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Choiseul.
- Famille illustre de Champagne ,
issue des comtes de Langres, a pour chef Raynard III, comte de Langres
et sire de Choiseul, qui épousa en 1182 Alix de Dreux, petite-fille
de Louis le Gros. Elle a formé les branches
de Langres, de Clémont, d'Aigremont, de Beaugré, d'Aillecourt,
de Francières, de Praslin, du Plessis, etc. Elle a produit plusieurs
maréchaux : Charles de Choiseul, comte du Plessis-Praslin (1563-1626),
qui servit sous Henri IV et Louis
XIII; César, duc de Choiseul (1598-1675), qui défit Turenne
à Réthel (1650), alors que celui-ci commandait l'armée
espagnole; Claude, comte de Choiseul-Francières (1632-1711), qui
se distingua au combat de Senef contre les Hollandais et fut fait maréchal
en 1693; un ministre célèbre, un ambassadeur, etc.
Choiseul (Etienne François
de), duc de Choiseul et d'Amboise ,
connu d'abord sous le nom de comte de Stainville, ministre d'État,
né en 1719 mort en 1785, quitta la carrière militaire pour
s'adonner à la politique; sut se concilier la faveur de Mme de Pompadour,
et obtint ainsi d'être nommé ambassadeur à Rome, puis
à Vienne, et ministre des relations extérieures (1758). A
peu d'intervalle de là, il fut créé duc et pair; il
reçut le portefeuille de la guerre en 1761, en remettant celui des
affaires étrangères à son cousin le duc de Praslin;
en 1763, il reçut en outre le ministère de la marine. Après
la mort de Mme de Pompadour, le dédain qu'il montra pour la nouvelle
favorite, la comtesse du Barry, le fit disgracier (1770); il se retira
dans sa terre de Chanteloup, où il reçut las témoignages
de l'estime publique. Le duc de Choiseul a été mis au rang
des plus grands ministres de la France
: il réorganisa l'armée, créa l'École militaire ,
releva la marine, fit prospérer les colonies, signa le Pacte de
famille qui réunissait tous les princes de la maison de Bourbon
contre l'Angleterre ,
réunit la Corse
à la France (1768), et s'opposa aux projets ambitieux de la Russie
sur la Pologne .
C'est lui qui provoqua la bannissement des Jésuites
(1762). On a publié sous son nom, en 1790, des .Mémoires
qui ne sont nullement authentiques.
Choiseul-Gouffier (Marie Gabriel),
ambassadeur à Constantinople ,
né en 1752, mort en 1817, occupait une place distinguée parmi
les savants. Dès 1776, il avait fait un voyage en Grèce
et avait recueilli des matériaux précieux pour les sciences
et les arts. Il les consigna dans son Voyage pittoresque en Grèce,
dont deux volumes parurent de son vivant, en 1782 et 1809, et un troisième
après sa mort, en 1824. Il fut admis dès 1776 à l'Académie
des inscriptions et en 1784 à l'Académie française.
Il était ambassadeur à Constantinople lorsque éclata
la Révolution : il se retira en Russie
où il resta jusqu'en 1802, époque de sa rentrée en
France .
Sous la Restauration, il fut ministre d'État et membre du conseil
privé. Choiseul fut le protecteur et l'ami de plusieurs savants,
entre autres de l'abbé Barthélemy
et de Delille. On distingue parmi ses Mémoires
une Dissertation sur Homère, un Mémoire
sur l'hippodrome d'Olympie ,
et des Recherches sur l'origine du Bosphore
de Thrace .
Il a laissé une précieuse collection d'antiquités,
acquise par le musée du Louvre .
Choiseul (Gabriel, duc de), pair
de France ,
né en 1762, mort en 1839, était neveu du ministre et fut
élevé par lui. Colonel de dragons en 1791, il coopéra
à la tentative d'évasion de Louis
XVI, fut pour ce fait arrêté à Verdun, et ne recouvra
la liberté que lors de l'acceptation de la constitution par le roi.
Chevalier d'honneur de la reine, il resta auprès d'elle jusqu'à
son incarcération au Temple ,
et n'émigra que quand sa tête eut été mise à
prix. Arrêté en 1795 à Calais
à la suite d'un naufrage, il échappa au supplice à
la faveur de la révolution du 18 brumaire, et en fut quitte pour
être déporté. il rentra chez lui en 1801, fut, à
la Restauration, appelé à la chambre des Pairs, s'y posa
en défenseur des institutions constitutionnelles, opina pour un
simple exil dans le procès du maréchal Ney, défendit
en 1820 le général Merlin impliqué dans une conspiration,
se démit, à l'avènement du ministre Villèle,
des fonctions de major général de la garde nationale, et
devint tellement populaire qu'à la révolution de 1830 son
nom fut porté, avec ceux du maréchal Gérard et La
Fayette, sur la liste du gouvernement provisoire. Dévoué
à la nouvelle monarchie il lui donna un constant appui. Le duc de
Choiseul a laissé des Mémoires : Départ de Louis
XVI le 20 juin 1791, Paris, 1822; Procès des naufragés
de Calais, 1823.
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