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Helvétius

Jean-Adrien Helvétius, d'une famille d'origine allemande nommée Schweitzer, était le fils fils d'un médecin (1630-1709). Il est  né en Hollande vers 1661, et est mort à Paris le 20 février 1727. Il acquit renommée et fortune grâce à une cure qu'il fit en la personne de la duchesse de Chaumes et en celle du dauphin, avec l'ipécacuana alors inconnu. Ce fut un charlatan et ses livres sont un tissu d'absurdités.
Jean-Claude-Adrien Helvétius était le fils du précédent. Il est né à Paris le 18 juillet 1685, et est mort à Versailles le 17 juillet 1755. Il eut tant de succès dans sa pratique de la médecine qu'il fut appelé en consultation dans la dernière maladie de Louis XIV. En 1719, il soigna avec succès Louis XV encore enfant, puis devint premier médecin de la reine, conseiller d'Etat, inspecteur général des hôpitaux de Flandre, associé vétéran de l'Académie des sciences, etc. Son principal ouvrage est : Principia physico-medica, in gratiam medicinae tyronum conscripta (Paris, 1752, l vol. in-12).
Claude Adrien Helvétius, fils du précédent, est un philosophe et littérateur français, né à Paris en 1715, et mort le le 26 décembre 1771. Jouissant d'une grande fortune, qui lui permit d'acheter, à vingt-trois ans, une charge de fermier général, il fut, comme d'Holbach, et avec plus d'autorité que lui, un des protecteurs attitrés de la philosophie au XVIIIe siècle. Les 300,000 livres que lui rapportait sa ferme y passaient en majeure partie. 

Commensal de Montesquieu à La Brède, de Voltaire à Cirey, de Buffon à Montbard, il réunissait à sa table, dont sa femme, la spirituelle Mlle de Ligniville, faisait si noblement les honneurs, d'Alembert, Diderot, l'abbé Galiani, Grimm, etc. II devint bien vite un des adeptes de la philosophie courante, au point de quitter sa ferme, en 1750, pour pouvoir s'y livrer tout entier. Il s'était essayé d'abord, sans grand succès, aux mathématiques et à la poésie

En 1758, enfin, il publia son oeuvre capitale De l'Esprit (in-4), où en quatre discours il établit, d'après les conversations et les opinions courantes, la nécessité d'appuyer la morale sur l'amour de soi et de faire reposer sur le matérialisme la conception de l'univers.

Selon lui, dit Alfred Fouillée, « l'égoïsme transformé produit le monde moral, comme la sensation transformée produit le monde matériel. Au fond, il n'y a pas de morale proprement dite, mais simplement une branche supérieure des sciences naturelles, qui enseigne les moyens de procurer le plus grand bonheur possible, soit à l'individu, soit à la société. Tout l'art de la législation est de faire que l'individu trouve plus d'intérêt à suivre la loi qu'à la violer [...]. La vraie morale s'absorbe dans la législation, qui s'absorbe elle-même dans la science de la nature. » 
Aussi Helvétius, par cet ardent désir du progrès dans la législation, est-il amené à réclamer une refonte de la société. Tandis que Montesquieu cherche à faire la logique des moeurs et des lois. Helvétius en veut faire la physique. 

Le livre De l'Esprit fit scandale. Condamné par le pape, le parlement et la Sorbonne, il fut brûlé par la main du bourreau. Il n'obtint même pas grace devant Voltaire, qui l'appela « un fatras ». Helvétius dut subir l'humiliation d'une rétractation publique. Il voyagea pour se consoler, visita l'Angleterre et l'Allemagne, et écrivit son poème du Bonheur (ouvrage froid et médiocre, qui n'est guère qu'un abrégé du livre de l'Esprit et auquel il n'a pu d'ailleurs mettre la dernière main), et un nouveau traité De l'Homme, de ses facultés intellectuelles et de son éducation (il y soutient que toutes les intelligences sont égales, et que la différence entre elles ne provient que de l'éducation), qui furent publiés l'année qui suivit sa mort. 

Ecrivain élégant et correct, mais froid, esprit plus logique qu'original, il ne laisse pas cependant que d'avoir contribué dans une assez large mesure au progrès des idées. Sur certains points, en effet, la réforme exécutée dans notre législation par les hommes de la Convention et du Consulat donna satisfaction aux voeux qu'avait formulés Helvétius dans son livre De l'Esprit

Ses oeuvres complètes ont été publiées en 14 vol. in-18, Paris, 1796 (par les soins de Laroche, légataire des manuscrits de l'auteur). Son style est agréable et fleuri, mais plein d'afféterie; son livre de l'Esprit est chargé de digressions. En dépit de ses doctrines arides et égoïstes, Helvétius avait un caractère noble et même généreux.. (Ch. Le Goffic).

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