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Mathilde

Mathilde (Sainte), - Reine d'Allemagne, morte à Quedlinburg le 14 mars 968: Fille du comte saxon Dietrich, descendant de Widukind, elle épousa en 909 le duc de Saxe Henri, plus tard roi. Élevée par sa grand-mère, abbesse de Hertford, elle fut très pieuse, prodiguant les . dons aux pauvres et à l'église, fondant de nombreux couvents. Elle fut mère d'Otton le Grand (Henri l'Oiseleur). Plus tard, on la canonisa. Une Vita Mathildis fut écrite par un moine de Nordhausen (au t. X des Monumenta Germ.).
Mathilde ou Maud (Sainte), reine d'Angleterre, morte en 1118. Fille de Malcolm III, roi d'Écosse, et de la princesse saxonne, Marguerite, elle épousa en 1100 Henri Ier, roi d'Angleterre. Ce mariage contribua à apaiser les revendications et à atténuer le mauvais vouloir des vaincus à l'égard des Normands. Avec l'appui d'Anselme de Canterbury; Maud se consacra à cette oeuvre de réconciliation et sut, en ce qui la concernait personnellement, triompher des préventions des étrangers. Ses vertus et sa charité autant que ses fondations pieuses, notamment celles de Saint-Giles et de Christ, expliquent le titre de sainte que lui donna l'Église.
Mathilde, impératrice d'Allemagne; reine d'Angleterre, née en 1102, morte à Rouen le 10 septembre 1167. Fille de Henri Ier d'Angleterre et de la princesse anglaise Mathilde (Maud), elle fut mariée à l'empereur Henri V, dès 1110, à Utrecht. Devenue veuve (1125), elle fut déclarée par son père héritière de la Normandie et de l'Angleterre; il lui fit prêter le serment par ses grands et la maria à Godefroy Plantagenet, fils du comte d'Anjou (1126). Elle lui donna bientôt un fils, Henri (1132). Quand son père mourut, elle trouva un compétiteur en Étienne de Blois, fils d'Adèle, soeur de son père, qui fut couronné roi d'Angleterre par l'archevêque de Canterbury (22 décembre 1135). Mathilde profita de l'anarchie de file où le roi était en lutte avec les évêques et une partie des barons pour tenter un débarquement et s'établir à Bristol. Malgré l'appui des villes, Étienne fut battu devant Lincoln et fait prisonnier (février 1141). Mathilde fut couronnée reine d'Angleterre à Winchester par le légat, mais irrita la population par sa dureté; la femme d'Étienne groupa ses partisans à Londres, le frère de Mathilde, Gloucester, fut pris et on dut l'échanger contre Étienne (novembre 1142). La lutte continua, avec des alternatives diverses, et finit par un compromis qui assura à Henri, fils de Mathilde, la succession au trône (1453). (A.-M. B.).
Mathilde ou Mahaut, comtesse d'Artois, morte le 27 octobre 1327. Petite-fille d'une première Mahaut (fille de Henri Il, duc de Brabant), qui avait épousé Robert d'Artois, puis Gaucher de Châtillon, elle fut mariée en 1284 à Otton, comte palatin de Bourgogne, et s'empara du comté d'Artois que lui disputa son neveu Robert.
Mathilde de Toscane (La grande comtesse), née en 1046, morte en 1115. Son père, Boniface II le Pieux; descendait d'une famille allemande, établie depuis longtemps en Toscane, et qui, restée constamment dévouée aux empereurs, avait été largement récompensée par eux. Lui-même avait persévéré dans cette fidélité, jusqu'à ce que Henri III, jaloux de la puissance de son feudataire et envieux de ses richesses, eut attenté à sa liberté et à sa vie. Lorsqu'il mourut (1052), il possédait la Toscane, Reggio, Modène, Parme, Ferrare, une partie de la Lombardie et les duchés de Spolète et de Camerino. Il laissait trois enfants en bas âge, Frédéric, Béatrice et Mathilde. Les deux premiers moururent en 1055 et l'héritage advint à Mathilde, alors âgée de neuf ans.

Mathilde avait pour tutrice Béatrice, sa mère, remariée à Godefroi de Lorraine; dont le frère, Frédéric, fut élu pape par l'influence de Hildebrand et prit le nom d'Etienne IX (1057-58). On dit que ce pape, conseillé par Hildebrand, avait formé le projet de réunir tout le royaume d'Italie entre les mains de Godefroi, qui l'aurait ensuite légué à Mathilde; mais il mourut huit mois après son élection. Godefroi n'en resta pas moins attaché, presque jusqu'à la fin de sa vie, à la cause que défendait Hildebrand. Mathilde apprit à lutter pour elle, avec sa mère et son beau-père, et elle prit part aux combats qui empêchèrent l'antipape' Honorius II de s'emparer complètement de Rome et de s'y établir (1064). Lorsque les États de l'Église furent envahis par Richard de Capoue, Mathilde aida à le repousser; malgré les négociations secrètes que son beau-père entre tenait avec lui (1066). Après la mort de Godefroi (1069), elle épousa par procuration son beau-frère Godefroi le Bossu. ils ne s'étaient rencontrés qu'en 1072; elle le perdit en 1076, sans le pleurer; parce qu'il avait pris part à la conspiration des Cenci. Sa mère étant morte la même années elle s'attacha à la personne de Hildebrand, devenu Grégoire VII, le suivant partout et l'entourant de soins qui fournirent ample matière d'accusations aux adversaires de ce pape.

Dès lors, l'histoire de Mathilde est inséparable de l'histoire de Grégoire VII et de celle de ses successeurs : Victor III; Urbain Il, Pascal Il. Ce fut dans sen château de Canossa que Henri IV subit l'humiliante pénitence que l'on sait (1077). Bientôt après, quand l'empereur, pour se venger, tenta de semparer du pape, ce fut dans ce château que Mathilde lui assura un refuge. Elle ne cessa jamais de le soutenir, malgré plusieurs défaites et la dévastation de ses propres domaines. Elle agit de même en faveur des successeurs de Grégoire VII; et sa part fut si grande et si puissante en leur défense, qu'on a pu dire avec vraisemblance que c'est à elle que la papauté doit son triomphe; et que sans elle la lutte aurait eu un tout autre dénouement, ou, comme l'écrit l'abbé L. Tosti (La Contessa Mathilda ed i romani pontefici; Florence; 1859), sans elle, "Dieu aurait dû faire un grand miracle pur sauver la papauté des serres du pouvoir impérial."

En 1089, pour obéir au pape, non tam pro incontinentia quam pro romani pontificis obedientiae (Berthold de Constance, Chronicon ab anno MLIII ad annum MC; Francfort, 1585), Mathilde avait contracté un second mariage avec Welf V, fils de Welf IV, ennemi acharné de l'empereur. Elle fit dissoudre ce mariage en 1095, pour impuissance, motif d'une casuistique singulièrement subtile de la part d'une femme que ses admirateurs présentent comme vouée à la virginité. On a attribué la cause réelle de ce divorce à là mésintelligence résultant, entre les époux, de ce que Mathilde avait caché à son mari la donatien de ses biens qu'elle avait faite au Saint-Siège, ou de ce que Urbain Il, qui avait promis à Welf la rétrocession de ces biens, n'avait pas tenu sa promesse. Cette donation avait eu lieu pour la première fois en 1077; elle fut renouvelée par un acte qui porte la date de 1102, mais qui est considéré comme apocryphe par plusieurs historiens. (E.-H. Vollet).

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Dictionnaire biographique
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