomagus.
- Ville de France ,
chef-lieu du du département de la Seine-Maritime, sur la Seine,
à 136 kilomètres au Nord-Ouest de Paris ;
107 000 habitants. On remarque la cathédrale
gothique du XIIIe siècle, dont la
flèche, où était la cloche du poids de 20000 kg, dite
George-d'Amboise,
fondue en 1501 et cassée en 1786, fut détruite par la foudre
en 1822 et reconstruite en fer; l'église
abbatiale de Saint-Ouen, un des plus beaux monuments de l'art gothique
du XVe siècle, restaurée
au XIXe siècle, le palais de justice
d'un gothique très délicat, le pont de pierre et le pont
suspendu et les superbes quais, avec le port sur la Seine, etc. Les poteries
de Rouen ont été très célèbres au XVIIe
siècle.
Rouen n'était
au temps de César qu'une bourgade du pays
des Véliocasses. Elle devint la métropole de la Lyonnaise
IIe, et
au Xe siècle la résidence
des ducs de Normandie ,
et la capitale du duché. Elle fut réunie à la France
avec cette province en 1204, fut prise en 1418 par les Anglais ,
qui y firent périr Jeanne d'Arc en 1431,
et conservèrent la ville jusqu'en 1449, année où Charles
VII la leur reprit ( La Guerre
de Cent ans ).
Les calvinistes
s'en étant emparés en 1562, elle leur fut enlevée
la même année par le duc de Guise. Le duc de Parme força
Henri
IV d'en lever le siège en 1491.
Faïences
de Rouen. - Dès le temps de François
Ier, on fabriquait des revêtements de faïence
à Rouen; car, à côté de ceux de Girolamo della
Robbia, il y avait au château de Madrid
(près de Paris )
des carreaux quadrangulaires d'un potier rouennais, Maclou Abaquesne. Les
couleurs, enluminant des motifs italiens de la Renaissance ,
en sont vives et variées; l'émail
est pur et glacé. Cette belle industrie s'éteignit. Un siècle
plus tard, un Custode de Nevers
vint initier la Normandie
aux procédés nivernais. En 1673, Edme Potherat sieur de Saint-Étienne ,
s'abritant sous le tient de Nicolas Poirel, huissier de la Chambre de la
reine, installa définitivement à Rouen la manufacture royale
de faiences, dont il mourut directeur en 1637. Le mode de décoration
propre aux faïenceurs rouennais consistait à faire rayonner
autour du centre des pièces plates, et pendre sur la panse des vases,
des bordures bleues sur blanc, travaillées à jour, au lieu
d'orner d'émaux blancs des fonds bleus. Rouen eut aussi sa statuaire
céramique, bien supérieure à celle de Nevers, dans
la première moitié du XVIIIe siècle. A la même
époque, interprétant avec liberté les porcelaines
de Chine ,
les potiers en tirèrent ces paysages fantastiques et à oiseaux,
dragons, marines, fabriques, etc., qui ornent
les spécimens quelquefois énormes de l'art normand. Aux approches
de la Révolution française, la faïence de Rouen périt,
frappée par las accroissements de la porcelaine
et par la concurrence des produits anglais. (B.).
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